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La route du littoral de Didier Robert ne se fera pas

Une nouvelle donnée scientifique va obliger à recommencer toutes les études

Manuel Marchal / 11 mai 2011

Une étude récente annonce une hausse du niveau de la mer comprise entre 90 centimètres et 1 mètre 60 au cours des prochaines décennies. Cette réévaluation vient d’éléments nouveaux qui rendent encore plus improbable la construction de la route à six voies voulue par Didier Robert.

Lorsqu’elle présente le projet de nouvelle route du littoral, la majorité du Conseil régional ne prend pas un engagement très risqué pour elle. Si tout va bien, les travaux commenceraient en 2013, c’est-à-dire l’année suivant la prochaine élection présidentielle et quelques mois avant la fin du mandat de Didier Robert à la Région. Autant dire qu’avec les retards inhérents à ce type de projet, il y a fort à parier que la date du premier coup de pioche sera reportée en 2014, soit bien après la fin du mandat des élus qui ont décidé ce projet. La publication au Canada d’une nouvelle étude sur les conséquences de la fonte des glaces de l’Arctique va sans doute encore allonger les délais. Jusqu’à présent, les données scientifiques prévoyaient une hausse du niveau de la mer allant au plus jusqu’à 60 centimètres d’ici 2100. Mais les effets du changement climatique sur la banquise de l’océan Arctique sont plus importants que prévu.
Au lieu de 60 centimètres, il est question d’une hausse comprise entre 90 et 1 mètre 60 selon le Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique. Cela signifie que la montée du niveau de la mer sera donc deux fois plus importante en un siècle. Le volume d’eau de l’océan sera plus important, et l’hypothétique viaduc devrait encaisser des contraintes bien plus grandes.
Autrement dit, toutes les études sont à refaire afin de déterminer l’éventuelle faisabilité technique du projet de Didier Robert en tenant compte de cette information capitale.
Voilà qui rend encore plus improbable la réalisation d’un tel projet. Car il apparaît évident que, pour garantir un niveau minimal de sécurité, les coûts devront être sérieusement réévalués. Dans les conditions de financement du projet, c’est la Région qui risque alors la banqueroute, car tout ce qui dépasse 1,6 milliard doit être pris en charge par la collectivité. Autant dire que tant que Didier Robert sera à la Région, il n’y aura aucune avancée sur la sécurisation de la liaison entre Saint-Denis et La Possession.

M.M.


Prévisions réévaluées : 1 mètre 60 de plus pour le niveau de la mer

Les glaces de l’Arctique fondent plus vite que prévu. Cette situation pourrait provoquer une hausse du niveau des océans de 90 centimètres à 1,60 mètre d’ici 2100, selon les conclusions d’une nouvelle étude du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (AMAP) révélées par "Radio Canada" :

« L’AMAP remettra son rapport aux ministres des Affaires étrangères des huit pays de l’Arctique (…), mais l’Associated Press a eu accès [le 3 mai dernier] à une synthèse reprenant les points-clés de l’étude, l’une des plus complètes réalisées récemment sur le changement climatique dans l’Arctique.
L’étude révèle que les températures relevées dans la région ces six dernières années sont les plus élevées jamais enregistrées depuis le début de la compilation de ces mesures, en 1880. Les effets de ce réchauffement accélèrent la fonte des glaces.
L’océan absorbe plus de chaleur lorsqu’il n’est pas recouvert par la glace. « Des preuves claires (de cet effet) ont été observées dans l’Arctique au cours des cinq dernières années », souligne l’AMAP.
Certaines prévisions du rapport sont plus inquiétantes que celles établies en 2007 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Selon l’AMAP, la banquise arctique rétrécit plus vite que ne l’avait prévu le GIEC. Sa superficie en période estivale est à son niveau le plus bas, ou presque, jamais enregistré depuis 2001, selon l’étude. Celle-ci prédit que la banquise disparaîtra presque totalement en été d’ici 30 à 40 ans.
L’AMAP estime également que le GIEC a été trop prudent dans son évaluation de la hausse du niveau de la mer. La fonte des glaces de l’Arctique, notamment au Groenland, devrait provoquer une élévation de 90 centimètres à 1,60 mètre d’ici 2100, selon l’AMAP, qui précise toutefois que ces chiffres sont encore très incertains. En 2007, le GIEC avait avancé une hausse de « seulement » 19 à 59 centimètres.
Les changements observés dans la banquise et l’océan Arctique, dans la masse des glaces du Groenland et dans les calottes glacières et glaciers de l’Arctique au cours des 10 dernières années sont spectaculaires et représentent une rupture manifeste. »


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