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Le conseil Général vote la création d’un Groupement d’intérêt public

Pour les Services à la personne

Témoignages.re / 3 décembre 2009

Parmi les dossiers à l’ordre du jour de la séance publique du Conseil général, la création d’un Groupement d’intérêt public des services à la personnes (GIP-SAP) était très attendue. Surtout par des ex-salariés de l’ARAST massés à l’intérieur de l’hémicycle comme à l’extérieur devant la retransmission de la séance sur écran géant, pour ne pas rater une seule miette du débat engagé par les élus.

Avec la liquidation judiciaire de cette association, ce sont en effet 1.200 personnes qui se sont retrouvées sans emploi du jour au lendemain. Allaient-elles toutes être ré-embauchées ? En contrat à durée indéterminé ? Chez les ex-salariés, l’espoir demeurait hier encore pour l’embauche de tous directement en CDI. La présidente du conseil Général leur avait déjà annoncés la création d’un GIP et l’embauche de 1.000 ex-salariés de l’ARAST, en priorité des aides à domicile, en CDD de six mois dès le 16 décembre. La mise en place du GIP permettrait ensuite de pérenniser les emplois. Nassimah Dindar a confirmé hier ses propos en expliquant les choix.

1.000 emplois à pérenniser

En fin de séance, la majorité a voté la création du GIP composé du conseil Général, du conseil Régional, de l’Association des Maires, des CCAS. Et, ajoute la délibération du Conseil Général, « compte tenu de la liquidation de l’ARAST par le tribunal et de l’urgence d’apporter par la collectivité une solution pérenne aux aides à domicile, il est souhaité d’élargir la composition du GIP aux représentants des usagers et représentants des prestataires ».
Au-delà de la situation d’urgence de l’ARAST, ce GIP s’inscrit dans le cadre plus large d’un besoin de « restructuration complète et totale » de l’offre des services à la personne pour « promouvoir une filière répondant à une utilité sociale et porteuse d’emplois ». C’est d’ailleurs l’une des préconisations conjointes du Département et de la Région aux États-généraux de l’Outre-mer.

Repartir sur des bases saines

Pour Nassimah Dindar, la fin tragique de l’ARAST, et des précédentes associations, prouve que « le modèle associatif n’est pas viable » pour les services à la personne. Pour repartir sur des bases saines, et répondre en même temps à la situation d’urgence des ex-salariés et des usagers, la présidente a proposé dans l’immédiat l’embauche par le Conseil Général de l’ensemble des aides à domicile en CCD de 6 mois. Même si les aides a domicile (contrairement à l’action Éducative en Milieu Ouvert) ne font pas partie des missions obligatoires de la collectivité, a souligné la présidente.
« En tant qu’agents du conseil général, vous serez mieux payés », a t-elle expliqué aux aides à domicile rémunérés à l’heure au sein de l’ARAST pour des salaires de 600 à 700 euros en moyenne. « Vous serez ensuite repris par la GIP, a t-elle ajouté, mais je ne peux pas légalement signer quelque chose qui n’existe pas encore ».
Car si l’ARAST n’existe plus, le conseil Général dispose encore de 30 millions d’euros par an pour les services à la personne. La présidente du conseil Général a d’ailleurs proposé aux aides à domicile qui le souhaite une embauche au 1er décembre en CDD. « Je m’engage avec tous les vice-présidents et les élus de la majorité à rencontrer tous les aides à domicile et les autres catégories professionnelles », a t-elle promis.

« L’ARAST, c’est vous en 2004 »

Le groupe Objectif Réunion a reproché a la majorité de laisser sur le carreau 200 ex-salariés de l’ARAST, sans garantir aux 1.000 autres des emplois pérennes dans l’immédiat. Face aux accusations jugées démagogiques, la majorité n’a pas manqué de rafraîchir la mémoire au groupe UMP : « l’Arast, c’est vous en 2004 », affichait le vice-président Emmanuel Hoarau. « Vous étiez là les quatre années où l’Arast a commencé sa descente aux enfers (…) il y eu des problème de gestion, de taille de structure. Ce n’est pas une mort subite mais la chronique d’une mort annoncée », a déclaré Ibrahim Dindar.
Pour Jean-Yves Langenier, l’ARAST, comme d’autres associations auparavant, a été victime d’une « gestion calamiteuse », passant de 3 à 30 millions de déficit. Une leçon suffisante pour que soient prises dorénavant « des mesures pour la bonne utilisation des fonds publics ». Même s’il faut pour cela prendre un peu de temps afin d’apporter des solutions durables aux personnes âgées, handicapées, dans « un climat de responsabilité ».

Edith Poulbassia 


Un contexte budgétaire contraint. Également à l’ordre du jour de la séance du conseil Général, les orientations budgétaires de 2010. « Le contexte n’a jamais été aussi difficile », prévient Nassimah Dindar. La non compensation de l’État pour transfert de compétence de l’APA et du RMI ne cesse de s’étendre. Pour l’APA seul, 37 millions d’euros ne seront pas compensés par l’Etat en 2010. Avec le RMI, ce manque à gagner pour la collectivité atteint un total de 328 millions d’euros cumulés depuis 2002. « Les besoins sociaux augmentent mais les recettes baissent », commente la présidente. Malgré tout, elle promet de « relever le défi de faire encore, et le défi de faire mieux avec moins » car « la politique consiste à choisir un cap et à le suivre ». Elle confirme le soutient aux axes prioritaires en faveur de l’insertion, de la petite enfance, du logement, du développement durable... Vote du budget le 16 ou 17 décembre.


Parmi les motions, un soutien aux 15 professeurs des écoles de la liste complémentaire, pour le recrutement prioritaire local, dans un contexte du chômage des jeunes. Au lieu de privilégier le transfert de professeurs des écoles depuis la métropole


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