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Le monde économique et financier dans le flou total

Assemblée annuelle du Fonds monétaire internationale

Céline Tabou / 18 octobre 2012

Réunis à Tokyo du 9 au 13 octobre, 188 ministres des finances et gouverneurs de banques centrales ont assisté à l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Les observateurs économiques ont évoqué une « planète déboussolée », à la sortie de cette assemblée.

En effet, la solidarité déployée lors du pic de la crise économique et financière de 2008 à 2010. En plein renouvellement électoral, les différents gouvernements présents ont tenté de mettre en place leurs intérêts particuliers au détriment de l’unité financière, voulue par la directrice du FMI, Christine Lagarde. Cette dernière a d’ailleurs indiqué qu’« aujourd’hui, mon message est le suivant : les pays doivent prendre ensemble des mesures courageuses pour assurer une reprise durable ».

La faute des uns et des autres

Mauvais élève, les pays de la zone euro ont été pointés du doigt pour leur impact « dépressif » sur l’économie mondiale, ce qui « provoque son incapacité à juguler la crise de sa dette », a indiqué LeMonde.fr. Au banc des accusés, la Grèce, dont il est certain pour les économistes internationaux, qu’elle ne pourra ni redresser son économie, ni rembourser ses emprunts. Cependant, la patronne du FMI a décidé de donner deux années au pays pour pouvoir sortir la tête de l’eau, toutefois, plus aucun investisseur « ne veut lui prêter plus d’argent que ce qui lui a été promis ». Au-delà du problème grec, l’Allemagne est devenue l’actrice principale sur la scène internationale, car les Américains n’ont pas apprécié l’accroissement de leurs parts de marché à l’export, lors de la baisse de l’eau, « par leur orthodoxie budgétaire, ils bloquent la reprise de la croissance en Europe » a expliqué Le Monde.

De plus, le blocage des Allemands à bâtir l’union bancaire européenne contrarie la communication économique internationale. Chacun se renvoie la balle, du côté des pays émergents, dont la Chine et le Brésil, les États-Unis sont également responsables de la fragilité économique mondiale, suite aux divisions politiques sur la réduction du déficit public ainsi que les coupes dans le budget de l’État qui sont qualifiées de « précipice budgétaire » entrainant l’économie américaine et mondiale dans la récession. Tous les États sont mis en cause. De son côté, la Chine a également eu droit à son lot de critique, suite à l’instabilité politique qui règne depuis des mois. Celle-ci pourrait porter atteinte à la croissance laborieuse de l’empire tout comme le ralentissement européen qui tire vers le bas ses exportations. Brésil, Japon, Inde, les états sont aujourd’hui à la dérive, et peine à s’unir pour sortir de la crise économique et financière internationale, qui dure depuis 2008.

Besoin de coopération

« Nous sommes nombreux à avoir débattu des mesures à prendre, nous sommes nombreux à comprendre ce qu’il faut faire, mais maintenant il faut agir », a indiqué Christine Lagarde, mais l’incertitude bloque les décisions en matière d’investissement et de création d’emplois. En effet, l’absence de garantie d’intervention de la part des gouvernements laisse planer un certain scepticisme. Celui-ci pèse sur la croissance de l’économie mondiale, car des décisions ont été prises pour assurer la reprise économique, mais elles doivent être appliquées rapidement.

Lors d’une intervention en marge de l’Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale à Tokyo, diffusée vendredi par ses services de presse à Washington, Christine Lagarde a souligné qu’il est devenu essentiel « d’agir maintenant » pour lever ces incertitudes. « Ce dont nous avons le plus besoin, c’est de coopération. Il est devenu plus complexe d’assurer une reprise soutenue : Il y a beaucoup de joueurs et ils jouent tous le même match », a-t-elle encore dit, notant que l’économie mondiale voit l’émergence de nouveaux acteurs, tandis que les acteurs traditionnels assument des rôles différents. « Nous devons vraiment examiner ce qu’il faut faire pour veiller à ce que la reprise ne soit pas seulement un léger rebond, mais qu’elle s’installe vraiment à plus long terme, dans la durée », a plaidé la directrice générale du FMI, cité par le journal marocain Matin.

 Céline Tabou  


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