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Le chantier de la NRL tourne au fiasco

Manifestation de transporteurs près de la Région Réunion

Manuel Marchal / 28 janvier 2016

Quelques semaines après les perquisitions dans le cadre d’une enquête sur l’attribution des marchés de la nouvelle route du littoral, des transporteurs ont manifesté à proximité de la Région Réunion. Ils s’estiment lésés dans l’attribution des marchés de transport. C’est un épisode de plus dans la gestion d’un chantier qui tourne au fiasco. Il est grand temps que cesse ce gaspillage et que l’argent obtenu par Paul Vergès serve à financer des chantiers utiles aux Réunionnais.

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Un des nombreux camions chargé de prendre des roches dans un coin de l’île pour qu’elles finissent ensuite dans la mer.

Les Réunionnais n’ont pas fini de subir les conséquences du chantier d’une route en mer à six voies voulue par Didier Robert. C’est tout d’abord la catastrophe environnementale, avec des dérogations données par le gouvernement à la Région Réunion au mépris de l’avis du Conseil national pour la protection de la nature (CNPN). C’est ensuite l’incapacité des promoteurs du chantier à garantir dès le départ la quantité nécessaire de matériaux pour espérer arriver un jour au bout de ce projet. Cela a entraîné l’importation de 220.000 tonnes de roches de Madagascar. Le reportage publié hier dans le Quotidien montre ce qu’endurent les Malgaches pour que le chantier de Didier Robert continue d’entretenir l’illusion. Ce trou béant dans la terre malgache est aussi un avertissement à tous les Réunionnais : voilà à quoi ressemble une carrière destinée à alimenter le chantier de la NRL.

Des patrons lésés

Ces dernières semaines, c’est le volet financier du chantier qui a retenu l’attention. La Réunion a été le lieu d’une procédure exceptionnelle dans les annales des affaires politico-judiciaires : perquisitions au domicile personnel du président de la Région, à son bureau, chez des élus et dans des services de la Région. Les enquêteurs du Parquet national ont dû recourir à ces mesures sans précédent pour obtenir des informations sur l’attribution des marchés de la nouvelle route du littoral.

Hier, c’est un autre aspect de la gestion financière du chantier qui est apparue au grand jour : l’attribution des lots aux transporteurs.

Plusieurs d’entre eux s’estiment lésés. Ils ont donc choisi de manifester hier. Ils ont tout d’abord été au siège du maître d’œuvre, Egis, puis se sont rendus à Saint-Denis pour se faire entendre par la Région Réunion. Une fois sur place, ils ont pu constater qu’un cordon de police interdisait l’accès à la rue qui borde l’institution régionale, contrairement à 2008 où le préfet avait laissé faire un blocus de 48 heures du Conseil régional.

Où sont les milliers d’emplois promis ?

Pendant des heures, des milliers d’automobilistes ont dû subir les conséquences de cet événement, conséquence de la gestion du chantier de la nouvelle route du littoral. Si ce projet se poursuit, alors ce ne sera pas le dernier désagrément qui touchera la population. Ce sont déjà les balais incessants de camions chargés de roches qui convergent de plusieurs régions de La Réunion vers les points d’entrée du chantier de construction d’une route en mer de 12 kilomètres. À cela va s’ajouter les manifestations des déçus des promesses de Didier Robert. On est en effet bien loin des dizaines de millers d’emplois annoncés pour ce chantier. Les dizaines de milliers de personnes qui empruntent tous les jours la route du littoral ne peuvent que le constater. Alors que la Région et le gouvernement ne cessent de dire que le chantier est bien engagé, ce sont officiellement quelques centaines de personnes qui y travaillent. C’est bien moins que pour la réalisation de la Route des Tamarins qui coûtait moins cher.

Stoppons le gaspillage des fonds publics

La gestion du chantier de la nouvelle route du littoral tourne au fiasco. De plus, c’est un équipement qui nie la réalité du changement climatique. Il se situe dans l’océan, la zone de tous les dangers avec les dégâts des cyclones et la hausse du niveau de la mer.

Il est donc grand temps d’arrêter ce gaspillage. Les fonds obtenus en 2007 par Paul Vergès sont précieux. Ils doivent être employés dans des projets utiles aux Réunionnais et créateurs d’emploi. La reconstruction du train en est un. Car avec plus de 20.000 nouvelles voitures chaque année, La Réunion se rapproche chaque jour toujours un peu plus du coma circulatoire.

M.M.


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