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Le développement durable pour réapproprier notre Histoire réunionnaise

Plantations de 550.000 arbres autour de la Route des Tamarins

Manuel Marchal / 15 avril 2010

Les travaux de plantation d’arbres battent leur plein au niveau du début de la Route des Tamarins à Saint-Paul. 14 mois après le lancement du chantier de replantation de l’Ouest par Paul Vergès, l’objectif de 550.000 arbres est en ligne de mire.

Le 9 janvier 2009, une cérémonie a lieu près d’un des nombreux d’ouvrages d’art de la Route des Tamarins alors en chantier. À côté de la ravine de la Saline, Paul Vergès donne le coup d’envoi de l’opération de reboisement de l’Ouest du pays. Avec à ses côtés deux jeunes Réunionnais, il plante un pied de tamarin.
À cette occasion, Paul Vergès avait rappelé que la Route des Tamarins allait être la route la plus boisée et donc la plus ombragée de la République. Au total, environ 550.000 arbres doivent être plantés, soit au moins l’équivalent de tout ce qui a été planté au Port depuis 1971.
La Route des Tamarins est ainsi le point de départ d’une action de restauration de l’environnement sans précédent dans notre pays. Cette opération a plusieurs objectifs : réparer les dégâts de la colonisation, mieux connaître notre Histoire en montrant que nous pouvons agir, et apporter une contribution réunionnaise à la lutte mondiale pour l’atténuation des effets du changement climatique.
Il s’agit en effet de réparer les dégâts infligés à la flore de l’Ouest au cours des trois siècles du peuplement de La Réunion, sous le régime colonial mis à part les 65 dernières années. Le but décrit le 9 janvier 2009 par Paul Vergès est de redonner à l’Ouest le couvert végétal vu par les premiers navigateurs qui ont abordé notre île au début de l’histoire de son peuplement.

Reconstruire et améliorer

Cette opération est aussi le point de départ d’une réappropriation de leur Histoire par les Réunionnais. Ainsi, depuis que le premier pied de tamarin a été planté par Paul Vergès, des milliers de jeunes sont venus aussi planter leur pied de bois. C’est aussi par une plantation de 50 arbres au bord de la Route des Tamarins qu’a débuté en janvier 2009 le cinquantenaire du Parti communiste réunionnais. Les espèces choisies sont celles qui peuplaient traditionnellement notre île. Elles sont celles que connaissaient nos ancêtres, et grâce à cette action lancée en 2009, ces espèces seront également connues par nos descendants.
Ainsi, ce que l’exploitation coloniale a détruit, des Réunionnais sont capables de le reconstruire et de l’améliorer en vue de le transmettre aux générations futures.
Enfin, lancer la reforestation de l’Ouest de l’île, c’est apporter une contribution réunionnaise à la lutte mondiale pour l’atténuation des effets du changement climatique. Car tout au long de leur vie de plusieurs siècles, les arbres plantés par les Réunionnais absorberont du gaz carbonique. Ils auront donc la fonction de stocker ce gaz qui contribue de manière significative à l’effet de serre à l’origine du dérèglement climatique.
Planter un arbre devient donc plus que jamais un geste responsable. À La Réunion, ce geste a été initié voici bientôt 40 ans à l’initiative de celui qui a planté le premier tamarin qui lance le reboisement de l’Ouest.

Manuel Marchal


500.000 arbres au Port

Une des premières actions lancées en 1971 au Port a été de construire une pépinière municipale. Cet outil est indispensable à la transformation de l’aride plaine des Galets en une forêt.
Sous l’impulsion de Paul Vergès, des centaines de milliers d’arbres sont ainsi plantés et changent la vie de dizaines de milliers de Réunionnais. Quatre ans après les premières décisions, ces orientations vont se retrouver dans le "Plan immédiat de survie". Dès 1975, des Réunionnais ont montré que l’environnement était un des leviers du développement d’un pays.
C’est à partir de ces événements fondateurs que s’est déclinée tout le programme mis en œuvre d’abord à l’échelon local, puis régional à partir de 1998. Citée en exemple et même intégrée par Paris dans le Grenelle de l’Environnement, cette politique ne cesse d’être récompensée. Le prix obtenu mardi par la Ville du Port en est une nouvelle illustration.


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