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Le directeur du Fonds monétaire international jeté en prison devant les caméras du monde entier

Après avoir été exhibé, menottes aux poignets

Céline Tabou . Manuel Marchal / 17 mai 2011

Hier après-midi, Dominique Strauss Kahn a plaidé devant une juge à New York. Cette dernière a décidé de maintenir le directeur général du FMI en détention, sur la base d’un risque de fuite de ce dernier. Tous les événements marquants de cette journée ont eu lieu devant les caméras du monde. Cette décision d’humilier le directeur du FMI a une première conséquence : tous les directeurs des institutions financières internationales vont être maintenant des citoyens des États-Unis. Mais cette prise de pouvoir s’est passée beaucoup plus discrètement, sans caméra.

Hier matin, une image fait le tour du monde. Il est décidé de montrer Dominique Strauss Kahn menotté à la presse. C’est donc les menottes aux poignets, et encadré par plusieurs policiers que le directeur du Fonds monétaire international apparaît devant les caméras du monde. Aussitôt, cette image fait le tour de la planète et donne une idée du contexte dans lequel va se dérouler la comparution de Dominique Strauss Kahn, accusé d’agression sexuelle, séquestration et tentative de viol.
Quelques heures plus tard, toujours devant toutes les caméras de télévision, le directeur du FMI comparait au tribunal. Le magistrat choisi par les autorités est une femme. Elle prononcera le maintien en détention de Dominique Strauss Kahn et cela au moins jusqu’au 20 mai, date d’une prochaine comparution. Les accusations pourraient valoir des dizaines d’années de prison au directeur du FMI.
Le prétexte invoqué par la juge est le risque de fuite de l’accusé. Elle estime que sa présence dans un avion d’Air France témoignait de sa volonté de fuir.

Nouvelles versions de l’accusation

La défense avait présenté plusieurs arguments. Le premier est un alibi. À l’heure annoncée de l’agression, 13 heures, Dominique Strauss Kahn n’était pas à l’hôtel où s’est déroulé l’agression. Son départ a été enregistré à 12h30, et il est parti sans précipitation selon une Française, témoin de la scène qui préfère garder l’anonymat. Qu’à cela ne tienne, la police affirme désormais que les faits se sont déroulés une heure plus tôt qu’annoncé au début.
L’autre fait est la révélation dès l’arrestation de DSK de l’oubli de son téléphone mobile dans sa chambre d’hôtel, ce qui signifie un départ précipité. Quelques heures plus tard, nouvelle version, Dominique Strauss-Kahn sur le chemin de l’aéroport a téléphoné à l’hôtel pour savoir s’il avait oublié son téléphone. Il a alors indiqué son itinéraire. C’est en utilisant ces informations que la police a arrêté le directeur du FMI dans l’avion. La défense estime que cette attitude n’est pas celle d’un fuyard. Mais la juge américaine a estimé le contraire.

Un Américain à la tête du FMI

Cette décision a d’importantes conséquences. Elle propulsera à la tête du FMI un compatriote de Barack Obama. Désormais, toutes les institutions financières internationales vont être dirigées par un ressortissant des États-Unis. C’est du jamais vu, cela se produit en pleine crise internationale, et au moment où la Banque centrale des USA imprime 600 milliards de dollars pour inonder le monde.
L’autre conséquence, c’est que plus personne ne peut nier que l’objectif est d’humilier le directeur général du FMI. Or, briser Dominique Strauss Kahn, c’est attaquer frontalement la ligne alternative au dollar-roi.

Manuel Marchal


À qui profite l’image de DSK menotté ?

Menotté, Dominique Strauss-Kahn a été sorti du commissariat de Harlem encadré par des policiers, sous les flashes des photographes, devant les caméras du monde entier. Une image jugée « choc » par les médias européens. En effet, c’est la première fois qu’un dirigeant d’une institution internationale, le directeur du Fond Monétaire Internationale, est menotté et emmené sans ménagement en dehors d’un commissariat. Cette décision de la police pose des questions sur les réelles intentions des autorités new-yorkaises vis-à-vis de DSK, qui ne se serait pas enfui.
Détruire l’image de l’homme le plus puissant après le président américain Barack Obama. Michelle Sabban, vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, s’est dite dimanche 15 mai, « convaincue d’un complot international. C’est le FMI qu’on a voulu décapiter et pas tant le candidat au primaire socialiste. C’est l’homme le plus puissant après Obama ». Cette dernière affirme qu’il s’agit d’une « nouvelle forme d’attentat politique ». « Il était attendu en Tunisie à la fin du mois, où il devait faire des propositions pour que la révolution soit effective. D’autres pays, la Grèce, l’attendaient avec espoir », a-t-elle déclaré sur public-sénat. Michelle Sabban a indiqué que cette arrestation était pour « bloquer le FMI. On est dans la finance internationale... ».

C.T.



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Messages






  • dominique stauss-khan représentait un double inconvénient pour les américains.
    patron du fmi défendant un euro fort et une europe forte, un cauchemard pour eux.
    favori de la présidentielle de 2012 , une menace potentielle pour les usa , si on le compare à sarkozy , docile collaborateur de la guerre en afghanistan , du retour dans l’otan et de l’attaque de la libye.
    sa mise hors-course de fait , si il peut vraissemblablement se l’imputer à lui-même en premier lieu , au minimum par amateurisme , légèreté et inconscience , ou peut-être pire , seule l’enquête le dira , est une aubaine pour les américains qui ne manqueront pas de l’exploiter au mieux. un très mauvais coup pour la france , l’europe et l’euro.
    la nomination historique d’un français à ce poste finit en eau de boudin.
    c’est lamentable !

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