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« Le changement, c’est maintenant, ou la rupture »

Conseil politique du Parti communiste réunionnais

Céline Tabou / 9 septembre 2013

Ginette Sinapin, Yvan Dejean et Sylvie Mouniata ont tenu samedi une conférence de presse, suite au Conseil politique du Parti communiste réunionnais. Ces derniers ont tenu à informer la population des décisions prises par l’organisation pour faire face à « l’immédiat et à l’avenir ».



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Le Conseil politique du PCR s’est réuni samedi à Saint-Paul.

Lors de cette conférence de presse, Yvan Dejean a affirmé que « le changement, c’est maintenant, ou la rupture avec le Parti socialiste sera maintenant », notamment après les engagements non tenus de François Hollande et la perte de la Région Réunion lors des dernières régionales. Ce dernier a également évoqué les propositions du PCR.

Alerter la population de l’aggravation de la situation

Yvan Dejean, Secrétaire général du PCR, a annoncé la participation du PCR à la manifestation du 10 septembre, suite à l’appel lancé par l’intersyndicale contre la réforme des retraites. « Sur les 240.000 travailleurs, 125.000 Réunionnais sont dans le privé, beaucoup parmi eux sont en temps partiels et en contrats déterminés. On constate que des milliers de Réunionnais vont se retrouver avec des retraites de misère et certains seront condamnés au minimum vieillesse » , s’est-il alarmé. « La situation s’aggrave, notamment avec le chômage et la pauvreté », a indiqué Yvan Dejean.

Il a préconisé un développement durable de La Réunion par l’emploi afin de permettre aux gens de cotiser pour avoir des retraites à taux plein . « La situation à La Réunion est différente de celle de la France, c’est un problème de nature et non de degré », a-t-il expliqué. Il a ainsi démontré que l’aggravation de la situation, qualifiée de « hors norme », de La Réunion va persister, avec la hausse démographique et les changements climatiques, qui imposent une « remise en cause du système actuel ».

Parmi les décisions, le PCR a annoncé sa participation le 10 septembre, car « la situation montre qu’il y a un apartheid social. On a des travailleurs qui seront privés de retraite, tout comme les travailleurs de la Fonction publique territoriale ».

Une précarisation qui sera évoquée lors de la venue de François Chérèque, missionné pour suivre le plan contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale le 29 septembre.

« On dit qu’il y a une situation sociale hors norme, les experts ont confirmé notre analyse. Quelles que soient les mesures prises, elles ne seront pas efficaces si elles sont faites de manière mécanique, sans tenir compte de l’augmentation de la population. La Réunion compte plus de 10.000 habitants par an, soit plus de 50.000 d’ici la fin du mandat de François Hollande. Il faut des solutions de rupture et franchir un pas supplémentaire », a précisé Yvan Dejean. C’est pourquoi « les élus du parti demanderont un rendez-vous avec François Chérèque afin de lui exposer notre analyse et de lui faire part de nos propositions », a-t-il indiqué.

Vers une rupture avec la fédération socialiste ?

Un rassemblement sera organisé le 20 octobre à la Halle des Manifestations du Port, pour « rappeler nos propositions et présenter nos candidats aux prochaines élections municipales », a annoncé Yvan Dejean. Mais il s’agit « surtout de faire le bilan dix-huit mois après l’élection de François Hollande ». « Il a pris des engagements avec le PCR et la population, mais on ne voit rien venir », a expliqué ce dernier.

Pour le PCR, « la question est simple, le changement, c’est maintenant, ou la rupture avec le Parti socialiste sera maintenant ».

Le 20 octobre sera l’occasion de « prendre nos responsabilités » et « à François Hollande de prendre les siennes », notamment vis-à-vis des engagements qu’il avait affirmés à Saint Louis, comme l’autonomie énergétique, le tram-train et la coopération régionale. « On vote sur la base d’un contrat, on a honoré notre part du marché. D’ailleurs, les plus forts taux de vote pour lui étaient au Port, à Sainte-Suzanne, à Saint-Louis et à La Possession. On n’a pas attendu le second tour, nous nous sommes engagés dès le premier tour », a expliqué Yvan Dejean, rappelant les communications prises avec l’État. « On est à l’heure des choix, que chacun prenne ses responsabilités ».

Concernant la rupture évoquée entre le PCR et le PS, Yvan Dejean a rappelé : « La fédération locale du PS a lors des élections régionales décidé de faire bande à part. Tous les grands chantiers engagés par la mandature de Paul Vergès ont été abandonnés et la fédération socialiste a une très lourde responsabilité dans l’aggravation de la situation économique et sociale à La Réunion ». « Le contrat doit être respecté avec François Hollande, s’il y a une rupture, elle se traduira aux prochaines élections municipales, nous serons cohérents avec nous-mêmes », a affirmé Yvan Dejean.

Céline Tabou

Une plate-forme de développement pour La Réunion

Lors du rassemblement du 20 octobre au Port, le PCR a prévu de présenter ses candidats aux prochaines élections municipales. Chacun d’entre eux sera muni d’une plate-forme commune de développement, dont des déclinaisons seront travaillées par chaque équipe de campagne pour le territoire les concernant.

Pour Yvan Dejean, « le changement est maintenant, ou c’est la rupture », rappelant ses propos vis-à-vis de François Hollande et de la fédération socialiste. Il a rappelé les mesures proposées dans l’immédiat : le maintient du RSTA jusqu’au 31 décembre et l’ouverture de négociations ; la valorisation des minima sociaux et des petites retraites ; l’embauche immédiate des 5.000 emplois d’avenir dans deux grands services d’intérêt public de proximité : l’Aide à la Personne et l’Environnement (SIPAPE) ; la titularisation de tout le personnel communal avant la fin du quinquennat avec l’accompagnement du gouvernement ; et la mise en place d’une Assemblée unique et d’un Fonds d’investissement solidaire alimenté par l’épargne des Réunionnais, notamment la sur-rémunération qui « doit être épargnée et surtout pas supprimée ».


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