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La Réunion : Unanimité contre la politique du gouvernement

À La Réunion comme en France

Manuel Marchal / 8 septembre 2010

Forte mobilisation hier à La Réunion et plus de 2 millions de manifestants en France : la protestation contre le projet de réforme des retraites concentre la totalité des mécontentements contre une politique qui laisse un champ de ruine dans notre pays, avec pour conséquence la fermeture de milliers d’entreprises cette année. Au moment où ce gouvernement montre chaque jour davantage de signes de déliquescence, des parlementaires de notre île s’apprêtent à soutenir des réformes décriées. Hier, la rue a parlé. La Réunion a trois sénateurs et cinq députés : aucune voix de Réunionnais ne doit manquer pour voter contre le projet de réforme des retraites.

C’est la totalité des mécontentements contre la politique du gouvernement qui est concentrée dans le rejet du projet de réforme des retraites. Hier encore, à La Réunion comme en France, de puissantes manifestations ont souligné l’opposition résolue des travailleurs à la politique de casse sociale.
Même à l’intérieur de l’UMP, des voix s’élèvent pour mettre en garde le gouvernement et dire que trop c’est trop.
Lancée depuis plusieurs mois, la mobilisation s’est renforcée alors que du côté du gouvernement, les difficultés s’amoncèlent à un point tel qu’un remaniement a été annoncé depuis déjà plusieurs semaines.
Le projet du gouvernement a donc commencé à être examiné hier au Parlement, mais il est porté par un ministre du Travail fragilisé. Le gouvernement et la majorité ont tenté de lancer des diversions pour protéger Eric Woerth de démêlés judiciaires, mais toutes ces tentatives ont échoué.

Qui peut soutenir cette politique irréaliste ?

La dernière carte sortie par le président de la République est donc l’annonce d’un remaniement ministériel pour tenter de désamorcer la crise. Mais c’est le secrétaire général de l’Élysée qui a dû rendre publique cette décision, et non pas le président de la République. Cela constitue un précédent notable dans la stratégie menée par ce gouvernement depuis plus de trois ans, car jusqu’alors le chef de l’État n’a jamais hésité à s’exposer. Mais cette fois-ci, il a décidé d’utiliser son secrétaire général comme paravent.
C’est dire l’ampleur de la crise que connaît ce gouvernement, fragilisé chaque jour par les conséquences de sa politique. À la veille des grandes manifestations, l’état de déliquescence est manifeste. Hier, la rue a décidé de répliquer à cette politique, et la dynamique est encore plus forte que le 24 juin dernier.
C’est au moment où la crise de confiance entre le gouvernement et la population atteint des sommets qu’à La Réunion, des parlementaires s’apprêtent à soutenir des réformes d’une rare impopularité : le changement du code de la nationalité, la réforme des retraites, les restrictions sans concessions qui sont prévues dans le prochain Budget de l’État.

Prochain rendez-vous vendredi

Ces parlementaires tentent donc de porter désespérément une politique qui est tout sauf réaliste. François Baroin, ministre du Budget, a d’ailleurs confirmé cette analyse quand il a annoncé une hausse des impôts après l’élection présidentielle. Cette politique ne peut pas tenir.
Ces élus vont-ils être le dernier carré d’un gouvernement aux abois ?
L’heure est décisive, et dans l’immédiat, c’est une réforme qui ne fera qu’aggraver la crise qui est en débat au Parlement.
La Réunion a 3 sénateurs et 5 députés, aucune voix de Réunionnais ne doit manquer pour voter contre le projet de réforme des retraites, et donc pour s’opposer à cette politique irréaliste.
Les manifestations d’hier ont en tout cas rappelé la vigueur de la mobilisation. Elles préparent le succès prévisible de la grande manifestation unitaire du BTP vendredi, et elles amorcent la mobilisation de toutes les victimes de la politique du gouvernement lors de la venue de François Fillon prévue d’ici la fin du mois, un séjour annoncé par la Région et dont la nouvelle a été amplifiée par RFO.

Manuel Marchal


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