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Le PCR appelle à s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté

Après la visite de François Chérèque

Témoignages.re / 2 novembre 2013

Le Parti communiste a rencontré la presse jeudi pour faire partager ses premières conclusions sur la visite à La Réunion de François Chérèque et la présentation du Plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Pour le PCR, il faut faire appliquer les 61 mesures du plan, tout en sachant qu’il faudra autre chose pour s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté à La Réunion.

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Ginette Sinapin, Yvan Dejean et Camille Dieudonné ont présenté l’analyse de la direction du PCR.

La pauvreté est un problème qui touche de nombreux Réunionnais. Selon une étude de l’INSEE et du Conseil général, 343.000 personnes étaient sous le seuil de pauvreté en 2010, sans doute davantage aujourd’hui. Lundi et mardi derniers, notre île accueillait François Chérèque. L’ancien secrétaire général de la CFDT est chargé par le gouvernement de travailler sur un Plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Dans ce cadre, il organise des Rencontres territoriales, l’occasion d’échanger avec les associations, les institutions et les élus qui s’impliquent dans la lutte contre la pauvreté.

Le PCR a préparé cette visite de longue date. Il a adressé à François Chérèque ses propositions. Ce dernier y a répondu, donnant une suite favorable à une demande de rencontre avec une délégation des élus communistes de La Réunion. Cet entretien a eu lieu lundi, à la veille des Rencontres territoriales.

Où étaient les députés ?

Jeudi au Port, la direction du PCR, représentée par Camille Dieudonné, Yvan Dejean et Ginette Sinapin, a fait un premier bilan de la visite de François Chérèque.

Tout d’abord, le PCR déplore l’absence des députés de la majorité lors des échanges avec le chargé de mission. Paul Vergès était le seul parlementaire présent, et seulement 2 maires sur 24 s’étaient déplacés. Pour le PCR, cela indique que le problème de la pauvreté est traité dans l’indifférence. Un comble lorsque l’on sait qu’officiellement, près d’un Réunionnais sur deux vit sous le seuil de pauvreté.

Force est de constater que parmi les absents, beaucoup sont candidats aux municipales dans un peu plus de trois mois. Sur de nombreux sujets relatifs à l’élection, ils sont donc visibles et font parler d’eux. Mais quand il s’agit de défendre les intérêts des Réunionnais les plus pauvres, c’est différent.

Propositions transmises au Premier ministre

Sur la rencontre entre la délégation des élus communistes et François Chérèque, le PCR est satisfait. En effet, François Chérèque a pris en compte les propositions du PCR et les transmettra au Premier ministre.

Il s’agit de la création de deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne, ainsi que de celle d’un Fonds d’investissement réunionnais, financé notamment par la sur-rémunération convertie en épargne.

Le PCR estime qu’il faut appliquer les 61 mesures du plan présenté par François Chérèque, compte tenu de la situation hors-norme à La Réunion. Ce premier pas ne suffira pas pour régler le problème de la pauvreté. Il faudra pour cela s’attaquer aux causes structurelles.

En effet, à La Réunion, la pauvreté n’est pas que le résultat d’une crise économique. Elle est une des conséquences d’un système qui rejette la moitié de la population dans la grande pauvreté.

Les 61 mesures du plan sont donc un moyen de répondre à l’urgence, tandis que la remise à plat du modèle permettra de refonder un modèle dont un des objectifs sera d’abolir la pauvreté à La Réunion. Un point sur lequel le PCR a des propositions.

Vigilance sur l’attribution des Garanties jeunes

La Garantie jeunes est une disposition réservée aux moins de 25 ans inscrite dans le plan de lutte contre la pauvreté. Elle est une des mesures du Plan national de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Elle sera expérimentée à La Réunion en vue d’une extension dans toute la République.

Jusqu’à présent, les jeunes de moins de 25 ans, sans emploi et sans droit aux allocations chômage, n’ont aucun revenu sauf quelques exceptions.

La Garantie jeune ouvre un nouveau droit : le versement d’un revenu correspondant au RSA socle, en échange de plusieurs engagements contractualisés avec le jeune.

À La Réunion, plus de 1.800 garanties seront attribuées, les premières dès le 18 novembre. Le contexte sera celui d’une campagne électorale.

L’expérience montre qu’il existe à La Réunion des élus peu scrupuleux, près à profiter à fond de la détresse sociale pour corrompre et tenter de garder le pouvoir. Ces corrupteurs pourraient bien être tenté de faire pression pour tenter d’utiliser ces Garanties jeunes comme un nouveau moyen de clientélisme électoral.

C’est pourquoi le PCR annonce qu’il sera très vigilant pour que ce dispositif de lutte contre la pauvreté ne fasse pas l’objet de dérives clientélistes.


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