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« Le ministre doit prendre ses responsabilités »

L’UNEF et la visite de Luc Chatel à La Réunion

Témoignages.re / 20 novembre 2009

À la veille de la visite du ministre de l’Éducation dans notre île, l’UNEF-Réunion fait part de sa position dans un communiqué diffusé hier sous la signature de son président Gilles Leperlier

« Dans le cadre de venue du Ministre de l’Education nationale Luc Châtel ce vendredi 20 novembre, l’UNEF Réunion a demandé une audience afin de pourvoir échanger des problématiques spécifiques à La Réunion dans le monde de l’éducation. Pour le moment, nous avons obtenu un accord d’audience, mais rien en détail, mais nous savons une fois de plus que nous aurons droit à une rencontre avec un de ces collaborateurs et non avec le ministre lui-même. Le domaine de l’éducation concerne toutes les générations de la population, et après les annonces du Président de la République suite au Conseil interministériel de l’Outre-mer, la venue du ministre à La Réunion doit être l’occasion de concrétiser certaines avancées et surtout répondre à l’urgence sociale. Ce dernier, vu l’injustice qui règne dans le monde de l’Éducation nationale à La Réunion, ne peut se contenter d’une unique présentation de la réforme des lycées.

Le 6 novembre dernier, Nicolas Sarkozy a ouvert la voie de la responsabilité aux jeunes formés à La Réunion, en priorisant les Ultramarins pour les concours de catégories B et C et n’a pas hésité de parler de « caricatures » en vue de la situation dans certains services publics de notre île.
Dans un dernier rapport, le sénateur Eric Doligé nous faisait part « que l’Éducation nationale procède à environ 1.000 embauches par an à La Réunion : mais 900 des 1.000 candidats retenus viennent de métropole, alors que le territoire ne manque pas de diplômés ». Avec 50% de chômage chez les jeunes de 18 à 25 ans et des milliers de jeunes qui passent le concours de l’enseignement, cette situation est inacceptable. Ainsi, sur les 20 dernières années, 18.000 emplois ont été occupés par des gens venus de l’extérieur, et si rien n’est fait, c’est autant de postes qui passeront sous le nez des jeunes formés à La Réunion durant les 20 prochaines années !
Nous exigeons que dès la rentrée prochaine, des mesures soient prises pour que cette injustice, volontairement cachée aux Réunionnais et qui n’a que trop duré, cesse.

En matière de lutte contre l’illettrisme, Nicolas Sarkozy annonce sa priorité de diminuer de 50% le taux d’illettrisme dans notre département sur les 5 prochaines années. Cette priorité suppose un meilleur taux d’encadrement au sein du monde de l’éducation, nécessitant de ce fait la fin des suppressions et la création de postes en fonction des besoins réels.
Mais ce combat passe aussi par une meilleure intégration de l’école dans son environnement culturel et social avec par exemple une meilleure place du créole et de « l’histoire et des cultures des Outre-mers », comme l’a préconisé le chef de l’Etat.

Sur le projet de masterisation, l’UNEF dénonce le contenu des annonces effectuées par Luc Châtel aux syndicats enseignants vendredi 13 novembre au sujet de la réforme de la formation aux métiers de l’enseignement, dont la mise en œuvre avait été repoussée d’un an suite à la mobilisation universitaire du printemps dernier.
Les pires craintes des étudiants se confirment. En l’état, la réforme envisagée va avoir pour conséquences d’affaiblir le contenu professionnel de la formation et de tourner le dos à la mixité sociale du recrutement des futurs enseignants en rendant extrêmement difficile, pour des milliers d’étudiants, la présentation de concours désormais à Bac +5.
L’UNEF juge la reforme actuelle inapplicable pour la rentrée prochaine. Les délais de corrections des épreuves apparaissent peu réalistes, décalant de ce fait l’ensemble du calendrier sur l’année et l’UNEF attend du ministre d’autres choix afin de pénaliser aucun étudiant.

De manière plus urgente, lors de la rentrée dernière, nous interpelions les services du Rectorat de La Réunion sur le surplus d’entrants dans notre académie. Cette erreur du ministère a fait entrer dans notre académie 70 personnes en trop par rapport au système actuel basé sur les permutations. De ce fait, les jeunes qui ont passé le concours à La Réunion et qui devaient être sur les listes complémentaires se sont vu devancer par ce surplus d’arrivants, les privant ainsi de postes pour l’année 2009. Si ces 15 jeunes ne sont pas affectés au cours de l’année scolaire, ils seront contraints de repasser le concours en 2010.
Nous exigeons le recrutement des 15 LC tout de suite en anticipant sur la gestion des possibilités de permutation, vu que l’Académie était déjà excédentaire. Cette anticipation devrait se combiner avec la gestion des départs à la retraite sur les deux et trois ans à venir.

Après les orientations du Président de la République lors du bilan des États généraux de l’Outre-mer, la venue du ministre de l’Éducation dans notre département doit être l’occasion de concrétiser un certain nombre de mesures afin de répondre à l’urgence sociale dans l’Éducation nationale à La Réunion. Avec la légitimité donnée par le chef de l’Etat des spécificités locales, le ministre doit prendre ses responsabilités. »

Gilles Leperlier,
Président de l’UNEF Réunion


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