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La richesse d’une économie de voisinage

9e Congrès du PCR – 5 février 2017 à Sainte-Suzanne

Ary Yée Chong Tchi Kan / 19 janvier 2017

Dans ses réflexions le PCR agit en responsable du peuple Réunionnais. Il doit assurer la subsistance de sa population : emploi, logement, transport, énergie, etc. Rien ne doit être laissé au hasard. La gravité de la situation nous commande d’être modeste, lucide mais ferme.

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La Réunion importe pour environ 4,7 milliards d’euros de marchandises, mais une part infime provient de sa région. L’écrasante majorité des produits viennent d’Europe.

Propositions du PCR sur l’économie :

a) Conférence permanente de l’état et de tous les acteurs agricoles sur l’avenir de la filière canne et sur un projet agricole prioritairement bio, assurant la sécurité alimentaire du pays.

b) Préservation de la production péi face aux APE, clause de sauvegarde et moratoire (présence de La Réunion du côté français dans la délégation de l’Union Européenne qui négocie les APE).

c) Fiscalité équitable, avantageuse pour notre production, à condition d’avoir des compétences élargies pour mettre à plat toute la fiscalité, y compris l’octroi de mer, et avoir une autonomie fiscale.

d) Développement de nos relations économiques avec tous les pays de l’Indianocéanie (à condition d’avoir des compétences élargies pour les accords économiques).

e) Recherche et développement dans les produits et les activités à haute valeur ajoutée (économie de la connaissance, économie verte, économie bleue, développement du tourisme à partir de nos atouts naturels et culturels…).

f) Développement de l’économie sociale et solidaire.


Les commentaires de Ary Yée-Chong-Tchi-Kan

La richesse d’une économie de voisinage

Dans ses réflexions le PCR agit en responsable du peuple Réunionnais. Il doit assurer la subsistance de sa population : emploi, logement, transport, énergie, etc. Rien ne doit être laissé au hasard. La gravité de la situation nous commande d’être modeste, lucide mais ferme.

Tout d’abord, la France a été incapable de protéger la production sucrière réunionnaise alors que la demande augmente partout, y compris en France. La filière risque de s’écrouler et le gouvernement manœuvre. Voilà pourquoi, le PCR réclame : une Conférence permanente comprenant l’Etat et tous les acteurs agricoles sur l’avenir de la filière canne et sur un projet agricole prioritairement bio, assurant la sécurité alimentaire du pays. Profitons de la crise pour traiter la sécurité alimentaire.

A ce sujet, il faut savoir que le Revenu Disponible Brut des Ménages pour l’année 2015 était environ 15 milliards euros. Ce chiffre est énorme. C’est comme si on mettait un paquet de 100 000 euros dans les mains de 150 000 personnes. Cela explique aisément la présence des grandes enseignes de la distribution française et les profits qu’elles engrangent. Si cette somme était investie dans la production réunionnaise, cela aurait crée des dizaines de milliers d’emplois, pour nos besoins et pour l’exportation.

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le Revenu Disponible Brut des Ménages pour l’année 2015 était environ 15 milliards euros. Cela explique aisément la présence des grandes enseignes de la distribution française.

En effet, selon une note de Risham Badroudine, « la balance entre l’importation et l’exportation représente un déficit de près de 4,5 milliards, (4 700 Millions de produits importés et 284 millions d’exportation) ». C’est l’équivalent du tiers du RDBM (revenu disponible brut des ménages) qui ne reste pas au pays. Qui tire profit de cette situation ? Toujours selon Risham Badroudine, « notre commerce se fait essentiellement avec l’Europe et plus particulièrement avec la France pour près de 60 % depuis 60 ans (lien exclusif). Le commerce avec les pays voisins reste infime (1 %) ». Comme quoi l’exclusive coloniale n’a pas disparue…

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La Réunion dans sa région.

Les lecteurs de Témoignages seront surpris d’apprendre que « l’exportation Réunionnaise représente 2,9 % du PIB contre 26 % par exemple pour l’île Maurice et 41 % pour les Seychelles ». La faiblesse d’exportation de La Réunion fait chuter son IDH (Indice de Développement Humain) qui est une autre façon de mesurer l’efficacité des politiques publiques en dehors du PIB. Ainsi, toujours selon Risham Badroudine, « en 2010, l’IDH de La Réunion correspond à l’IDH de la France, d’il y a 20 ans auparavant. Des pays comme les Seychelles et l’île Maurice ont rattrapé La Réunion ».

J’espère que ces remarques ont aiguisé la curiosité de nos lecteurs sur la proposition du PCR de la “double-intégration”. Tout en gardant les acquis sociaux de l’intégration historique à la France et l’Europe, il s’agit de valoriser l’intégration économique voisine. Le 3 juin 2014, le Sénateur Paul Vergès avait déposé au Sénat une “proposition de résolution relative à une nouvelle politique énergétique et à un co-développement durable et solidaire dans l’Océan Indien”. Je vous invite à lire ce texte essentiel si vous voulez comprendre le concept de la double intégration. Rappelons qu’à l’époque, la COI avait souligné la qualité de cette initiative dans un communiqué.

Ary Yée-Chong-Tchi-Kan



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  • TB tout ça mais il ne faut pas oublier, négliger les transports du futur à développer au lieu de tous ces véhicules en croissance qui brulent donc dispersent des micro particules cancérigènes pour nos poumons, celui de nos enfants qui, à juste titre, un jour nous le reprocherons. Avec le développement de la population, même si elle est à la recherche de travail que bien peu trouveront je pense finalement, avec l’arrivée des robots, leur développement, il faudrait se lancer dans les énergies propres, les routes photovoltaiques, les éoliennes, les hydroliennes, sans oublier la géothermie, comme déjà depuis longtemps la Nouvelle-Zélande, l’Islande, le Japon, sommes-nous moins intelligents qu’eux ? On verra bien. Les cartes sont dans les mains des décideurs, même si on sait que les lobbies ne sont pas loin, leurs intérêts passent souvent hélas avant les nôtres, y qu’à voir, ouvrir les yeux quand on sort. "Consommer, consommer, et vous serait plus heureux !" ou "suivez la mode (qui se démode), soyez tendance, (égocentriques) et surtout ne vous posez pas de questions sur l’environnement, l’avenir de l’île, du pays, de la planète, le travail des enfants dans les pays pauvres, profitez" Enfin, c’est ce qu’on veut nous faire croire, comprendre et le comble, c’est que ça marche, il y a foule dans les magasins, solde ou pas, c’est fou ; un monde de ouf ! Bien triste finalement, tout ça vous ne trouvez pas ? Bon WE quand même Arthur.

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  • Arthur fait bien de souligner ce que nous avons écrit des l’introduction : "Il (le PCR) doit assurer la subsistance de sa population : emploi, logement, transport, énergie, etc. Rien ne doit être laissé au hasard. La gravité de la situation nous commande d’être modeste, lucide mais ferme."
    En effet, L’économie du voisinage peut être aussi interprétée comme l’économie de proximité. Dit autrement : Assurer notre subsistance dans le voisinage immédiat. Pour cela, il faut revoir l’habitat et le modele urbain de telle sorte que pour satisfaire 80 ou 90% de nos besoins, nous nous dispensons de singer le mauvais côté des occidentaux ou d’utiliser un moyen de transport, de surcroît énergivore. Cela s’appelle une economie économe ou si vous voulez l’excellence au service de l’humain et non pour l’accumulation du profit.
    En posant ces réflexions, le PCR invite à penser méthodiquement le monde qui vient. A Saint Paul, la section Communiste et la première Commune des Pauvres ont travaillé sur la réalisation des recettes à UN euro, dans l’esprit de sanctuariser un "reste à vivre" symbolisé par le coût d’une barquette par jour, soit 5 euros, (150 euros sur un mois). Passionnant !

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