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La Réunion ruinée par les décisions du gouvernement

Le Premier ministre mauricien accueilli par la ministre de l’Outre-mer qui vient lancer l’application du plan de rigueur

Manuel Marchal / 21 janvier 2011

Le 24 janvier, La Réunion et Maurice vont connaître un moment historique : la visite d’un Premier ministre de la République de Maurice à La Réunion. Mais ce dernier va découvrir un état de catastrophe sociale sans pareille, accueilli par une ministre qui vient lancer l’application du plan de rigueur du gouvernement. Les dotations de l’État diminuent tandis que Didier Robert à la Région dépense dans des voyages et des mesures clientélistes l’argent épargné par ces prédécesseurs dans le but de financer des investissements. La crise est amplifiée par l’UMP qui appauvrit la population.

Pour la première fois dans l’Histoire de notre pays, un Premier ministre mauricien vient en visite officielle. Navin Ramgoolam est attendu lundi à La Réunion, et il doit être accueilli par une ministre venue de Paris, Marie-Luce Penchard.
Cette visite se déroule dans un contexte, celui d’une crise sans précédent à La Réunion. Et la ministre de l’Outre-mer a pour mission de lancer l’application du plan de rigueur décidé par le gouvernement. Cela ne pourra qu’aggraver une situation déjà catastrophique du fait de décisions politiques prises par l’UMP à Paris, et relayée dans notre île par le président de la Région.
Alors que sous l’impulsion de l’ancienne direction de la Région, La Réunion avait réussi à lancer une stratégie de développement, tout a été remis en cause.
En 1999, Paul Vergès lance le mot d’ordre d’autonomie énergétique pour 2025. Ce projet a suscité de l’intérêt dans le monde entier, et il a contribué à donner à la République une vitrine "développement durable" sans équivalent.
C’est une dynamique voisine qui inspire Maurice quand le scientifique Joël de Rosnay est nommé conseiller spécial du Premier ministre, chargé du projet Maurice île durable. Dans l’île sœur, une stratégie se met en place, prévoyant que seulement 35% de l’énergie sera issue du charbon ou du fuel à l’horizon 2028. Par conséquent, toutes les avancées obtenues par les recherches de solutions à La Réunion sont suivies avec attention car elles concernent toutes les îles. Cela ne manquera d’ailleurs pas d’être souligné par Rajendra Pachauri, président du GIEC, quand il a qualifié de « formidable » le projet réunionnais d’autonomie énergétique pour 2025.
Parallèlement à cet objectif, des projets de grandes infrastructures visent à préparer le million d’habitants, et à dynamiser le BTP qui a la responsabilité de construire en une vingtaine d’années l’équivalent d’une grande partie du nombre de logements déjà présents dans notre île.

Application du plan d’austérité par Paris à l’Outre-mer

Toute cette stratégie a été démolie par le gouvernement et son principal supplétif local, Didier Robert, membre de la direction parisienne de l’UMP.
Le résultat, c’est un effondrement sans précédent de l’économie, une hausse du chômage supérieure à 14%, et aucune perspective de redressement.
Et c’est à ce moment précis que le gouvernement décide d’appliquer le premier volet d’un plan de rigueur qui court sur trois ans. Les collectivités territoriales sont les moteurs des investissements dans le pays, elles verront les dotations de l’État gelées alors que la population va continuer à augmenter. Quant au service public, il sera touché par des suppressions de poste, notamment dans l’Éducation nationale.
Le logement social fait également l’objet de coupes, avec une baisse de la subvention directe de l’État et cela alors que la pénurie de logements augmente dans le pays.
Alors qu’elle avait la possibilité de tracer son sillon du développement, La Réunion a eu les ailes coupées par les décisions du gouvernement parisien. Il ne reste plus que la crise, sans perspective de progrès.

Manuel Marchal


La casse des projets

Liste de quelques projets arrêtés par le gouvernement et la Région :

Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise
Chantier prêt à démarrer en 2010 après l’avis favorable de la commission d’enquête publique. Soutenu par l’UNESCO et de nombreux parrains dans le monde, ce projet vise notamment à enseigner l’égalité des cultures. C’est le premier projet démoli par l’UMP à la tête de la Région.

Zarboutan nout kiltir
Tous les ans, la Région puis l’équipe de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise rendait hommage à des acteurs essentiels de la culture réunionnaise et du génie réunionnais. Cérémonie supprimée par l’UMP.

Tram-train
1,6 milliard d’euros déjà financés, le contrat de partenariat-public-privé signé ave le groupement d’entreprise Tram’tiss qui doit construire et exploiter le tram-train. Ce projet a été arrêté par l’UMP.

Nouvelle route du littoral pour 2017
Plus d’un milliard d’euros prévus avec garantie que l’État paiera sa part pour tout dépassement de budget. À la place, une route impossible à réaliser avec un financement fixe de l’État.

Géothermie
Refus d’exploiter une énergie gratuite et non polluante située dans les entrailles du volcan.

Centrales photovoltaïques
Le gouvernement interdit la construction de toute centrale pendant trois mois, et stoppe la défiscalisation.

Énergies de la mer
Les recherches sur l’énergie thermique marine risquent d’être délocalisées en Guadeloupe pour plaire à EDF. Conséquence : EDF affirme qu’il faut encore construire des centrales au fioul à La Réunion.


Les chiffres de la crise


Nombre demandeurs d’emploi : 143.000, soit +14% en un an (l’emploi est une compétence de l’État)

Croissance : -2,8% (2009)


- Investissements : -7,8%
(2009 comparée à 2008)


- Livraison de logements neufs : -32%
(2010 comparé à 2009)


- Logement : plus de 25.000 demandeurs
de logement social (compétence de l’État)

Prix des carburants : +13% (compétence de l’État)

Somme due par l’État au Conseil général : plus de 300 millions d’euros


1 milliard d’euros effacés du site de la Région

De tout ce qui a été mis en place par l’ancienne équipe, il reste quelques réalisations que le gouvernement tente de s’accaparer. Il est aidé en cela par le nouveau président de Région, qui a décidé d’effacer toutes les archives du site web de la collectivité. Toutes les informations publiées sur le chantier de la route des Tamarins ont disparu. Toute l’Histoire d’un projet de 1 milliard d’euros financé à 85% par la Région et à 0% par l’État français a été jetée à la poubelle par l’exécutant du pouvoir parisien.


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