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La victoire du respect d’un principe : la liberté

Sans le PCR, y aurait-il un 20 Décembre ?

Témoignages.re / 19 décembre 2011

Partout dans notre pays, c’est la célébration du 20 Décembre. Même la droite réunionnaise est obligée de faire avec, même si elle veut folkloriser cet événement pour tenter de faire oublier l’essentiel. Il y a 163 ans, le peuple réunionnais était libéré d’un crime, et tous les habitants de notre île ont été considérés comme des êtres humains. Sans le PCR, le 20 Décembre serait-il sorti de la clandestinité ?

Dans notre île, la célébration de l’abolition de l’esclavage est intimement liée avec la lutte légitime du peuple réunionnais pour conquérir de nouveaux espaces de liberté. Le 19 mars 1946, la loi Vergès-Lépervanche abolit le statut colonial. Des arbres de la liberté sont plantés, tandis que la place du front de mer de Saint-Denis est nommée "Sarda Garriga" par la municipalité progressiste de la capitale dirigée par le docteur Raymond Vergès.
En 1948, à l’occasion du centenaire du 20 Décembre, sous la pression populaire, le préfet accepte d’accorder une journée fériée. Le 20 Décembre est célébré par une foule considérable à Saint-Denis à l’initiative des progressistes du CRADS, de la fédération communiste et de l’union des syndicats CGT. Parti de la gare, le cortège passe par la rue Saint-Jacques, rejoint le Butor puis remonte ce qui est aujourd’hui la rue du Général de Gaulle avant d’arriver à son étape ultime, l’esplanade Sarda-Garriga où un arbre de la liberté est replanté, car les adversaires avaient arraché celui planté la veille. La journée est conclue par des prises de paroles sous la présidence d’Hyppolyte Piot, maire de Saint-Louis et conseiller de l’Union française, ancêtre du Sénat.

Seuls les communistes ont résisté

Mais rien n’est acquis, et sous l’impulsion de la droite réunionnaise aidée par le pouvoir parisien, les fraudeurs allaient prendre le pouvoir et tenter d’effacer le 20 Décembre. Le peuple était privé de parole, sauf dans "Témoignages". Et les conservateurs ont alors lancé une vaste opération destinée à faire oublier au Réunionnais son histoire.
Célébrer le 20 Décembre était interdit, tandis que le son du roulèr était pourchassé par les autorités qui censuraient le maloya.
Dans cette période de la plus dure répression, seuls les communistes se sont levés pour résister et pour sauver notre culture. Et c’est dans la clandestinité que la célébration du 20 Décembre s’est perpétuée.
Au début des années 70, la fraude électorale relâche son étreinte sous la pression du peuple. Trois municipalités démocratiques sont élues en 1971. Et c’est là que le 20 Décembre a de nouveau droit au chapitre. Dans les autres communes, le 20 Décembre est célébré sans aucun appui officiel, car la droite réunionnaise refuse au peuple le droit de commémorer la journée de sa libération de l’esclavage.
En 1981, c’est le changement en France. Le combat des communistes et de leurs alliés débouche sur la reconnaissance officielle du 20 Décembre. Et ce jour-là, le préfet fait un discours rendant hommage aux combattants de la liberté.

Le respect des principes

Si elle est reconnue officiellement, la généralisation de cette célébration ne va pas de soi. La droite réunionnaise invente une Fête des Letchis qui a lieu le 20 décembre. Quant à la reconnaissance du jour férié, cela reste une bataille.
La droite réunionnaise tente dans un dernier sursaut de folkloriser le 20 Décembre en l’affublant du qualificatif de festival Métis. Mais elle a perdu la partie, car tous les Réunionnais savent ce qui s’est passé le 20 décembre 1848 et ils ont connaissance du sens de cet événement : la libération des Réunionnais d’un crime contre l’humanité.
Tout cela, c’est le résultat de la lutte du PCR. Des communistes ont consacré leur vie à ce combat, pour que leurs enfants puissent un jour célébrer le 20 Décembre au grand jour. Cela fait réfléchir à l’heure où certains se disent plus communistes que la Direction de leur parti. C’est sans nul doute l’argument ultime pour refuser d’appliquer un principe du Parti, le respect de la parole donnée. Cette attitude apparaît pour le moins dérisoire à l’heure où les Réunionnais se souviennent des combattants de la liberté.

M.M. 


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