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« La Réunion développe un modèle d’agriculture… »

Visite de Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer

YVDE / 25 novembre 2009

Après la visite de l’abattoir de Saint-Pierre, la ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, s’est rendue sur l’exploitation de Bernard Maratchia à La Ligne Paradis. Une exploitation de 5 hectares où après cinq ans de travaux laborieux, le planteur produit 140 tonnes de cannes à l’hectare, avec la perspective d’arriver à 150 tonnes. Les pieds dans la canne fraîchement coupée, la ministre a annoncé quelques bonnes nouvelles dont la plupart étaient connues.

« Na lontan nou batay po sa », lâche le planteur à côté de nous, quand la ministre de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, annonce la signature du décret reconnaissant à la bagasse la qualité de biomasse.
Ce décret stipule que la bagasse sera payée au moins 10 euros la tonne au planteur sans que soient remis en cause les 1,80 euro qu’il percevait déjà. Pour les 3 euros restants, les planteurs et les usiniers devront s’entendre sur la répartition, dans le cadre de discussions.
Dans la valise de la ministre, également un décret sur le coût des entrants avec effet rétroactif au 1er juillet 2009 et une exonération de la Taxe sur le foncier non bâti qui prendra effet au 1er janvier 2009.
Marie-Luce Penchard a également annoncé le déblocage de 40 millions d’euros dans le cadre de la relance économique. Mais là, le président de la Chambre d’agriculture, Jean-Yves Minatchy, avait par avance réclamé « une bonne répartition de l’enveloppe ». Selon le mode de calcul, La Réunion peut prétendre à une somme de 10 à 20 millions d’euros.

Une politique agricole commune pour les RUP

Même si la ministre de l’Outre-mer a qualifié l’agriculture réunionnaise de « modèle », certaines exigences de Jean-Yves Minatchy n’ont pas reçu de réponses positives. Ainsi, malgré un plaidoyer sur « les anciens qui ont travaillé dur et perçoivent une retraite misérable » (355 euros contre 550 en France hexagonale), ces derniers devront attendre. La ministre de l’Outre-mer a renvoyé la question, au nom du choix de La Réunion à rester dans le cadre de la région et du département, à une discussion sur les minima sociaux. Autant dire aux calendes grecques.
Et comme Jean-Yves Minatchy avait parlé des difficultés de financement de la Chambre d’agriculture, Marie-Luce Penchard s’est engagée à diligenter une mission dans l’Outre-mer sur cette question.
Si le président de la Chambre d’agriculture s’est félicité de ces mesures, il n’en a pas moins évoqué l’échéance de 2013. Il a demandé la mise en place d’une Politique agricole commune pour les Régions UltraPériphériques (RUP) car, a-t-il dit, « on ne peut pas comparer les agricultures des régions de France ou de l’Europe à celles des RUP ».

YVDE 


An plis ke sa 

• Bagasse
L’utilisation de la bagasse comme combustible permet de fournir 11% de l’énergie électrique de l’île. Elle évite l’importation de 120.000 tonnes de charbon et le rejet, dans l’atmosphère, de 250.000 tonnes de CO2 fossiles.

• Enjeux
Le directeur général de la Chambre d’agriculture, Jean-François Apaya, dans son exposé, a souligné les enjeux de l’agriculture réunionnaise. « Nous devons nous préparer à nourrir 1 million de personnes ; à affronter la concurrence des pays voisins ; à poursuivre notre conquête du marché intérieur avec l’objectif de diminuer de 3% par an les importations ». Il a enfin souligné la nécessité « de conserver le régime sucrier spécifique aux Départements d’Outre-mer ».

• Recherche
L’Encane (ex-Centre d’essais, de recherche et de formation) vient de mettre sur le marché la R584, une variété de canne qui produit plus de fibres. Les planteurs devront attendre un à deux ans pour commencer à planter la 92-804 qui produira autant de sucre et beaucoup plus de fibres.


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