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La Route du littoral à La Réunion au Sénat

Question du sénateur Paul Vergès au gouvernement

Témoignages.re / 21 octobre 2015

Ce mardi 20 octobre, le projet de la route en mer dite nouvelle route du littoral était à l’ordre du jour des débats au Sénat lors de la séance des questions au gouvernement. La sénatrice communiste Evelyne Didier a présenté une question de son collègue Paul Vergès. Voici la reproduction du compte-rendu analytique de l’échange entre la sénatrice et le secrétaire d’État au transport :

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L’attribution des marchés d’un chantier pharaonique pose question.

Mme Évelyne Didier Cette question de M. Vergès concerne la route controversée du littoral à La Réunion, de 12 kilomètres, dont le coût est exorbitant : 1,6 milliard d’euros, soit 133 millions d’euros par kilomètre.
Ce projet cumule les anomalies. Alors qu’il n’a pas fait l’objet des expertises économiques requises, les financements sont-ils garantis par l’État ?
En outre, ce projet porte atteinte à l’environnement. Malgré l’avis défavorable du Conseil national de la protection de la nature, un arrêté ministériel du 19 décembre 2013 autorise le conseil régional de La Réunion à déroger aux interdictions protégeant la faune et la flore.
D’où proviendront les 18 millions de tonnes de roches nécessaires ? Des problèmes dans l’attribution des marchés publics ont été soulevés et font l’objet d’une enquête préliminaire du Parquet national financier. Les expertises financières nécessaires seront-elles diligentées ?

M. Alain Vidalies, secrétaire d’État auprès de la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche - Il s’agit d’un dossier important, représentant 1,6 milliard de dépenses, mais indispensable. La route de la falaise est empruntée par 50 000 véhicules par jour et est sujette à de nombreux effondrements, représentant 10 000 tonnes par an.
La nouvelle route du littoral est utile, mais sa construction rencontre des difficultés. Ce n’est pas l’État mais la région qui assume la maîtrise d’ouvrage. S’agissant du financement, l’État respecte le protocole signé en 2010. Le problème est d’importer depuis Madagascar les 200 000 tonnes de roches nécessaires par mois. Le Gouvernement a été informé fin août par le préfet. Il est nécessaire de faire les travaux avant la période des cyclones, faute de quoi des effondrements massifs préjudiciables à l’économie et à l’environnement, car sources d’une pollution massive de l’océan, sont à craindre.
Quant à l’enquête que vous avez mentionnée, elle n’en est qu’au stade préliminaire.
Nous sommes très attentifs à l’évolution de ce projet, au plan de l’environnement comme au plan financier.

Mme Évelyne Didier. - C’est un projet pharaonique. M. Vergès avait proposé d’autres solutions, plus performantes du point de vue de l’environnement, et sans doute plus économiques, comme un projet de tram-train, qui n’ont pas été étudiées comme il eût fallu. La solution retenue n’est pas la bonne.


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