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Le groupe PCR-Alliance dénonce l’utilisation de l’argent public pour financer les monopoles

Conseil général

Témoignages.re / 29 février 2012

Dans un communiqué, le groupe PCR-Alliance du Conseil général constate que la présidente de la collectivité a décidé d’aller à l’encontre de l’expression de 2 des 3 groupes de la majorité en prenant l’argent public pour financer des mesures concernant uniquement le secteur privé ou l’État. Pour les élus du groupe PCR-Alliance, les Réunionnais n’ont pas à payer plus que les autres concitoyens de France et d’Outre-mer.

Malgré l’expression de 2 des 3 groupes de la majorité lors de la réunion du groupe majoritaire de vendredi dernier, le groupe PCR-Alliance prend acte que la présidente du Conseil général a fait le choix de maintenir sa position sans tenir compte des propositions et réserves formulées par des composantes de sa majorité sur la question de l’engagement du Conseil général à financer des mesures qui concernent uniquement le secteur privé, ou régies par l’État.

Intervenir avec l’argent public localement (donc les contribuables réunionnais) sur des dispositifs de soutien à la baisse des prix des produits de 1ère nécessité, à l’application plus large d’un tarif social pour l’électricité ou en intervenant sur le prix du gaz ou du carburant, revient tout simplement à financer ces monopoles qui sont les seuls à pouvoir agir efficacement sur les prix en jouant sur leurs marges.
De surcroit, c’est un précédent inédit, puisque jamais dans le règlement de tel conflit, les collectivités locales n’ont eu à ce point à se substituer à l’État ou au secteur privé. Il suffit de comparer avec ce qui s’est encore récemment passé à Mayotte où l’État s’est directement impliqué aux côtés des acteurs privés et syndicats pour apporter des réponses à la question de la vie chère sans que le Conseil général n’ait eu à intervenir pour faire baisser les prix.

Le risque financier est donc important pour la collectivité qui s’engage sur un champ qui ne relève pas de sa compétence. La collectivité s’affaiblit donc au plan financier, ce qui rendra encore plus difficile l’exercice de ses propres compétences, en particulier dans le domaine social où la pauvreté montante alourdit chaque jour davantage les charges à assumer par le Conseil général. Ceci au moment, nous l’avons déjà rappelé, où des actes de décentralisation de l’État ne sont pas compensés à l’euro près (déficit de compensation actualisé à plus de 500 millions d’euros).

Le seul exemple du tarif social de l’électricité est flagrant : les prix de l’électricité sont fixés par l’État par arrêté ministériel, c’est EDF qui assume aussi la péréquation tarifaire, et enfin, c’est encore EDF qui assume le tarif de première nécessité par décret ou arrêté pour les publics aujourd’hui éligibles à la CMU. Le Conseil général prend donc une responsabilité financière nouvelle que l’État et EDF devaient pourtant assumer. En finançant cette mesure sur les crédits réservés à l’amélioration de l’habitat, cela correspond à renoncer pour part à un engagement fort pris en début de mandat envers la population qui en bénéficie.

Pour conclure, le groupe PCR-Alliance maintient l’orientation selon laquelle l’État doit assumer ses responsabilités en relation avec les acteurs concernés, que ce soit la grande distribution, les pétroliers ou encore EDF. Le Conseil général doit se positionner aux côtés des familles réunionnaises qui revendiquent une baisse des prix afin d’obtenir de vraies avancées auprès de ceux qui sont en position de décider des variations significatives de prix. Les Réunionnais n’ont pas à payer plus que les autres concitoyens de France et d’Outre-mer. Les fonds publics du Conseil général doivent être préservés pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin et qui font appel de façon croissante aux dispositifs sociaux (aide sociale, habitat...) de la collectivité.



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  • Il nous faut rester lucides. Poser les vrais problèmes, en discuter, entendre l’urgence sociale et proposer que chacun à son poste de responsabilité et de compétence fasse le nécessaire et des propositions.

    Mais être responsable ne signifie pas ignorer les 390M€ de dette de l’état au Conseil général, oublier les marges de ceux qui détiennent les monopoles !

    Que chacun assume ses responsabilités sans tenter de faire de la récupération politique sur un sujet brulant et sur le dos en réalité des contribuables. Parce que payer à la place de l’état, des prétroliers et de ceux qui maintiennent par monopole les prix élevés, c’est faire payer le citoyen en lui privant de services publiques ou en affaiblissant les collectivités qui sont à leur côté quotidiennement !

    Attention aux postures démagogiques et électoralistes !

    Eric FRUTEAU

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