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La Réunion : Retour de la censure

Témoignages.re / 4 juin 2010

Dans son édition papier, "Témoignages" est paru avec une page blanche au milieu de laquelle figure un message d’alerte. La censure qui vise "Témoignages" souligne que la liberté d’opinion est une avancée qui a constamment besoin d’être consolidée dans notre pays. Sans cela, l’île de La Réunion prend le risque de revenir 40 ans en arrière.

Chers lecteurs,

Cette page est blanche car nous avions prévu d’y publier un compte-rendu de la conférence de presse tenue hier par la Région. Mais nous ne sommes pas en mesure de donner des informations sur la rencontre de Didier Robert avec la presse car ce dernier a décidé de censurer "Témoignages". Il a en effet choisi de ne pas inviter notre journal à cette conférence de presse.
Cette décision est extrêmement grave, car elle relève d’une personne dépositaire de l’autorité dans le cadre de la République, une République qui reconnaît la liberté d’opinion.

Ce n’est pas la première fois que pareille censure se produit. Depuis l’élection d’un président UMP à la Région, "Témoignages" est systématiquement boycotté par l’institution : aucune "invitation presse" ne lui a été adressée.
Dès le premier fait, le 15 avril, "Témoignages" a fait part d’une remarque écrite à la Région. Devant la persistance de cette censure, "Témoignages" a sollicité une demande d’explication orale le 14 mai. Puis le 19 mai, "Témoignages" a écrit au président de Région pour renouveler cette demande d’explication, tout en lui donnant la possibilité de nous rencontrer pour discuter de cette situation.

Depuis cette lettre, la Région a organisé deux conférences de presse et "Témoignages" n’a pas été convié.

Depuis la première élection régionale en 1983, c’est le premier président de Région à développer un tel sectarisme qui fut la honte de La Réunion pendant des dizaines d’années. C’est un élu, qui plus est membre du bureau politique du parti qui dirige le gouvernement, qui décide de censurer le plus ancien média de l’île de La Réunion.

Durant la période où sévissait la censure, "Témoignages" a été saisi 44 fois. Malgré la répression, le PCR et son journal ont lutté depuis toujours pour la liberté d’expression et d’opinion, une liberté qui définit l’existence d’une démocratie.
La lutte pour la survie du "Quotidien" est un exemple parmi tant d’autres de cet engagement. En juin 1977, le pouvoir de l’époque sous l’autorité de Michel Debré avait obtenu la mise en liquidation judiciaire du "Quotidien". Le PCR et "Témoignages" avaient alors mené la bataille pour sauver "le Quotidien". La survie de notre confrère a été possible grâce à une grande manifestation le 17 juin 1977, et par une diffusion générale assurée par les militants du PCR. Ces deux actions avaient réussi à créer une dynamique qui obligea le pouvoir à reconnaître le droit des Réunionnais au pluralisme de la presse.
La censure qui vise "Témoignages" souligne que la liberté d’opinion est une avancée qui a constamment besoin d’être consolidée dans notre pays. Sans cela, La Réunion prend le risque de revenir 40 ans en arrière.

"Témoignages" a donc décidé de tirer la sonnette d’alarme avant que le retour de la censure ne s’installe dans notre pays.



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Messages






  • Avec cette une on commence enfin à comprendre ce qui se passe et comment nous sommes ramenés longtemps en arrière. Bravo !

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  • Notre nouveau président de Région, si présentable au premier abord, commence enfin à dévoiler sa véritable nature. Ou bien est-il très mal conseillé ?
    En tous les cas, il a bénéficié d’un excellent coaching élyséen, il y a quelques semaines, qui semble porter ses fruits.

    Merci a lui d’avoir réactivé la machine à remonter le temps et de nous avoir transporté 50 ans en arrière lorsque la ligne de chemin de fer avait cédé sa place au tout routier et cela pour au moins 50 ans.
    Espérons qu’avant cinquante ans les réunionnais, remettrons à la tête de la Région une personne responsable, digne, indépendante d’esprit et respectueuse de ses opposants.
    Espérons également que nous ne fassions pas une régression de cinquante ans sur le plan politique, cette "belle" époque ou être de gauche était aussi dangereux que d’être pro-palestinien sur un bateau humanitaire dans les eaux internationales au large de Gaza.
    Je ne suis pas très optimiste, je vais donc faire appel à la sorcellerie...

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