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Le gouvernement doit être parfaitement informé et renoncer à ce projet aberrant

L’Alliance et le projet de route en mer à 6 voies de Didier Robert

Céline Tabou / 20 septembre 2012

À l’occasion d’une conférence de presse, mardi 18 septembre, les élus de L’Alliance, Paul Vergès, Catherine Gaud, Maya Césari, Béatrice Leperlier et Aline Murin Hoarau, ont évoqué « la relance du débat sur le plan politique » de la nouvelle route du littoral, avec notamment la réponse à la question programmée au Sénat le 25 septembre, par Aline Archimbaud.

Les élus de L’Alliance ont salué la question de la sénatrice Aline Archimbaud qui « apparaît très salutaire et pertinente ». Le 25 septembre, le gouvernement devra donner son opinion sur le projet de nouvelle route du littoral de Didier Robert, « projet dont le gouvernement doit voir toutes les insuffisances, les aléas et les incohérences », a indiqué Catherine Gaud.

Des incohérences portées sur le plan politique

L’Alliance a indiqué que le projet de nouvelle route ne tenait pas « techniquement et financièrement », mais il est porté politiquement « par ceux qui se sont opposés au tram-train ». Catherine Gaud a évoqué la conférence de presse de Michel Vergoz, qui est venu « voler au secours de Didier Robert et son projet aberrant de la nouvelle route du littoral de 6 voies en mer ». Pour les élus, ce dernier a « levé toute ambiguïté sur la dimension politique de ce projet qui fait partie de l’accord qu’il a passé avec Didier Robert lors de l’élection du président de la Région ».
Rappelant les prises de position de l’élu socialiste lors de la précédente mandature, notamment sur la route des Tamarins, L’Alliance a dénoncé les tentatives de ce dernier « de travestir la réalité en faisant croire que le projet actuel d’une nouvelle route du littoral de 6 voies en mer avait été approuvé à la Région par tous les groupes ». « Cela est faux : L’Alliance a voté contre le projet présenté par Didier Robert » se sont insurgé les élus présents. Catherine Gaud a rappelé que Didier Robert a « démantelé le protocole de Matignon, qui prévoyait le financement du tram pour tout mettre sur la route du littoral ».
Parmi les éléments fournis par L’Alliance, en comparaison avec la route des Tamarins, ces derniers ont expliqué que Michel Vergoz a évoqué « l’hypothèse d’un doublement du coût de la nouvelle route du littoral ! Qui va payer ? Involontairement, il fait la démonstration de l’impasse financière du projet ». D’autant plus que « le projet de nouvelle route du Littoral, c’est avant même l’achèvement des procédures et de toutes les études, 1,6 milliard pour 12 km tandis que le Tram-train, c’était 1,5 milliard pour 40 kilomètres », a expliqué Catherine Gaud.

De la responsabilité de l’État

Au cours de la conférence de presse, les élus ont indiqué que le projet à quatre voies qui avait été arrêté par l’État à l’époque relevait de sa compétence, tandis que la Région avait à sa charge la décision pour le réseau ferré : tramway. À ce moment, le Protocole de Matignon, dans sa version initiale, devait porter les deux projets : le Tram présenté par la Région, et la route du Littoral à quatre voies, « tel qu’arrêté par l’État ». Paul Vergès, alors président de la Région, avait interpellé le gouvernement sur la route du littoral à 4 voies en mer et sa dangerosité, et lui avait donc demandé « d’assumer sa décision », a expliqué Catherine Gaud.
Face à cet historique de la route du littoral, les élus de L’Alliance ont indiqué que « lorsque Didier Robert fait évoluer ce projet en 6 voies, augmentant son envergure de 50%, il aggrave le problème et on aboutit à une aberration. Que ce soit clair pour Michel Vergoz comme pour toute l’opinion : il n’y a pas et il n’y a jamais eu de consensus pour ce projet de 6 voies en mer », a affirmé Catherine Gaud.

« Le gouvernement ne doit pas être induit en erreur »

La conseillère régionale a précisé que « la décision de Cour d’appel de Bordeaux sur le Tram » est intervenue après l’élection régionale de mars. Pour L’Alliance, il s’agit d’un financement qui n’avait alors pu être bouclé du fait de l’absence de dotation ferroviaire de l’État et de « l’inertie du nouveau président de Région sur ce projet pour lequel il avait un délai quelques mois pour boucler le financement ». Face à ce contexte, les élus de l’opposition ont tenu à rendre compte à l’opinion publique de l’historique de ce dossier et des incohérences techniques et financières. « Le gouvernement ne doit pas être induit en erreur même si la question de Madame Archambaud crée la panique dans les rangs de ceux qui veulent coûte que coûte réaliser la nouvelle route du Littoral », a indiqué Catherine Gaud.
L’élue a été rejointe par ses homologues pour dénoncer : « Didier Robert comme Michel Vergoz n’ignorent pas les aléas de cette opération aventureuse de la nouvelle route du littoral : mais ils sont prêts à jouer avec l’avenir de La Réunion pour réaliser leur promesse électorale ». Paul Vergès, Maya Césari, Catherine Gaud, Béatrice Leperlier et Aline Murin Hoarau ont indiqué que le gouvernement devait être « parfaitement informé de ces enjeux et, garant de l’intérêt général, il doit faire le choix de préserver les intérêts de La Réunion en renonçant à ce projet aberrant et dangereux ».

Céline Tabou


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