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Le dérapage du déficit de la France fait craindre le pire pour La Réunion

Dans 8 jours, le rassemblement du PCR

Manuel Marchal / 18 janvier 2014

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Sur ce chantier, l’Europe finance 60% de l’investissement. Cela donne une idée de la contribution de l’Europe à la création d’emplois à La Réunion. (photo Toniox)

13 milliards de déficit de plus que prévu dans la loi de Finances 2013, et cela malgré le plan d’austérité. L’an prochain, le gouvernement devra donc aller au-delà des économies annoncées s’il veut tenir son engagement auprès de l’Union européenne pour 2015. S’il ne le respecte pas, alors ce sont les Fonds structurels versés à La Réunion qui pourront être menacés. A 8 jours du rassemblement du PCR, c’est une nouvelle annonce de l’aggravation de la situation, et donc cela confirme la nécessité de se mobiliser.

Au soir de la conférence de presse annonçant le grand rassemblement du 26 janvier, les chiffres du déficit public de la France ont été publiés dans un communiqué de presse signé par les ministres de l’Economie et du Budget. Il est plus grave que prévu, à près de 75 milliards alors que la prévision était de 72,1 milliard d’euros selon le dernier budget rectifié et 61,5 milliards selon le budget 2013 voté par les députés à la fin de l’année 2012. Voici l’explication du gouvernement : « Ce résultat est la conséquence, malgré la stricte maîtrise de la dépense de l’Etat, de rentrées fiscales moindres qu’escompté, principalement du fait d’une conjoncture défavorable depuis la mi-2011. ».

Ces baisses de recettes sont le fait des entreprises (-2,5 milliards) et des contribuables payant l’impôt sur le revenu (-1,8 milliard). Ce sont les recettes de la TVA qui ont permis de limiter la casse, avec une recette supérieure de 600 millions d’euros à la prévision du budget rectifié en cours d’année.

Où trouver encore 2,7 milliards ?

Ce déficit plus important que prévu aura une première conséquence : le budget 2014 est déjà faussé de 2,7 milliards d’euros. Ce trou supplémentaire devra être comblé car le gouvernement français est au pied du mur. La Commission européenne a donné 2015 comme délai ultime pour réduire le déficit public annuel en dessous de la barre de 3% du PIB, le volume en euro de la richesse créée. Comme la France a une croissance économique faible ou nulle selon les trimestres, son PIB est stable. Ce pays doit donc réduire sa dette.

Le budget 2014 prévoit de diminuer de 15 milliards les dépenses publiques, 9 milliards étant prélevées sur l’Etat et les collectivités, 6 milliards sur la Sécurité sociale.
Les collectivités auront à connaître une baisse de 1,5 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement, dont 840 millions à la charge des communes.
Ces mesures visent à limiter le déficit à 70,2 milliards d’euros, à condition que la croissance puisse être de 0,9% afin d’apporter des recettes suffisantes à l’Etat.

Mais la tâche se complique déjà, avec le manque à gagner de 2,7 milliards par rapport au budget rectificatif adopté en cours d’année dernière. Sachant que la ligne du gouvernement est celle de l’austérité, il voudra sans doute l’amplifier encore au cours de l’année 2014. Ce ne sera pas sans conséquence sur La Réunion, les député élus dans notre île défendront-ils les intérêts des Réunionnais en s’opposant à cette politique ?

Suspension des fonds européens à La Réunion ?

À plus long terme, c’est une menace encore plus grave qui plane.
La France s’est engagée à ramener son déficit sous la barre des 3% en 2015. Si cela n’est pas respecté, ce pays sera en infraction, avec à la clé une sanction visant directement les Réunionnais.

En effet, si un Etat de l’Union européenne ne respecte pas son engagement à limiter son déficit public, les fonds structurels européens seront suspendus. Ainsi, ce sont les régions qui sont les premières victimes d’un dérapage budgétaire.
La Réunion a un niveau de développement inférieur à 75% de la moyenne des régions de l’Union européenne. C’est pourquoi il est prévu que l’Europe soutienne des investissements pour 2 milliards d’euros entre 2014 et 2020. Le maintien de cette enveloppe a pu être obtenu grâce notamment au travail du député au Parlement européen de l’Alliance des Outre-mer, Younous Omarjee.

Mais si le gouvernement français n’arrive pas à présenter à l’Europe un déficit public en dessous de 3%, alors le versement de cette enveloppe de 2 milliards pourrait bien être gelée. Ce serait un coup dur pour toute La Réunion, car les fonds européens interviennent dans de nombreux domaines.

Après une année 2013 marquée par la suppression du RSTA et la remise en cause de la prime COSPAR, c’est face à cette aggravation de la situation que le PCR appelle les Réunionnais à s’unir et à s’organiser. Un rassemblement aura lieu dans 8 jours, le 26 janvier à Saint-Louis.

 M.M. 


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