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Le moment de faire confiance aux Réunionnais

Dans une crise qui s’aggrave

Manuel Marchal / 14 novembre 2017

En termes de chômage, la situation de La Réunion est plus grave que celle du pays européen le plus touché dans ce domaine, la Grèce. Si la France était dans la situation de la Grèce, elle mènerait une autre politique que celle qui existe à La Réunion. Il est temps de faire confiance aux Réunionnais pour proposer, concevoir et appliquer des mesures adaptées à leur situation.

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La crise dans la canne à sucre pourrait s’étendre à tout le secteur productif si le cadre ne changeait pas.

Hier, l’Organisation de coopération et de développement économique a présenté les chiffres du chômage dans les pays occidentaux. Une rapide comparaison avec la situation de La Réunion permet de constater qu’elle est bien différente de celle de la France. Le taux de chômage de notre île est en effet plus élevé que ceux de l’Espagne et de la Grèce, deux États parmi les plus touchés par l’accélération de la crise depuis 2008. En Grèce, le taux de chômage des jeunes dépasse 42 %. Quand ce pays est évoqué dans les médias, il est présenté comme ruiné, avec une jeunesse qui est confrontée à un choix cruel : émigration ou chômage. À La Réunion, le taux de chômage est encore plus important.

Perspectives pessimistes

Pour tenter de faire baisser le chômage, les gouvernements qui se succèdent poussent à la création d’entreprise. Un travailleur qui devient son propre patron, c’est en effet un chômeur de moins. Mais là encore, cette possibilité montre toutes ces limites. Le dernier baromètre publié à ce sujet par l’INSEE souligne l’impact de la crise dans ce domaine, avec une diminution des créations dans le BTP et l’industrie. Et nombreux sont aujourd’hui les créateurs d’entreprise à être confrontés à des difficultés financières, aggravées par les problèmes liés à la gestion du RSI.

À cela s’ajoute le projet du gouvernement de supprimer les emplois aidés en 2019. Dès cette année, les travailleurs ont dû souffrir des restrictions imposées dans le financement de cette mesure par le gouvernement. 2018 verra un désengagement supplémentaire. Ce désengagement ne correspond pas à une embellie sur le front de l’emploi, car le nombre de Réunionnais inscrits à Pôle emploi est toujours supérieur à 180.000.

De plus, de graves menaces pèsent sur tout le secteur productif en raison de l’orientation donnée à la mondialisation des échanges par l’Union européenne dans notre région. Un accord de partenariat économique entre l’UE et nos voisins construit uniquement sur la quète de profit placerait toutes nos marchandises en concurrence avec celle de notre région. Comment résister dans ces conditions ?

Besoin d’une autre politique

La Réunion se trouve donc dans une situation bien plus alarmante que le pays européen le plus gravement touché par le chômage. Mais les politiques mises en œuvre sont du même ordre qu’en France, si ce n’est des mesures de défiscalisations supplémentaires.

Devant une telle urgence, les décisions prises doivent être d’une autre nature. Pour cela, le PCR propose de changer de cadre en proposant la responsabilité pour les Réunionnais. Il considère en effet que les Réunionnais sont les mieux placés pour proposer, concevoir et mettre en œuvre des politiques adaptées à leur situation. Et les communistes ne sont pas les seuls à le penser. D’autres expriment leur volonté de changement en utilisant de termes différents, mais l’objectif est le même : plus de responsabilité aux Réunionnais dans la gestion de leurs affaires.

Il est en effet évident que si la France était dans la situation de la Grèce, ce serait une autre politique qui serait à l’œuvre. Or ce n’est pas le cas à La Réunion. D’où l’importance de dépasser le cadre actuel. Dimanche, dans son discours d’hommage à Paul Vergès, Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, a rappelé la volonté du Parti communiste réunionnais à rassembler sans exclusive autour de cette cause.

M.M.