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La route du Littoral, quelle transparence ?

Après l’installation d’un comité de suivi

Témoignages.re / 22 septembre 2012

Suite à l’installation d’un comité de suivi de la Nouvelle Route du Littoral par le Président de Région Didier Robert, Jean-Pierre Marchau
 du Collectif Non à la NRL réagit dans un communiqué que nous reproduisons ci-après, avec un intertitre de ’Témoignages’.

L’installation par Didier Robert d’un « comité de suivi » de la Nouvelle Route du Littoral a été l’occasion de vérifier que les partisans du tout-automobile semblent perdre leur sang froid face aux obstacles qui s’accumulent devant ce projet insensé.
Comme Michel Vergoz il y a quelques jours, le président de Région, qu’on a connu plus pondéré, vient de se livrer à des attaques strictement personnelles contre les opposants à cette véritable “autoroute” sur la mer.
Il est vrai que le 25 septembre, sur une question de la Sénatrice Aline Archimbaud, le nouveau gouvernement va devoir enfin dire s’il s’implique ou non dans ce projet rétrograde, mal ficelé et coûteux, soutenu depuis deux ans par le gouvernement de M. Fillon.
D’autre part, comme il est légitime en pareil cas, l’opposition régionale a formulé un recours en annulation visant la totalité de la Déclaration d’utilité publique (DUP) accordée en mars dernier par le préfet.
Et il y aura certainement d’autres recours puisqu’une nouvelle enquête publique pour l’implantation de la route sur le Domaine public maritime (DPM) sera nécessaire, suivie, elle aussi, d’un arrêté de DUP.
Bref, il y a de quoi rendre nerveux le président de Région. D’autant plus que celui-ci est parfaitement informé des faiblesses de son projet, notamment sur le plan financier et environnemental. Personne ne croit que la route restera dans l’enveloppe prévue de 1,6 milliard. Or, c’est ce point crucial des Accords de Matignon qui a véritablement obligé la Région à choisir la variante la moins coûteuse, mais la pire sur le plan écologique.
L’impact environnemental des deux digues monumentales prévues étant le plus destructeur pour la biodiversité terrestre et marine, cette variante est la plus exposée à des recours juridiques.

Un avis défavorable et des critiques sévères du CSRPN

Didier Robert a beau vanter son souci de la transparence et se gargariser de formules volontaristes, il sait que ce projet suscite de plus en plus d’interrogations et de contestations comme en témoigne l’avis défavorable émis par le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN).
Le CSRPN de La Réunion est une instance consultative constituée de 22 spécialistes reconnus pour leurs compétences scientifiques et nommés par arrêté préfectoral.
Habituellement consulté pour les questions relatives à la protection du patrimoine naturel, le Conseil scientifique a été délibérément tenu à l’écart du dossier de la Nouvelle Route du Littoral au point d’avoir été obligé de s’auto-saisir pour émettre son propre avis.
Cet avis émis à l’unanimité des présents et représentés est clairement défavorable à la variante avec digues, mais il n’a pas été pris en compte dans le cadre de l’enquête publique comme le demandait pourtant le CSRPN. La transparence a quand même des limites.
Dans cet avis, le Conseil scientifique régional épingle sévèrement le contenu du dossier d’étude d’impact : des études préalables imprécises, des erreurs, des oublis, des contradictions, des insuffisances dans l’évaluation des impacts qui seront pourtant irréversibles sur « une falaise unique au monde », etc.
Il critique aussi le manque de sincérité de documents qui osent affirmer que les digues n’auront pas d’impacts en termes d’érosion du littoral alors que c’est l’une des conséquences les plus prévisibles et les plus graves de l’ouvrage sur digues.
Le Conseil scientifique interpelle donc le préfet « sur un dossier contenant beaucoup de lacunes et d’incertitudes d’un point de vue environnemental » et conclut en soulignant que le choix de la variante sur digues « apparaît comme totalement inféodé au court terme ».
Le président de Région est en possession de cet avis depuis presque un an, il a certainement oublié de le communiquer à son « comité de suivi ».

Jean-Pierre Marchau
,
Pour le Collectif Non à la NRL


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