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« La route en mer : confirmation par le gouvernement d’une improvisation totale »

Nouvelle route du littoral : question de Paul Vergès au gouvernement

Témoignages.re / 22 octobre 2015

Dans un communiqué diffusé au lendemain de la séance des questions au gouvernement au Sénat, Paul Vergès revient sur la réponse faite par le représentant du gouvernement à son interrogation sur la route en mer, dite nouvelle route du littoral ou NRL. Pour le sénateur de La Réunion, la réponse d’Alain Vidaliès confirme bien toutes les craintes. Voici le communiqué diffusé par le secrétariat parlementaire de l’élu réunionnais.

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Dans le cadre des Questions d’Actualité au Gouvernement, le Groupe Communiste Républicain et Citoyen (CRC) a interpellé le gouvernement sur la question de la route en mer à La Réunion.

Le texte intégral de cette intervention figure en annexe de ce document.
La réponse du Gouvernement (en l’occurrence Alain Vidaliès, ministre des transports), est la confirmation de ce que le Sénateur Vergès dénonce depuis 2010.

En effet, le Ministre n’a pas caché qu’il n’y a jamais eu de mission d’expertise économique, financière et environnementale sur ce projet, alors que tous les chantiers de grande ampleur ont comporté cette MEEF.

En outre, le Ministre n’a pas non plus démenti que les avis négatifs émis par les instances nationales (Conseil National de Protection de la Nature) ou régionales (Conseil Scientifique Régional du Patrimoine de La Réunion) n’ont pas été pris en compte et, au contraire, ont fait l’objet d’arrêtés dérogatoires (tant de la part du Ministère de l’Ecologie que de la Préfecture de La Réunion).

Même confirmation du Gouvernement sur la question des procédures judiciaires en cours.

En affirmant que le projet de la route en mer de La Réunion n’était pas un projet national, mais un projet régional, le Ministre confirme que, en cas de dépassement des coûts prévisibles (1,6 milliards d’euros), ces surcoûts seraient uniquement à la charge de la Région Réunion.

Mais le plus significatif, c’est le soutien inconditionnel que le Gouvernement apporte au projet de route en mer.

L’importation de « 200.000 tonnes » de roches est, pour le Gouvernement une difficulté à laquelle il ne s’attendait pas. Mais il entend faire en sorte que cette question de l’importation des roches (depuis Madagascar) ne soit plus un obstacle en allégeant les procédures et en rabaissant les conditions sanitaires. Le gouvernement va-t-il donc une nouvelle fois bafouer l’avis du Conseil National de Protection de la Nature qui avait clairement énoncé que l’importation de matériaux devait « en tous les cas être prohibé du fait du risque majeur d’introduction massive d’espèces exotiques envahissantes » ?

Du fait d’un manque d’anticipation flagrant, La Région et l’Etat se trouvent face à une situation inextricable :

sans importation de matériaux, la sécurité du chantier est en effet menacée du fait de l’arrivée de la saison cyclonique, avec des risques de pollution considérable ;
s’il y a importation, ce sont des risques environnementaux et sanitaires qu’il serait irresponsable de négliger.

En tout cas, les propos du Ministre n’ont fait que souligner l’amateurisme de ceux qui sont à l’initiative de ce projet. Le Ministre semble découvrir la question urgente de l’approvisionnement du chantier en roches massive. Comment les autorités responsables ont elles pu croire un instant que l’on pouvait éventrer La Réunion en ouvrant des carrières pour disposer des matériaux nécessaires ou trouver des solutions à la hauteur des besoins avec les andains ?

Autrement dit : le gouvernement a donné son aval à ce projet, sans avoir les toutes les garanties de sa faisabilité tant sur le technique que financier.

Il est donc clair pour tout le monde aujourd’hui, que le Gouvernement et la Région portent conjointement la responsabilité des catastrophes prévisibles et de l’impasse dans laquelle se trouve ce chantier aberrant de la route en mer.

La question de la route en mer est désormais devant la représentation nationale.


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