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Lancement du Comité de Parrainage pour 20 ans

Paul Vergès et Jean-Claude Fruteau annoncent une innovation pour sauver La Réunion

Manuel Marchal / 31 octobre 2015

Paul Vergès, sénateur, et Jean-Claude Fruteau, député, ont annoncé hier la création du Comité de Parrainage. Ouvert à tous les Réunionnais qui veulent débattre et présenter des propositions pour l’avenir du pays, cette instance n’est pas un comité de soutien à une liste aux élections régionales. Elle durera en effet bien au-delà du mois de décembre. C’est une structure qui se fixe comme perspective un travail de 20 ans pour sauver La Réunion. Comment réussir l’intégration de La Réunion dans son environnement régional, comment anticiper les effets du changement climatique, comment accueillir 150.000 Réunionnais supplémentaires en 15 ans, quelles relations avec Madagascar qui comptera 55 millions d’habitants sont autant de questions posées.



Le Comité de Parrainage est une innovation. C’est la première fois que nous avons fixé notre perspective sur 20 ans, annonce Paul Vergès. Et le prochain mandat des conseillers régionaux comptera pour un tiers dans ce délai.

« Nous mettons au premier plan ce qui va bouleverser la planète », ajoute Paul Vergès. Le président du Comité de Parrainage rappelle que les rendez-vous sont connus, et qu’il est donc possible de s’y préparer.

Ce sont tout d’abord les effets du changement climatique. Si on va vers une hausse des températures de 3 degrés, alors la situation ne sera pas maîtrisée.
Tous les aspects de la vie sociale, économique et politique seront remis en cause. La Réunion n’y échappera pas. C’est là que les conséquences des phénomènes extrêmes vont se faire sentir, précise Paul Vergès. Outre les cyclones, « la conséquence la plus visible sera l’augmentation du niveau des océans ».

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Jean-Claude Fruteau et Paul Vergès ont présenté le Comité de Parrainage, le 30 octobre à Saint-Denis.

Des rendez-vous inévitables

De récentes observations annoncent une accélération de la fonte des glaciers des pôles. Un « phénomène irréversible » avec pour conséquence la plus admise une hausse de 6 mètres du niveau de la mer. « Ce phénomène nous interpelle, car la majorité de la population est implantée sur le littoral », dit Paul Vergès. Que faire des infrastructures construites sur le bord de mer ? Des aéroports de Gillot, de Pierrefonds ? De la route littorale ? Des programmes que certains annoncent : port à Bois-Rouge ? Ecocité de 40 000 habitants, maintenant 60 000 sur la plaine Chabrier.
À cela s’ajoute la mort des barrières coralliennes d’ici 2050 à cause de l’acidification des océans. Que deviendront les plages ? Les lagons ? Qu’allons-nous devenir ?

Le second problème est la transition démographique. La population mondiale comptait 7,3 milliards d’habitants en 2013, 2,5 milliards supplémentaires sont à prévoir d’ici 2050. 2,5 milliards était la population de toute la planète en 2050.
Le monde sera bouleversé. Madagascar a 24 millions d’habitants aujourd’hui, en comptera 55 millions en 2050, et 100 millions en 2100. C’est comme si à 800 kilomètres de Marseille, la France côtoyait un État aussi peuplé que la Chine et l’Inde réunies, note Paul Vergès.

La Réunion verra sa population continuer de croître. 150.000 Réunionnais vont arriver d’ici 15 ans, « si on ne change pas de politique ils vont s’ajouter aux personnes en dessous du seuil de pauvreté ».

Quelle Réunion dans la mondialisation ?

Troisième problème, est la mondialisation, avec des applications concrètes pour La Réunion. L’OMC a demandé abolition des quotas et du prix garanti. Le quota des 300 000 tonnes de sucre de La Réunion sera supprimé dans deux ans. Comment le sucre réunionnais va-t-il pouvoir s’écouler en 2017 avec la concurrence mondiale ? La SAPMER est transférée de La Réunion à Maurice et aux Seychelles. Edena va être rachetée par des Mauriciens. CBO est contrôlée par des Belges.
Avec les APE entre les pays voisins et l’Union européenne se dessine l’intégration économique de 28 Etats pour une population de plus de 600 millions d’habitants.
Comment passer de l’intégration à un pays développé situé à 10000 kilomètres à celle dans notre environnement économique ?

La quatrième donnée est la révolution scientifique avec les grands pays émergents qui développent la connaissance. De l’espace aux nanotechnologies, cette explosion de la recherche est unique dans l’histoire du monde. Les Réunionnais en bénéficient avec le téléphone mobile. « Ce qui concerne la planète touche immédiatement et concrètement La Réunion ». C’est un changement aussi important que celui de 1946 qui se prépare. « Je n’ai vu nulle part ces préoccupations sauf sur une liste, personne n’en parle », constate Paul Vergès.

Un plan de développement durable

« Pour la première fois que dans le monde politique de La Réunion, on se donne 20 ans pour sauver La Réunion, seuls les Réunionnais pourront la sauver ou ce sera la catastrophe », ajoute Paul Vergès. L’idée proclamée par Patrick Lebreton est de dire : nous voulons créer pour 20 ans un Comité de parrainage afin que les objectifs des 6 ans s’inscrivent dans les 20 ans.

C’est pourquoi, « le Comité de parrainage ne fait pas des propositions à court terme ». L’appel à la création du comité est un succès, « avec des réponses positives et motivées » : responsables d’entreprise, syndicalistes, universitaires, responsables d’association. Dans le comité, ils auront « une responsabilité permanente ».
« Nous ferons le plan de développement à partir de leurs compétences. Ils auront à travailler sur les 20 ans », précise Paul Vergès, « toutes ces personnes élaboreront le plan de développement durable ». La liste des membres sera rendue publique au lendemain des élections.

« Soyons les acteurs de notre propre destin »

Jean-Claude Fruteau est « en parfaite harmonie avec l’analyse faite par Paul Vergès ».
« Quand Patrick Lebreton m’a demandé de travailler dans le Comité de Parrainage aux côtés de Paul Vergès, j’ai ressenti beaucoup d’honneur », indique le député, « je n’ai jamais entendu aucun responsable politique sérieux de mettre en cause les analyses de Paul Vergès, sa capacité de cerner le contexte pour ensuite déterminer une vision pour l’avenir.

Il rappelle que « ce Comité de Parrainage n’est pas un comité de soutien pour les élections du 6 et du 13 décembre. Ce n’est pas le programme d’un candidat ».
Son objectif est d’amener une prise de conscience pour les 20 ans qui viennent. « Nous sommes plus directement menacés encore que certaines régions du globe, plus menacé que l’Europe ». « Ne laissons pas non concitoyens assister en spectateur à ce qui se prépare, mais que nous soyons les acteurs de notre propre destin : y réfléchir, tenter de répondre », poursuit Jean-Claude Fruteau.
Conclusion par Paul Vergès : « le parrainage de la réflexion des Réunionnais » sur les 20 ans à venir est au centre du débat.

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Messages






  • Franchement qui peux parier sur une entente de 20 ans entre deux partis politiques ? Tous les exemples passées montrent le contraire. Rappelons - nous ; après les dernières régionales, de quel noms d’oiseaux les socialistes, dont ceux alliés à M.Lebreton, avaient été traités par le PCR ?
    Pour le contenu :
    Développement durable ; réunionnais acteurs de leurs propres destins ... Tous les candidats disent cela ; c’est banal.
    Il y a déjà des divergences au sujet de l’attitude à avoir vise à vis des perquisitions chez les proches de M.D.Robert

    Union stratégique pour avoir le plus d’élus possible au Conseil Règional oui, mais union sur 20 ans ;non
    ceci dit les alliances dans les autres listes ont la m^me stratégie.Le plus d’allié possible pour avoir le plus d"élus possibles.

    Allez bye

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  • Face aux dangers unissons nous. Bel exemple que celui de Fruteau et de Vergès. Ils n’ont pas toujours été d’accord, mais ils préfèrent penser à ce qui unit plutôt qu’à ce qui divise. Et ils ne parlent pas d’élections et encore moins de savoir qui sera sur la liste et où.

    Regardez chez Bello, c’est le contraire, elle a préféré diviser la gauche pour être à la tête d’une liste, triste fin de carrière politique. Pour D. Robert, c’est pareil, il y aura 3 listes de droite aux régionales car il est le diviseur, l’étoile filante va se crasher. Tout ça, ça s’appelle diviser pour régner. Ce sont des stratégies à l’opposé de l’union PCR-Progrès qui veut rassembler.

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