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La solidarité s’amplifie pour faire avancer Saint-Paul

Mobilisation à Fleurimont

Manuel Marchal / 19 septembre 2009

Vendredi, 14 heures. Après une matinée bien remplie, les militants se retrouvent à la permanence de Fleurimont. C’est dans cette modeste case en bois sous tôle, en face de la pharmacie de Jean-Marc Bénard, que les militants se répartissent les tâches : distribution de tracts, porte à porte, réunions-café, préparation des meetings et accueil du public. Autour de la liste conduite par Huguette Bello, la mobilisation s’accentue de jour en jour. Les promesses et autres vieilles méthodes d’Alain Bénard ne passent plus.

Gilda Bouget, Jean-Luc Tilin, Jean-Max Lucas, Colette Nalaman, Sylvère Baret, David Fizéro et Josselyn Flahaut se retrouvent à la permanence de Fleurimont en ce vendredi après-midi. Le chaud soleil ne décourage pas les militants qui échangent les dernières informations avant d’aller à la rencontre de la population. Au fond de la glacière, quelques bouteilles de limonade et sur le bureau monté sur des parpaings, une cafetière, un cadre modeste mais chaleureux pour recevoir les habitants et se répartir le travail de la journée.
À neuf jours du scrutin, l’accueil des Saint-Paulois est encore plus chaleureux. La population sait en effet qu’il est possible de faire autre chose que les politiques menées par les prédécesseurs d’Huguette Bello. Autre chose que le clientélisme ou les promesses impossible à tenir. D’ailleurs, comme le souligne à juste titre Jean-Luc Tilin : « je ne veux pas que l’on me paye ma facture d’eau, je veux travailler ».
« Nous disons la vérité, nous ne faisons pas de promesses », ce choix de la transparence annoncé par Jean-Max Lucas, c’est une des caractéristiques de la liste conduite par Huguette Bello. Autre principe : ne pas dénigrer les adversaires et présenter le programme. Résultat : des électeurs appellent les militants pour qu’ils viennent chez eux expliquer les projets portés par l’équipe d’Huguette Bello.

La sortie du fénoir

Quelque chose a profondément changé depuis 18 mois à Saint-Paul. Alain Bénard et ses amis eurent beau tenter d’effacer le nom d’Évenor Lucas des citernes d’eau dans les quartiers, la population peut maintenant comparer leur inaction au dynamisme enclenché voici 18 mois à la tête de la municipalité. « En 18 mois, davantage de choses ont été faites qu’au cours des 40 dernières années », dit Jocelyn Flahaut. Et Jean-Max Lucas d’ajouter : « mon grand-père était venu à Saint-Paul il y a 50 ans, c’est quasiment pareil ».
Comme tous les jours, les militants se retrouvent cet après-midi à la permanence de Fleurimont. Ils ont la responsabilité de mener la campagne d’explication dans un quartier allant du haut des rampes de Plateau-Caillou au rond-point du CENTHOR. C’est un quartier des hauts, durement touché par le chômage. Beaucoup se sentaient abandonnés sous les mandatures des prédécesseurs d’Huguette Bello. Certains ignoraient même jusqu’à l’existence du CCAS. « Les gens en avait tellement marre, ils n’avaient même pas envie de discuter », précise Gilda Bouget. Mais depuis 18 mois, le contact entre la municipalité et la population a été renoué. Les pratiques clientélistes ont cessé, et c’est la sortie du fénoir pour Saint-Paul, surtout pour les plus démunis qui étaient la cible d’une exploitation de leur misère.

Victoire possible au premier tour

À ce jour, déjà six tracts ont été distribués. Le dernier apporte des précisions sur la promesse d’Alain Bénard de ne plus faire payer la cantine scolaire. Le porte-à-porte permet de constater que la population n’est pas dupe. Elle sait que la cantine gratuite se paiera par une augmentation des impôts. Et d’ailleurs, pourquoi Alain Bénard n’a-t-il pas fait la cantine gratuite quand il était maire. Ce dernier a vu son influence se réduire, et son coup de force à la mairie le jour de l’annonce de la décision du Conseil d’État n’est pas passé. Elle a terni son image, même auprès de ses traditionnels partisans.
Les militants ne limitent pas leur action à leur quartier. Quelques fois, ils donnent un coup de main à Bellemène. Et ce samedi matin, précise Josselyn Flahaut, ils ont rendez-vous à Bois de Nèfles pour un temps fort de la campagne. Les militants de tous les quartiers vont apporter la solidarité dans la lutte.
Tous ces éléments se conjuguent pour laisser entrevoir une victoire de la liste d’Huguette Bello dès le premier tour le 27 septembre. C’est d’ailleurs l’objectif qui est partagé par tous.

Manuel Marchal


Zot la di

Gilda Bouget
« Avec l’ancienne municipalité, personne n’était à l’écoute, ce n’est pas le cas maintenant. Nous aidons les gens qui ont été oubliés à se mettre en valeur. La population en a marre des promesses, nous venons pour dire la vérité. En un an et demi, nous avons fait plus qu’en 40 ans. On ressent une colère emmagasinée contre Bénard ».

Sylvère Baret
« On sent que sur le terrain, par rapport à 2007, les gens sont beaucoup plus concernés. Même les gens de droite n’admettent pas le coup de force d’Alain Bénard à la Mairie le jour du verdict du Conseil d’État. Promettre la cantine gratuite, c’est un langage qui ne passe plus ».

Colette Nalaman
« Quand on passe chez les gens, beaucoup sont étonnés de l’annulation. Bénard promet beaucoup de choses, mais la cantine gratuite ce n’est pas vrai. Le porte-à-porte montre les difficultés des familles, beaucoup ignoraient qu’il existe un CCAS, beaucoup se sentaient rejetés ».

Jean-Max Lucas
« C’est un quartier qui était abandonné du temps de Bénard. Beaucoup de parents ont des enfants qui vivent chez eux. Notre objectif est de dire ce que nous allons faire, mais jamais nous disons que nous allons donner. Notre boulot, c’est d’expliquer ».

Jean-Luc Tilin
« Pendant cinq ans, j’ai tenu un bureau de vote pour Alain Bénard. Mais il y a beaucoup de trahisons dans son parti, beaucoup de promesses avec le CCAS, et pour payer les factures d’eau.
Je ne veux pas qu’on me paye mes factures d’eau, je veux un travail. Et pour toutes ces raisons, je suis venu avec Mme Bello avec la foi ».

Josselyn Flahaut
« Nous avons besoin d’expliquer pourquoi les choses avancent à un rythme qui n’est pas forcément celui que souhaite la population, confrontée à l’urgence de l’immédiat. La population a aussi compris que voter pour Bénard, c’est voter pour la casse sociale ».


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