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"Le déni de la liberté d’opinion s’exerce de manière sélective au sein du Conseil municipal de Saint-Paul"

Communiqué que Jean-Yves Langenier

Témoignages.re / 20 juin 2012

Depuis sa décision de se présenter contre le candidat du PCR aux législatives dans la 2ème circonscription, la maire de Saint-Paul ne cesse de se poser en victime des décisions du parti qu’elle a choisi de quitter. Mais peu à peu, le masque tombe. Elle a décidé de retirer toutes ses délégations à Marie-Rose Gras, présidente du Comité de soutien de Jean-Yves Langenier. Dans un communiqué, le maire du Port dénonce cette atteinte à la liberté d’opinion. Voici ce communiqué, avec des inter-titres de "Témoignages".

« La décision de la députée-maire de Saint-Paul de retirer ses délégations à sa douzième adjointe, Marie-Rose Gras, pour la « punir » de s’être engagée à mes côtés en présidant mon comité de soutien lors de ces élections législatives mérite d’être analysée au regard d’autres situations similaires.
Deux des adjoints de la municipalité portoise ont choisi, sans aucune ambiguïté, de faire campagne pour la maire de Saint-Paul. L’un est devenu — pas moins que ça ! — suppléant d’Huguette Bello. L’annonce officielle en a été faite en date du 21 février. L’autre a mené une campagne active sur le terrain.

Face à cette situation de dissidence affichée, j’ai estimé que la liberté d’opinion de ces deux adjoints ne devait être entravée en aucune manière et ne souffrir d’aucune mesure de rétorsion. Au nom de cette valeur inaliénable, la liberté d’opinion, j’ai estimé qu’il revenait donc à ces deux adjoints d’assumer pleinement et personnellement la portée de leurs actes et de prendre les initiatives que l’honneur leur dictait au regard de la rupture qu’ils avaient eux-mêmes provoquée.
Je constate que — par calcul ? — ils n’ont pas pris la décision de renoncer à leurs prérogatives municipales comme l’aurait pourtant exigé la situation engendrée par leur choix. Cette décision relevait pourtant de leur totale responsabilité. Elle était la conséquence logique et implacable de leur nouveau positionnement politique avec Huguette Bello et ils ont eu amplement le temps, en quatre mois, de prendre les dispositions qui s’imposaient.

Au Port, la liberté d’opinion

Je constate que, contrairement à l’exemple de Pierre Thiébaut, élu de Saint-Paul qui a clairement mis ses actes en conformité avec son choix en rendant ses délégations, les deux adjoints dissidents du Port n’ont à aucun moment assumé leurs propres contradictions, ni les conséquences qui en découlaient. Ils ont refusé d’aller jusqu’au bout de leur logique, malgré l’incompatibilité morale que leur décision a engendrée.
Je constate que cette situation de statu quo qui perdure par-delà la campagne électorale et les élections a, semble-t-il, obtenu l’approbation de la maire de Saint-Paul qui n’a, à aucun moment, manifesté une quelconque émotion au regard des incohérences politiques et de la confusion que cette posture n’a pas manqué de susciter.

À Saint-Paul, la manière forte

Je constate que Mme Bello n’hésite pas à utiliser contre Marie-Rose Gras les méthodes qu’elle a dénoncées par ailleurs à plusieurs reprises, agissant avec la plus grande diligence, sans même laisser à l’intéressée le temps de prendre ses dispositions. Le soutien de Marie-Rose Gras à ma candidature a été officialisé le lundi 4 juin. A peine 10 jours plus tard, elle se voit remettre par des policiers municipaux à son domicile le document officiel lui retirant ses délégations.
Je constate que la manière forte a ainsi été employée alors que Marie-Rose Gras, représentant la société civile au sein de la coalition municipale de Saint-Paul, n’a pas agi autrement que d’autres élus saint-paulois qui ont pourtant été candidats pour d’autres partis politiques sans pour autant essuyer les foudres de la première magistrate : ils n’ont pas été privés de leurs délégations.

Un traitement différencié

Je constate que la députée-maire de Saint-Paul agit donc envers les élus de son Conseil municipal de manière plus qu’inique, leur réservant un traitement différencié qui dénote un acharnement envers ceux qui ont osé marquer leur soutien d’une manière ou d’une autre au Parti communiste réunionnais tandis que ceux qui s’engagent pour d’autres formations politiques ne subissent absolument aucun préjudice.
En voici des exemples :

- Jean-Marie Lasson, 5ème adjoint d’Huguette Bello, candidat du Parti socialiste dans la 7ème circonscription face notamment au 1er adjoint d’Huguette Bello,

- Laurence Lougnon, 6ème adjointe d’Huguette Bello, candidate du Parti socialiste dans la 2ème circonscription, face à Huguette Bello elle-même,

- Jean Erpeldinger, 7ème adjoint d’Huguette Bello, candidat suppléant de Danon Lutchmée Odayen (Europe Ecologie les Verts) dans la 7ème circonscription.

Je déplore que la députée-maire s’apprête à franchir un nouveau pas dans sa volonté de représailles et de sanctions envers Marie-Rose Gras et Pierre Thiébaut. Effectivement, pas moins de quatre points sont inscrits à l’ordre du jour du prochain Conseil municipal saint-paulois pour écarter totalement les deux élus. Ainsi, la députée-maire demande à son Conseil municipal de ne pas maintenir Marie-Rose Gras dans ses fonctions de 12ème adjointe, ni dans celles de déléguée communautaire au TCO. Par ailleurs, Marie-Rose Gras et Pierre Thiébaut se verront retirer toutes les représentations dans des organismes extérieurs.
Je constate, pour finir, que des valeurs aussi fondamentales que la liberté d’opinion et le respect sont encore bien mal partagées ».


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