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Le PCR appelle les Réunionnais à l’union sacrée

Négociations des crédits européens pour le développement pour 2014-2020

Manuel Marchal / 22 novembre 2012

À partir d’aujourd’hui a lieu un Conseil européen qui devra fixer le prochain budget de l’Union européenne, pour la période allant de 2014 à 2020. À la veille de ce rendez-vous décisif, le Parti communiste réunionnais appelle à l’union sacrée pour la défense des intérêts réunionnais. Pour la période 2007-2013, La Réunion avait notamment obtenu 1,5 milliard d’euros de fonds structurels européens, ce sont des crédits pour le développement.

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Faaïza Ibrahim, Julie Pontalba et Yvan Dejean ont présenté une autre menace concrète sur le revenu des ménages et la baisse des recettes des collectivités : la possible réduction drastique des fonds structurels européens au prétexte de l’austérité.

À partir d’aujourd’hui à Bruxelles, 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne commencent un sommet très important. Le prochain budget européen est à l’ordre du jour. Il fixera pour la période 2014-2020 les dépenses de l’Union européenne. Elles se concentrent surtout dans deux secteurs : la politique agricole commune (PAC) et la politique de cohésion. Cette dernière vise à diminuer les inégalités entre les Régions par un nivellement par le haut.

L’austérité en Europe

Sur la période 2006-2013, La Réunion a eu droit à plusieurs mesures. Pour la PAC, une dérogation a permis à la filière canne de recevoir une subvention exceptionnelle pour compenser la baisse du prix du sucre acheté par les Européens aux usiniers. De ce prix du sucre découle celui de la canne. Ces subventions ont donc permis aux planteurs de ne pas subir une baisse importante de leurs revenus.

Pour la politique de cohésion, la gestion de la Région Réunion avait permis à notre île de bénéficier de plus de fonds structurels que la Martinique et la Guadeloupe réunies. Cela faisait 1,5 milliard d’euros pour 2006-2013, rappelle Yvan Dejean.

À la veille du Conseil européen, La Réunion est loin d’être sûre d’obtenir ne serait-ce que le maintien à l’identique de tous ses acquis.

Ce Conseil se déroule en effet dans un contexte de crise. La plupart des États ont lancé de vigoureux plans d’austérité. Deux logiques s’affrontent, précise Yvan Dejean. La première menée par Herman Van Rompuy, président de l’Union, et une partie des États, c’est la réduction du budget de l’Union européenne, avec des coupes dans les dépenses de solidarité : baisse des crédits de la PAC et de la politique régionale notamment. La seconde avec en tête José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, souhaite au contraire une hausse du budget pour que l’Europe joue un rôle moteur dans la relance.

Déjà des propositions de baisse

À cet affrontement s’ajoute un élément nouveau, directement lié à l’austérité : l’adoption du pacte budgétaire européen qui stipule que la suspension des fonds européens versés aux régions d’un État intervient quand le budget de cet État dépasse un déficit de 3% du PIB. « C’est la double peine pour La Réunion », précise Yvan Dejean.

Les menaces sont bien réelles, et l’offensive a déjà commencé. Yvan Dejean relève que l’aide au transport des intrants et des produits exportés pourrait passer de 35 euros par an et par personne à 20 euros. Le PCR estime que ce sont 100 millions qui pourraient ainsi être soustraits de La Réunion entre 2014 et 2020.

Sur proposition d’Herman Van Rompuy, le budget de la PAC pourrait passer de 386 à 364 milliards d’euros, avec à la clé une baisse de 14 milliards des aides directes au bénéfice des agriculteurs.

Pour la politique régionale, c’est une diminution de 38 milliards qui est annoncée, pour tomber à 347 milliards à se partager entre toutes les régions de l’Union européenne entre 2014 et 2020.

Voilà le cadre qui est posé aux chefs d’État et de gouvernement qui se réunissent aujourd’hui à Bruxelles. Vont-ils aller dans le sens de l’austérité générale ou alors pourrons-nous faire avancer nos spécificités ?

Aux menaces extérieures s’ajoute un rapport affirmant que le niveau de consommation des crédits européens gérés par la Région n’est pas au mieux. Cela fragilise nos revendications.

Pour toutes ces raisons, le PCR lance un appel à la mobilisation des parlementaires, des élus, des représentants des travailleurs et des patrons, des agriculteurs… tout le monde est concerné par cette menace de réduction des budgets.

« Face à ces dangers, nous appelons à l’union sacrée », conclut Yvan Dejean.

M.M.

Un contexte nouveau

Voici quelques éléments nouveaux qui n’existaient pas au moment de la négociation de la précédente période de programmation 2007-2013.

- plans d’austérité dans toute l’Europe pour diminuer les déficits publics ;

- en cas d’élection, le gouvernement sortant est remplacé par l’opposition : France, Grèce, Espagne, Italie notamment ;

- pacte budgétaire européen : quand un État ne respecte pas la règle des 3% de déficit public, le versement des fonds européens à ses régions peut être suspendu ;

- retard dans la consommation des fonds européens placés sous la responsabilité de la Région, un fait sans précédent.
Deux éléments d’espoir

Yvan Dejean note deux points positifs dans cette bataille. Le premier est le vote vendredi dernier, à l’unanimité du Conseil régional, d’une motion présentée par l’Alliance appelant à la mobilisation dans nos relations avec l’Union européenne.

Le second est le débat lundi dernier au Sénat. Il était question de deux propositions de résolution européenne. Paul Vergès est intervenu dans le débat pour soutenir l’adoption de ces deux textes. Le Sénat a voté à l’unanimité pour les deux résolutions. Elles sont désormais transmises au gouvernement et à l’Assemblée nationale.


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