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Le PCR appelle à la mobilisation contre la casse de l’Éducation nationale

Application du plan de rigueur : vers la suppression de 16.000 postes dans les écoles, collèges et lycées

Témoignages.re / 3 juin 2010

Dans un communiqué diffusé hier à la presse, le Parti communiste réunionnais constate que le gouvernement fait le choix de la suppression de postes dans l’Éducation nationale dans le cadre du plan de rigueur. Cette orientation a des conséquences catastrophiques pour La Réunion, où les classes seront encore plus surchargées. Le PCR appelle à la mobilisation pour que notre situation soit prise en compte afin que La Réunion ne soit pas victimes de restrictions budgétaires. Voici le texte de ce communiqué.

« Dès la rentrée 2011, le gouvernement envisage de supprimer 16.000 postes d’enseignants et d’augmenter le nombre d’élèves par classe dans l’Éducation nationale. C’est la première conséquence des options prises par le gouvernement dans le cadre du plan de rigueur engagé le mois dernier et qui se traduit par le gel des dépenses publiques jusqu’en 2013.

Cette mesure risque de peser très lourd dans l’éducation à La Réunion. La moyenne d’élèves par classe dans notre île est déjà plus élevée qu’au niveau national. Dernièrement, des parents d’élèves tiraient déjà la sonnette d’alarme sur les suppressions de classes dans différentes communes. Avec l’objectif global du non remplacement d’un professeur sur deux partant à la retraite, certaines écoles des hautes de l’île qui risquent de fermer à la rentrée prochaine, victime d’opération de regroupements.

Avec une croissance démographique forte, à La Réunion, on va vers une dégradation de l’éducation à la rentrée prochaine avec des classes surchargées.

Le Parti Communiste Réunionnais condamne la politique du gouvernement sur l’éducation et rappelle son attachement à faire de l’éducation une priorité. En cette période de crise, nous devons renforcer et garantir une éducation de qualité accessible à tous.

L’application mécanique du plan de rigueur à la Réunion, sans que ne soit prise en compte notre situation particulière, va produire des conséquences aggravées pour la population réunionnaise. La mobilisation est plus que jamais nécessaire pour essayer de faire prendre en compte notre situation particulière qui ne peut souffrir de telles restrictions budgétaires. »


16.000 suppressions de postes : les réactions

Après la réaction de SE-UNSA (voir "Témoignages" d’hier), d’autres organisations se sont exprimées. La condamnation d’un tel projet est unanime.

• FCPE : « dégradation notable des conditions d’accueil des élèves »

« A la rentrée 2011, ce sont à nouveau 16 000 postes qui devront être supprimés dans l’Education nationale. Pour résoudre l’équation, le ministre a choisi sa ligne de conduite : « il n’y a pas de petites économies ». L’heure est au raclage de fonds de tiroirs et au grignotage !
L’Education nationale va encore devoir payer un lourd tribut au dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite imposé par Nicolas Sarkozy depuis son élection. A la rentrée 2011, ce sont à nouveau 16.000 postes qui devront être supprimés dans l’Education nationale. Pour résoudre l’équation, le ministre a choisi sa ligne de conduite : « il n’y a pas de petites économies ». L’heure est au raclage de fonds de tiroirs et au grignotage !
Le ministère prévoit ainsi explicitement d’augmenter le nombre d’élèves par classe. La règle idéologique des suppressions de postes va notamment obliger le ministre de l’Education nationale à avouer ce que son prédécesseur n’avait jamais reconnu : les suppressions de postes ne peuvent se faire sans dégradation notable des conditions d’accueil des élèves.
Dans le premier degré, contrairement aux engagements pris jusqu’à présent par le ministre, la suppression pure et simple des RASED est de nouveau à l’étude. Et pour gagner encore des postes, la scolarisation des moins de trois ans servira, une fois encore, de variable d’ajustement.
A partir de septembre 2011, chaque année 50 000 élèves supplémentaires frapperont à la porte des collèges, du fait du "baby-boom" des années 2000. Pourtant, les propositions ministérielles sont de surcharger encore davantage les effectifs des classes et de supprimer les itinéraires de découverte, seul dispositif interdisciplinaire permettant aux élèves de trouver du sens à l’empilement de disciplines sans lien apparent entre elles.
S’agissant des problèmes de remplacement - dont le ministre a reconnu qu’ils mettent à mal la continuité du service public - au lieu de rétablir les 3.000 postes d’enseignants remplaçants supprimés par Xavier Darcos, le ministère envisage plutôt le recours à des étudiants et des non titulaires sans formation sur les remplacements courts.
Face à la crise actuelle, le seul investissement possible, c’est l’éducation !
La FCPE appelle à une riposte commune du collectif "l’Education est notre avenir" contre ces mesures. »

• PEEP : inquiétude et demande d’explications au gouvernement

« La PEEP s’étonne d’apprendre, par voie de presse, les nouvelles mesures relatives à la gestion des moyens de l’Education nationale.


Pour notre Fédération, la question des moyens ne doit pas être la question centrale. La seule et unique préoccupation des parents PEEP est et restera la qualité de l’enseignement due à nos élèves, quel que soit leur niveau scolaire.


En conséquence, s’il est évidemment compréhensible que le ministère réfléchisse au fonctionnement rationnel de notre système éducatif car c’est bien son rôle, il ne faut pas que la logique purement mathématique prévale.
Les simulations théoriques, faciles à concevoir, se heurtent ensuite à la réalité du terrain, aux conditions de vie des élèves et des professeurs ainsi qu’aux nombreuses situations particulières.


Certes, il est clair que l’augmentation des moyens n’est pas la solution pour améliorer notre système éducatif, sinon nous aurions le meilleur du monde. Pour autant, il y a des seuils à ne pas franchir et le non-remplacement des professeurs absents est à cet égard particulièrement révélateur.


Pour la PEEP, l’éducation doit être une grande cause nationale ; elle est le socle qui permet de former nos enfants à devenir les adultes de demain. C’est pourquoi, au-delà des polémiques et des batailles de chiffres, il nous revient de veiller aux conditions dans lesquelles les élèves vivent leur scolarité.
Dans un temps où chacun sait quand même que c’est l’ensemble de notre société qui devra faire quelques efforts dans un esprit de solidarité nationale, il convient de préserver la qualité de notre Ecole.

Dans cette perspective, la PEEP sollicite une audience auprès du ministre de l’Education pour faire le point sur les mesures envisagées et lui faire part de l’inquiétude légitime des parents. »

• Syndicat des inspecteurs de l’Éducation nationale : mesures « criminelles pour l’École »

« Une progression dans les exigences ministérielles : nous passons du « faire mieux réussir tous les élèves avec moins de moyens » à « faire encore mieux avec… rien ! ».


Dans le contexte général des économies présentées comme indispensables, mais qui apparaissent surtout comme le souci d’affaiblir toujours plus le service public d’éducation, le ministère de l’Education Nationale vient de dévoiler ses intentions pour les années à venir. Afin de l’aider dans son souci de rigueur budgétaire, le SI.EN-UNSA Education suggère au ministre divers postes auquel ce dernier ne semble pas avoir encore pensé.


Pourquoi, par exemple, continuer à entretenir des services traitant de statistiques ? Nous pouvons tout à fait donner par avance les résultats de cette politique désastreuse : toutes les mesures de retrait d’emploi envisagées permettront avec beaucoup d’efficacité de creuser l’écart entre les élèves les plus fragiles et leurs camarades. Autant dire clairement les choses : l’école sera à l’image de la vie, plus dure avec les plus faibles !


Il n’est pas davantage nécessaire d’entretenir l’illusion d’un pilotage de proximité : privés de moyens, les corps d’encadrement seront en totale incapacité d’aider les enseignants à faire preuve de plus d’efficacité dans leur travail. Les divers projets innovants présentés comme des outils qualitatifs ne seront rien plus que de beaux rêves sur le papier, brillant dans la nuit pédagogique comme les flammèches désespérées de la Petite fille aux allumettes…


Le SI.EN-UNSA Education interpelle solennellement le ministre : les mesures envisagées, au-delà de leur froideur technocratique, ne sont pas que néfastes : elles sont criminelles pour l’Ecole. Il est encore temps aujourd’hui d’arrêter le massacre du service public… Demain, il sera trop tard ! »


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