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Le Dash 8 opérationnel à La Réunion

L’aboutissement d’un combat contre le pouvoir et ses soutiens

Témoignages.re / 13 octobre 2012

L’arrivée du Dash 8 et sa première intervention confirme les arguments utilisés dès le début par le PCR et la population pour demander la mise à disposition d’un tel outil de lutte contre les incendies. Quant aux experts qui l’an passé affirmaient que le Dash 8 était inutile, ils se cachent aujourd’hui… n’est-ce pas Didier Robert ?

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Hier Saint-Paul, le DASH 8 pied d’uvre. (photo Imaz Press Runion)

Le bombardier d’eau Dash8 est arrivé à La Réunion. Il a aussitôt été mis en action et il a déjà permis d’éviter que de grandes superficies soient la proie des flammes. S’il avait été l’an dernier en poste à La Réunion en période sèche, le drame des 3.000 hectares partis en fumée aurait pu être évité.

Si ce matériel de lutte contre les incendies est à La Réunion, c’est le résultat de la lutte. L’an passé, le PCR notamment avait multiplié les initiatives pour faire plier un pouvoir qui ne voulait pas que le bombardier d’eau soutienne la lutte des soldats du feu.

C’était pourtant la seconde année consécutive que la zone centrale du Parc national de La Réunion était ravagée. Si prompt pour dégainer des communiqués se félicitant de l’inclusion de La Réunion dans le Patrimoine mondial, Didier Robert combattait avec le même aplomb l’envoi à La Réunion du Dash 8. Quelques heures avant que le gouvernement ne finisse par céder face à la mobilisation, Didier Robert continuait à pérorer, surfant sur les communiqués ahurissants émis à l’époque par la Préfecture.
À l’heure où le Dash 8 continue de démontrer son efficacité, il est important de rappeler que si hier il a pu être décisif, c’est malgré Didier Robert, et grâce à la lutte de la population avec le PCR.

Tous les prétextes étaient bons pour refuser le Dash 8

Ce que disait la préfecture quand Didier Robert était à ses côtés

L’an dernier, les autorités ont menti aux Réunionnais. Les arguments les plus improbables les uns que les autres étaient utilisés pour justifier le refus de l’envoi du Dash 8. À ce moment là, Didier Robert paradait au côté du préfet en apportant son soutien d’élu expert à cette incroyable initiative… quelle est son explication ?

• 1er mensonge : le Dash 8 pas efficace avec de l’eau

En 2010, le Dash 8 avait éteint l’incendie avec de l’eau. Un an plus tard, la Préfecture affirmait que le même avion avait une efficacité limitée :

« Le Dash est un avion bombardier d’eau lourd. Son action consiste à larguer des barrières de 10 tonnes de produit retardant (produit permettant de multiplier par 10 le pouvoir d’extinction de l’eau et qui évite la reprise du feu). Ce produit retardant est chargé dans des aéroports disposant d’infrastructures adaptées (les pélicandrômes). La Réunion ne dispose pas de pélicandrômes avec retardant. Le Dash 8 ne pourrait que ravitailler et larguer de l’eau. Son utilité serait limitée. C’est d’ailleurs le bilan dressé après son emploi au Maïdo en 2010 ».

• 2e mensonge : le Maïdo trop haut pour le Dash 8

Les feux de 2010 et de 2011 avaient un point commun, ils étaient aux environs de 2.000 mètres d’altitude. En 2010, le Dash 8 avait combattu les flammes qui couraient le long du rempart de Mafate, sur la crète du Maïdo. L’année suivante, le Dash 8 était devenu brutalement inefficace dans ce domaine.

« Le bilan dressé après l’emploi du Dash au Maïdo en 2010 a fait apparaître les limites de son emploi :
 appareil peu maniable compte tenu de son gabarit, le Dash 8 ne peut pas procéder à des largages de précision dans des zones montagneuses accidentées, contrairement aux hélicoptères,
 en raison de l’altitude à laquelle les feux sont situés (entre 1.800 et 2.500 mètres), la capacité d’emport du Dash est limitée à 7m3 par rotation,
 la couverture nuageuse qui s’installe quotidiennement ou presque sur les Hauts limite considérablement l’emploi de l’appareil qui en 2010 est plusieurs fois resté cloué au sol dès le milieu de la matinée,
 l’an dernier en 8 jours, le Dash a été employé pour lutter contre le feu pendant 28h soit 3h30 par jour. À raison de 2 rotations par heure et de 7m3 d’eau largués à chaque rotation, il larguait en moyenne 50m3 chaque jour ».
Didier Robert, quelle est votre explication ?

“Témoignages” donne ici la possibilité au président de Région de s’exprimer : pourquoi a-t-il combattu l’emploi du Dash 8 à La Réunion ?


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