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Le groupe PCR-Alliance refuse que le Conseil général aide les monopoles plutôt que la population

Lutte contre la vie chère

Témoignages.re / 8 mars 2012

250 produits moins chers, la transparence sur les prix garantie par l’État, la diversification de l’approvisionnement : toutes ces propositions inscrites dans la motion présentée hier matin par le groupe PCR-Alliance n’ont pas été prises en compte dans la délibération votée hier par la Commission permanente du Conseil général. Le Département va donc engager des fonds publics pour subventionner la baisse de 33 des 60 produits présentés le 28 février dernier, au lieu de soutenir des mesures pour une baisse durable et significative des prix. En conséquence, le groupe PCR-Alliance n’a pas pris part au vote. Voici le texte du communiqué diffusé hier à la presse par le groupe.

Les élus du groupe regrettent que les propositions faites à travers la motion déposée [hier] matin (voir en page 3-NDLR) pour améliorer le pouvoir d’achat des Réunionnais aient été ignorées lors des débats intervenus en commission permanente, la Présidente n’ayant même pas mis aux voix ce texte.
Compte tenu du risque en matière de légalité (concurrence déloyale) et du caractère injuste (nombre de produits ciblés trop restreint) de la mesure présentée, nous regrettons que l’aide de la collectivité soit attribuée de façon discriminatoire à certains groupements de professionnels, au bénéfice des monopoles et de la grande distribution, orientant ainsi le choix des consommateurs vers certains produits.

Cette aide viendra donc en lieu et place, d’une aide directe à la population ciblée sur les plus nécessiteux (jusqu’à 1.4 SMIC) comme nous l’avons proposé dans le cadre de l’enveloppe allouée, permettant au bénéficiaire de se tourner vers le produit pays de son choix (producteurs, supermarchés, commerces de proximité, marchés forains...). Cette aide venant en plus de l’effort de baisse réalisé par les fournisseurs et distributeurs.
Une suspension de séance a été acceptée pour la formulation d’amendements à la suite de laquelle l’ensemble des propositions émises par les groupes n’a pu aboutir compte tenu de la mise au vote du rapport initialement proposé par la Présidente. Cette mise en scène ne cache pas pour autant l’absence de concertation et la volonté d’un passage en force.
Le groupe prend également acte de la non-prise en considération des propositions visant à engager immédiatement un travail de fond pour permettre une baisse des prix durable. La question demeure entière sur ce qui se passera à la fin du dispositif au 31 décembre 2012.

Comme stipulé dans la motion portée par notre groupe, nous avons proposé qu’en application des dispositions législatives existantes, que le Gouvernement soit saisi pour qu’un projet de décret en Conseil d’État soit préparé afin de fixer les prix des produits de 1ere nécessité sur une base à minima correspondant à celle du Cospar (250 produits) au lieu des 60 produits qui ne concernent que partiellement le panier des plus pauvres.
L’autre proposition visait à étudier la diversification des sources d’approvisionnement des produits manufacturés traditionnellement importés pour abaisser les coûts d’approche. Aucune prise en considération non plus de la demande à faire à l’État d’assurer traçabilité, transparence et surveillance des prix.
Enfin, nous prenons acte que la posture choisie par la collectivité exonère l’État de tout effort, contrairement aux précédents des Antilles en 2009 et de Mayotte récemment.

En conclusion, nous constatons que la délibération prise ce jour ne répond pas à la demande sociale légitime d’une plus grande justice en matière de prix dans un contexte où nous avons à La Réunion plus de la moitié de la population vivant sous le seuil de pauvreté d’un côté et de l’autre des consommateurs pénalisés par des prix élevés souvent supérieurs de 50% à ceux pratiqués en métropole. Cette aide revient à aider les monopoles au sacrifice d’une aide directe à la population qui n’a qu’un choix imposé sur des produits ciblés par les monopoles en liaison avec la grande distribution. Compte tenu du caractère limité et précaire des mesures arrêtées, le problème de la vie chère pour les plus défavorisés reste entier.


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