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Le 23 mars, mobilisation de tous pour l’emploi et les retraites

Témoignages.re / 19 mars 2010

L’intersyndicale CFDT, CGTR, FSU, UNSA, Solidaires et FO appelle à manifester au départ du Petit Marché à Saint-Denis, le mardi 23 mars, dans le cadre de la Journée nationale de mobilisation interprofessionnelle pour l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics et les retraites.

CFDT, CGTR, FO, FSU, UNSA et Solidaires appellent à la manifestation le mardi 23 mars dans le cadre de la Journée nationale de mobilisation interprofessionnelle. Rendez-vous est fixé au Petit Marché de Saint-Denis à partir de 9 heures, pour rejoindre ensuite le Jardin de la Préfecture. Une mobilisation en réaction au Sommet social de février dernier, où les syndicats estiment ne pas avoir obtenu satisfaction. L’objectif de la mobilisation est de peser sur les prochaines discussions avec le gouvernement, dès le mois d’avril.
L’intersyndicale appelle à défendre l’emploi, les salaires, les services publics, et les retraites, à l’exception de FO qui préfère centrer cette mobilisation sur le seul thème des retraites.

Pour la CGTR, la perspective de 13.000 licenciements dans le BTP et l’automobile justifie cette mobilisation. Pour les retraites, le syndicat rappelle que la moitié des retraités vit à La Réunion avec le minimum vieillesse, soit 600 euros. Et la situation ne va pas s’améliorer, puisque de 1993 à 2003, le niveau des pensions a baissé de 20%. « Nous allons vers un appauvrissement des retraités », a affirmé Ivan Hoareau.
Sur la question des salaires, le syndicat constate que le patronat qui a accepté les 50 euros de l’accord COSPAR ne veut plus de négociations salariales. « Cet élément de rattrapage pour les bas salaires ne peut pas remplacer les négociations salariales », a insisté Ivan Hoareau. Pour le syndicaliste, la question du social se pose pour tous, y compris pour les salariés à la veille des élections régionales. « La souffrance au travail devient un fait de société », a-t-il déclaré, ajoutant que le développement durable ne pourra se faire sans développement humain.

Pour Éric Marguerite de FO, la mobilisation portera sur le thème des retraites. Le syndicat estime qu’il y a urgence à sauvegarder le système de retraite par répartition face à un « grand mensonge d’État ». Pour FO, « le système des retraites est dans l’œil du cyclone ». À l’issue du Sommet social, Nicolas Sarkozy avait en effet annoncé que le gouvernement déposerait un texte au Parlement dès le mois de septembre. Les deux pistes envisagées étant le recul de l’âge de la retraite et l’allongement de la durée d’activité. Pour FO, ces solutions conduiraient inévitablement à une dégradation des conditions de départ à la retraite et des niveaux de pensions. Alors, un seul mot d’ordre pour le 23 mars : « 40 ans, c’est déjà trop, pas question d’augmenter la durée de cotisation et l’âge de la retraite ».

Pour Solidaires, la question des retraites et de l’emploi est indissociable. « Reculer l’âge de la retraite, c’est reculer l’accès des jeunes à l’emploi », soutient Pascal Valiamin. Il ajoute que l’espérance de vie en bonne santé est de 64 ans pour les femmes et 63 ans pour les hommes. Le niveau des pensions a quant à lui tendance à diminuer de 79% du meilleur salaire en 1995 à 72% en 2007, vers 65% en 2020.
Pour Solidaires, la solution se trouve dans une meilleure répartition des richesses. « 1% du PIB suffirait à financer les retraites supplémentaires », affirme le syndicaliste.

Marie-Hélène Dor, de la FSU, constate une cohérence entre la suppression de 16.000 postes de fonctionnaires par an et la remise en question des retraites. « Tous les systèmes solidaires sont pris pour cible aujourd’hui et c’est une orientation politique, un choix ». L’une des conséquences de ces suppressions de postes est la mutation d’une trentaine d’enseignants créoles en métropole. Une situation qui ne s’était pas vue depuis dix ans. « Ils sont les dégâts collatéraux d’une politique », a-t-elle conclu.

Jean-Pierre Rivière, de la CFDT, a insisté sur les conditions de travail et notamment l’émergence de risques psycho-sociaux, notamment dans les TPE où il est plus difficile d’y remédier.

Pour l’UNSA, Érick Chavriacouty a évoqué la dégradation de l’emploi : plans sociaux, associations en difficulté, dont l’ARAST... La question des chômeurs en fin de droit reste entière. « On nous annonce une reprise depuis le début de l’année, on ne voit rien venir. Aucune annonce n’a été faite au Sommet social du 15 février, nous avons seulement un calendrier de rencontre », a indiqué le syndicaliste.

EP


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