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Le crime organisé contre le développement de La Réunion

Affaire des visas : l’UMP contre les Réunionnais

Manuel Marchal / 6 juin 2011

Vendredi, Didier Robert, Jacqueline Farreyrol et l’UMP ont délibérément sacrifié les intérêts de La Réunion en faisant la promotion d’un système de visas qui fait dépendre l’ouverture de notre île d’un pays tiers. Cette stratégie est un véritable crime organisé contre le développement de La Réunion.

Dans la presse du 20 mai dernier, la ministre de l’Outre-mer a dévoilé la dernière trouvaille de l’UMP : obliger les Chinois, Indiens, Sud-Africains et Russes à passer par Maurice pour ensuite avoir la possibilité de se voir délivrer un visa directement aux aéroports de Gillot et de Pierrefonds.
Pour toutes les autres provenances, cette facilité est interdite. Elle n’est donc pas possible pour un Chinois qui vient de Bangkok avec Air Austral, ni pour un Sud-Africains qui veut découvrir notre volcan et pas les plages de Maurice.
Cette information a été confirmée quelques jours plus tard par un communiqué commun des services de l’État et de Jacqueline Farreyrol, présidente de l’Ile de La Réunion Tourisme et députée UMP.

Pourquoi un pays et pas les autres ?

Ce texte affirmait clairement que l’État allait expérimenter la délivrance de visas à Gillot pour des touristes des pays émergents, à la seule condition qu’ils arrivent de Maurice, dans le cadre d’un séjour combiné Maurice-La Réunion.
Puis ce texte s’est transformé en convention engageant la signature de l’État et de 11 agences de voyages, en présence de Didier Robert et Jacqueline Farreyrol, deux parlementaires UMP.
L’argument invoqué est de soutenir l’initiative “Ile Vanille”, destinée à « développer des tours à destination de l’ensemble des îles de l’océan Indien ». Ce slogan est une imposture, car il ne tient pas dès la première analyse : la délivrance de visas à l’aéroport est interdite pour les touristes venant des Seychelles et de Madagascar. Or, ces deux pays ont également des atouts à faire valoir. Donc, si un tour-operator veut construire une offre plage-montagne dans l’océan Indien, tout est pipé d’avance.

Manifestement, l’objectif est ailleurs, et il est évident de faire le rapprochement entre cette initiative rondement menée, la visite du deuxième personnage de la République populaire de Chine à la tête d’une délégation composée notamment de responsables de compagnies aériennes, l’ouverture de négociations pour l’ouverture d’une ligne entre La Réunion et la Chine à Pékin, et l’inauguration de la liaison régulière Maurice-Chine le mois prochain par une compagnie alliée à Air France.

Deux lignes s’opposent

Deux lignes se dessinent et s’opposent. La première est celle du développement en utilisant nos atouts, dont Air Austral fait partie. En réussissant l’ouverture d’une ligne vers la Chine, l’Australie et l’Afrique du Sud, Air Austral contribue à une plus grande ouverture de notre pays, et elle ouvre la porte de marchés émetteurs de touristes très prometteurs. Dans son rôle d’accompagnement, l’État devrait donc agir pour lever le dernier verrou à la réussite de cette ouverture en autorisant la délivrance de visas à l’aéroport pour les usagers d’une ligne directe entre ces pays et La Réunion. Mais ce n’est pas le choix du gouvernement UMP.
Il décide de faire surgir un élément nouveau qui déstabilise la démarche du développement. Il est en effet maintenant facile de dire : « puisque Maurice a une ligne directe vers la Chine et que les Chinois voyageant sur Air Mauritius peuvent ensuite se voir délivrer un visa à leur arrivée à La Réunion, pourquoi faire une ligne directe entre la Chine et La Réunion ? ».
Ce choix n’est guère étonnant lorsque l’on constate le bilan d’un an de politique UMP à la tête de la Région. C’est la ligne du sacrifice des intérêts réunionnais. C’est une stratégie criminelle contre le développement du pays. Tout a commencé par l’arrêt de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, ce qui montre que l’UMP refuse que les Réunionnais puissent être valorisés avec leur culture.
Il y eut ensuite l’arrêt des grands chantiers structurants, ce qui a jeté des milliers de travailleurs au chômage. La dynamique du développement était sérieusement entamée. Mais comme l’UMP n’a pas pu mettre la main sur Air Austral (1.000 emplois), il tente de l’affaiblir en utilisant ce subterfuge. Il se trouve qu’à La Réunion, il existe des personnes qui soutiennent ces attaques contre l’intérêt réunionnais : le démolisseur Didier Robert et l’aventurière Jacqueline Farreyrol en font partie.

M.M.


Seychelles-La Réunion : la double destination interdite ?

Les plages des îles seychelloises, et la beauté des paysages de La Réunion, avec dans les deux pays une population issue de trois continents : voici le combiné Seychelles-Réunion qui offre aux touristes un contenu sans nul autre pareil. Voilà un combiné qui sort de l’ordinaire, et qui ne peut que satisfaire les amateurs de double-destination qui semblent être nombreux en Asie, à en croire les promoteurs du concept des “Îles Vanille”.
Cette complémentarité entre nos îles est évidente, et elle doit favoriser le développement de nos industries touristiques.
Or, si un groupe de touristes asiatiques souhaite entreprendre ce type de voyage, il ne pourra pas entrer à La Réunion sans avoir obtenu préalablement un visa.
À côté de ce groupe, un autre arrive de Maurice sans visa, passe à la douane et en obtient un gratuitement.
Que penser de cette discrimination ? Veut-on dire à tous les touristes potentiels que Seychelles-La Réunion est une double-destination interdite ? Si l’UMP voulait discréditer La Réunion, s’y prendrait-il autrement ?


Un nouveau mensonge de Didier Robert

Après les 2.000 bus, les 12.000 touristes chinois à Maurice

Lors de la signature de la convention avec 11 agences de voyages, le président de la Région a affirmé que l’île sœur a accueilli 12.000 Chinois l’an dernier.
Il est certain que ce ne sont pas 12.000 touristes. Selon le Bureau des statistiques de Maurice, la Chine n’apparaît pas dans les 10 premiers marchés émetteurs. Le dixième, c’est la Belgique, avec un peu plus de 10.000 touristes l’an dernier, loin derrière la France (302.000) et La Réunion (115.000).
Donc Didier Robert a menti. Mais ce n’est pas la première fois, il suffit de se rappeler des fameux 2.000 bus qui ne seront jamais là.


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