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Le PCR a pris ses responsabilités devant les victimes de la politique de l’UMP

Les leçons des Primaires citoyennes — 3 —

Manuel Marchal / 21 octobre 2011

Le Parti socialiste français a senti que l’alternance est possible en 2012. Pour cela, il fallait trouver une méthode pour dépasser la multiplicité des candidatures en son sein. Pour la première fois, il a proposé à tous les Citoyens de choisir le meilleur candidat à la candidature.
Après cette désignation populaire, le Parti socialiste doit se réunir et apporter son soutien à ce candidat non partisan. Le PCR a participé et a contribué à la victoire du premier choisi, François Hollande. Ce faisant, le PCR a confirmé son rôle de premier plan.

Pour La Réunion, l’élection présidentielle et les Législatives suivantes auront une très grande importance. Le seul endroit où l’UMP s’est félicitée d’une victoire aux dernières Régionales, c’est à La Réunion. Les conséquences sont désastreuses puisque, les uns après les autres, les projets qui pouvaient encore être réalisés ont été stoppés net. À la présidence de la Région, Paul Vergès avait obtenu de l’État sa participation à un plan d’investissements de 3 milliards d’euros. Dès son arrivée à la Région, l’UMP s’est empressée de tout démolir. Cela a eu pour résultat d’aggraver la crise à La Réunion. Des milliers d’emplois prévus ont été supprimés.
Le peuple en souffrance n’est pour rien dans la manœuvre de division qui a provoqué au deuxième tour des Régionales ce résultat catastrophique. Loin d’avoir tiré des leçons positives de ce manquement, certains ont continué lors des Sénatoriales. La trahison a permis à l’UMP de s’offrir 2 sénateurs. Les traitres sont contents de leur réussite. Sarkozy aussi. Il viendra en personne féliciter l’UMP locale pour leur bonne performance ! Il n’en demandait pas tant de cette solidarité de classe contre les victimes de sa politique.

Les grands travaux dans le débat national

Au lendemain des Régionales, le Parti communiste réunionnais a mobilisé pour que les forces du changement en France inscrivent dans leur programme l’application effective du Protocole de Matignon signé en 2007.
Dans la première conférence de presse qu’il tient en tant que chef de file de l’opposition, le président de l’Alliance annonce que les grands travaux seront au cœur de la Présidentielle. Cette question va donc s’intégrer dans le débat national.
En avril dernier, une délégation du PCR est invitée au Forum des idées sur l’Outre-mer organisé par le Parti socialiste français. Paul Vergès a l’occasion d’exposer les grandes questions qui nous concernent. Dans la logique des contacts pris, un positionnement est attendu sur les propositions réunionnaises de la part de la Direction du PS.
La Réunion a besoin de 180.000 logements supplémentaires dans les 18 prochaines années. La population active au chômage se monte à 37%. Le nombre d’illettrés dépasse les 120.000. Et, l’INSEE confirme que 50% de notre population vit encore sous le seuil de pauvreté. Le pouvoir d’achat diminue. Les prix sont 60% plus chers ici par rapport à la France. Tous ces éléments viennent souligner en contre point la solidarité de classe qui anime ceux qui trahissent la cause du peuple dans des manœuvres politiciens qui font le jeu de l’UMP.

En France, le PS constitue le parti le plus influent de l’alternance. Cela signifie que le gagnant des Primaires sera le principal adversaire de Nicolas Sarkozy lors de la Présidentielle, et donc le candidat porteur de tous les espoirs pour une politique d’alternance.

Prendre ses responsabilités dans la décision

À La Réunion, la principale force d’opposition à l’UMP n’est pas le PS, mais l’Alliance et ses composantes, dont le PCR. C’est ce qu’avaient confirmé les Régionales de 2010, avec plus de 30% des suffrages dès le premier tour, contre 13% pour la liste soutenue par le PS. Cette force se devait de participer aux différentes étapes pouvant assurer le changement véritable.
Après avoir participé au Forum des idées pour l’Outre-mer, le PCR était prêt pour les Primaires. Mais, une fois de plus, des éléments de division (les mêmes ?) ont manigancé pour tenter d’empêcher sa participation. Pourquoi ?
Cette question est essentielle et ne doit pas être esquivée, car ses auteurs vont recommencer à la prochaine occasion. Ils n’ont que faire du peuple qui souffre. Leur fantasme, c’est le PCR, et bien entendu sa Direction !

L’élément qui a permis l’ouverture est arrivé, mardi après-midi, seulement quatre jours avant le premier tour des Primaires. François Hollande répond par écrit aux propositions du PCR, et s’engage à lancer la concertation pour construire un projet partagé. C’est suffisamment clair pour que sur cette base, le PCR décide de le soutenir. À La Réunion, François Hollande est en tête dès le premier tour, et il triomphe au second tour aussi bien dans notre pays que dans l’Outre-mer ou en France. Dans ce total, il faut remarquer que 45% des voix de François Hollande dans l’Outre-mer proviennent de La Réunion. Dans la désignation du candidat qui devra battre Sarkozy l’année prochaine, le PCR a pris toutes ses responsabilités. Désormais, préparons les projets dans la logique de la lettre de Hollande.

M.M.


Un procédé inédit rééquilibre le temps de parole à la télévision

Sauf en 1981 et en 1988, le Parti socialiste français a perdu toutes les élections présidentielles auxquelles il a participé. En 2002, le candidat PS est éliminé dès le premier tour. Cinq ans plus tard, la candidate du PS avait été largement devancée par Nicolas Sarkozy. Jusqu’en 1995, le PS choisissait son candidat par le vote des délégués à un congrès. Puis, ce sont les adhérents du PS qui avaient la possibilité de participer au vote. L’après 2007 a amené une rupture.
Depuis 2007, l’UMP domine le paysage médiatique politique avec Nicolas Sarkozy qui utilise à fond ses privilèges de président pour doubler le temps de parole de son parti à la télévision. Cela permet à l’UMP et ses alliés d’avoir le droit de truster 66% du temps d’antenne, l’opposition dans toute sa diversité doit se contenter des 33% restants. La faible cote de popularité du président de la République ne signifie pas qu’il sera battu en 2012. Un an avant le scrutin de 2002, les sondages donnaient le candidat socialiste vainqueur, lors de l’élection, il a été éliminé au premier tour et c’est le président sortant qui a été reconduit, sous la bannière de l’UMP naissante. Pour les socialistes français, il faut donc apporter un élément nouveau pour déstabiliser le camp du chef de l’État. Un choix est fait, ouvrir la désignation du candidat socialiste à la Présidentielle à tous les électeurs. Cette proposition est approuvée en octobre 2009.
La campagne des Primaires permet de donner un coup de projecteur sur les propositions du principal parti d’opposition en France. Plusieurs millions de téléspectateurs suivent les débats entre les candidats. Ces Primaires permettent donc à l’opposition française de rééquilibrer la répartition des temps de parole à la télévision. Elles ont aussi pour effet de donner une légitimité jusqu’alors inconnue au candidat soutenu par le PS, puisque près de 3 millions de personnes ont participé à sa désignation.



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