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La visite qui ne résout pas les problèmes de fond

Après le séjour de Victorin Lurel, le PCR lance un appel à la mobilisation pour le 1er mai

Céline Tabou / 16 avril 2013

A l’occasion d’une conférence de presse, Yvan Dejean et Faiza Ibrahim ont commenté la visite du ministre de l’Outremer, Victorin Lurel, à La Réunion. « Cette visite démontre que dans le cadre actuel, il n’y a plus de solution. Ce n’est pas un problème de Lurel ou d’un ministre, mais celui d’un système de développement », qui ne fonctionne plus, a expliqué Yvan Dejean.

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« Personne ne peut contester la gravité de la situation économique et sociale qui est ressentie par de plus en plus de couches de la population et c’est dans un tel contexte que s’est faite la visite ministérielle » a introduit Faiza Ibrahim.

Des propositions pour La Réunion

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Face aux inquiétudes des Réunionnais, Faiza Ibrahim a indiqué que la population attendait des « solutions urgentes et des perspectives ». La visite de Victorin Lurel s’est déroulée dans un tel contexte qui démontre « qu’il n’y a pas de réponse dans le cadre actuel. Plus que jamais, tous les problèmes sont devant nous » . Evoquant les problèmes des plus pauvres, et notamment les travailleurs qui « vont avoir l’extinction du RSTA au 31 mai », mais aussi des planteurs avec les conséquences de la fin des quotas sucriers, à laquelle s’ajoute la crise budgétaire à l’Université. « Dès son arrivée, le ministre a été confronté à cette question » , mais aussi à « la situation des petites entreprises avec des dettes et le manque de chantier ».

La Réunion est également confrontée aux problèmes de logement avec la modification et les incertitudes des dispositifs de financements et « c’est le problème de l’emploi » qui inquiète le plus. La jeune femme a expliqué que le ministre a tenté de «  tenir un discours volontariste sur les emplois d’avenir, et on verra si les difficultés seront surmontées » , de plus, « tout le problème de l’emploi des jeunes avec la mission confiée à Patrick Lebreton » sont des mesures mises en place, qui seront suivies par le PCR. « Le ministre a été dans son rôle et il a dit ce qu’il pouvait faire et ne pouvait pas faire, sans cacher le cadre budgétaire très contraint. En effet, il a confirmé qu’il y aura moins de crédits pour les Collectivités » , d’autant que l’Etat doit 500 millions d’euros au Conseil Général, a indiqué Faiza Ibrahim.

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« Sortir du cadre actuel »

La jeunesse a indiqué que si « on ne sort pas du cadre actuel, on est dans l’impasse et les mesures actuelles sont insuffisantes pour faire face à la gravité de la situation ». Les deux représentants du PCR ont évoqué deux exemples mettant en évidence la situation.

Faiza Ibrahim a évoqué le RSTA qui prendra fin d’ici mai pour les travailleurs et la suppression prochaine des quotas sucriers, qui va livrer les départements outremer aux règles de l’OMC, détruisant la production locale et l’avenir des planteurs de cannes.

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Mettant en avant un malentendu, « le programme du ministre a mis en exergue les progrès de la diversification agricole » , jugé positif dans un objectif d’autosuffisance alimentaire, mais « dans un tel contexte cela pouvait être interprété par certains comme une non-prise en compte de l’urgence de la gravité de la filière canne ». Victorin Lurel a affirmé qu’il « faudra mener le combat pour sauver la filière » , le PCR veillera à ce que la filière soit préservée. Mais, « il faut aussi imaginer des mesures nouvelles qui ouvrent la voie d’une politique de développement », a ajouté la jeune femme.

Autre point crucial, « le problème de la priorité à l’emploi pour les Réunionnais. Il est bien évident que la mission confiée au député Patrick Lebreton ne pourra déboucher sur des préconisations efficaces que si elles sortent du cadre actuel » , a évoqué Faiza Ibrahim.

Les deux intervenants ont évoqué la proposition d’un « moratoire pour réserver aux Réunionnais les emplois à pourvoir dans leur pays, la mise en place de deux grands services » . C’est pour cette raison que le PCR propose de faire « émerger des ressources nouvelles », à travers une meilleure orientation des flux financiers vers des objectifs de développement et la création d’un Fonds réunionnais d’Investissement, qui « finira par s’imposer d’elle-même »

« Le 1er mai donne l’occasion à chacune et chacun de faire entendre sa voix ».

Yvan Dejean a rappelé que le 1er mai était une « fête du travail », qui cette année intervient dans « une période où le chômage n’a jamais été aussi élevé, où les difficultés auxquelles est confrontée la population n’ont jamais été aussi forte, et où le sentiment d’inquiétude ressenti par les diverses couches de la population et par les divers acteurs économiques et sociales n’a jamais été aussi partagé ».

Le dernier a indiqué que « le 1 er mai peut être l’occasion pour toutes les couches de la population représentées par leur organisation d’exprimer leurs inquiétudes et d’appeler à une prise de conscience de la gravité de l’urgence de la situation et de la nécessité de mettre en œuvre des mesures dont la nature et la portée doit être en rupture avec les pratiques actuelles » a-t-il expliqué.

Saluant les initiatives prises par le sénateur Paul Vergès et plus récemment par la députée Ericka Bareigts, visant à supprimer l’alinéa 5 article 73, qui sont destinés à « doter La Réunion des moyens d’agir ». De plus, sur la question de la gouvernance, Yvan Dejean a évoqué l’acte III de la décentralisation, qui est « un rendez-vous que doivent saisir les élus, la Région et le Département », afin de demander « une gouvernance à la hauteur des enjeux du développement ».

« La leçon qu’on tire de cette visite est que les réponses apportées dans le cadre actuel ne peuvent régler les problèmes de fonds », Yvan Dejean préconise une mobilisation « pour créer les conditions permettant de changer la situation, pour ne pas sombrer encore un peu plus dans le découragement, la désespérance ou la résignation » .

Céline Tabou


Kanalreunion.com