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La Réunion est la plus touchée par l’aggravation de la situation

Plus de 27% des travailleurs au chômage, hausse de 17% sur un an

Manuel Marchal / 19 juin 2010

C’est à La Réunion que la pénurie d’emploi est la plus forte, et c’est à La Réunion que cette pénurie s’aggrave le plus vite. C’est le constat des données diffusées hier par la Direction du Travail. Entre avril 2009 et avril 2010, le nombre de demandeurs d’emplois inscrits dans la catégorie de référence a augmenté de près de 17%. C’est deux fois plus qu’en Guadeloupe ou en France.

À quelques jours de la grande mobilisation pour l’emploi et les retraites, des données officielles confirment l’ampleur de la crise à La Réunion. Chacun a encore en mémoire la grève générale de l’an dernier en Guadeloupe. Ce pays a été paralysé pendant 45 jours, et nombreux étaient ceux qui prédisaient la ruine du pays. Résultat : entre avril 2009 et avril 2010, la Guadeloupe a vu le nombre de demandeurs d’emploi augmenter de 8%. C’est plus qu’en France, en Martinique ou en Guyane, mais c’est beaucoup moins qu’à La Réunion.
Notre île a vu en effet ce nombre augmenter de 16,9% parmi les travailleurs immédiatement disponibles à la recherche d’un emploi en CDI à temps complet. Et pourtant, La Réunion était déjà la région la plus durement touchée par le chômage.
Pas de grève générale de longue durée à La Réunion, mais la conséquence de choix politiques qui ont plombé l’économie jusqu’alors tirée par le BTP. C’est précisément le BTP qui a été la cible d’une entreprise de démolition. Tout a commencé par le refus de la rocade du Tampon, soit plus de 100 millions d’euros partis en fumée. Ont suivi ensuite l’arrêt du Pôle océan (150 millions d’euros) et du Zénith. Pendant ce temps, les opposants au tram-train multipliaient les recours contre ce projet, ce qui retardait son lancement. Dans le même temps, les incertitudes planant sur la pérennité de la défiscalisation, et la création de dispositif plus avantageux en France ont réorienté des investisseurs, les éloignant de notre île. Cela a entraîné une chute dans la construction de logements dans le parc privé, sans que le logement social ne puisse augmenter la cadence.
Le prix de ces décisions, ce sont des milliers d’emplois supprimés. Et aujourd’hui, tous les grands projets destinés à relancer l’activité sont remis en cause. Ce qui veut dire qu’aucun levier n’existe pour ralentir l’accélération de la crise. La pénurie d’emplois s’amplifie, et les jeunes sont les plus touchés. Comment avec une telle pénurie pourrait-on garantir le droit à une retraite décente ? C’est pour ces raisons que dans cette bataille, les jeunes sont en première ligne et appellent à la mobilisation la plus large pour la journée d’actions du 24 juin.

Manuel Marchal


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