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Le Conseil général veut garder le cap des priorités

Orientations budgétaires 2011

Témoignages.re / 16 novembre 2010

Les orientations budgétaires pour l’année 2011 sont aujourd’hui au programme de la séance plénière du Conseil général, avant le vote du budget en décembre et surtout les élections cantonales en mars.

Ces dernières orientations budgétaires de la mandature, la Présidente Nassimah Dindar l’a souligné, sont marquées par « l’effet ciseaux des dépenses qui augmentent et les dotations gelées de l’État ».
Malgré tout, les élus de la majorité ont affirmé hier leur volonté de garder le cap. Les priorités que sont l’insertion, le logement, l’éducation, les personnes vulnérables ou encore le développement durable restent d’actualité pour 2011. Pour Nassimah Dindar, La Réunion a besoin de « cohésion sociale ».
Mais les trois contraintes combinées du « désengagement de l’État, du contexte défavorable et de la demande sociale croissante », évoquées par le Vice-président Ibrahim Dindar, ne sont pas pour faciliter les choses : le manque de compensation du RMI et de l’APA par l’État s’élève à 350 millions d’euros, alors que le RSA (Revenu de solidarité active) va être mis en œuvre dès janvier ; la suppression de la taxe professionnelle a continué à donner un coup aux finances de la collectivité, si bien que « la fiscalité n’offre plus de solution aujourd’hui ». Les élus de la majorité assurent pourtant être en mesure de préserver l’équilibre financier pour 2011 et donc les orientations budgétaires. Mais pas après, car toutes les marges de manœuvre ont déjà servi.
« Il faut continuer à négocier avec l’État, La Réunion doit rester une priorité nationale. On ne peut pas laisser tomber l’Outre-mer alors que ces régions ont tout fait pour se tirer vers le haut », a déclaré Nassimah Dindar, pour qui l’État-providence doit aider La Réunion jusqu’en 2030.

Le RSA mis en œuvre dès janvier

La mise en œuvre du RSA est aussi à l’ordre du jour de l’assemblée plénière. Pour Jean-Jacques Vlody, vice-président en charge des Affaires sociales, le Conseil général sera prêt pour le 1er janvier. Le RSA remplace le RMI et l’API dès l’année prochaine. Désormais, la CAF orientera les prestataires vers le Pôle Emploi s’ils sont « employables » ou vers l’ADI (Agence Départementale d’Insertion) en cas de « difficultés sociales ». Le Conseil général a en effet décidé de maintenir l’ADI, il est d’ailleurs le seul Département d’Outre-mer à le faire. Le Conseil général s’inquiète cependant de l’impact financier du RSA sur les finances de la collectivité. Là encore, la collectivité n’a aucune garantie de compensation pour l’API (Allocation parents isolés) au-delà de 2013. De plus, les bénéficiaires du RSA peuvent perdre les droits connexes aux prestations sociales, comme la CMU (Couverture maladie universelle), et solliciter des aides du Conseil général, comme le chèque santé. Des demandes que la collectivité aurait du mal à satisfaire. Le Conseil général a malgré tout l’ambition de redéfinir sa politique d’insertion avec l’entrée en vigueur du RSA. 10.700 CUI (Contrat unique d’insertion) sont prévus pour 2011, ce qui ne devrait pas être, selon Jean-Jacques Vlody, des « ti contra pou dépané », mais une vraie chance de renouer avec l’activité.
Un dispositif pour les jeunes en difficulté sociale et aux conduites addictives est aussi dans les tuyaux. Mais le Conseil général devra composer avec la baisse des CAE, l’un des seuls contrats aidés accessibles aux jeunes de 18-25 ans. Une mauvaise nouvelle pour 221 personnes en attente.

EP


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