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Le PCR demande l’envoi du projet de loi Egalité réelle à tous les Réunionnais

Propositions pour permettre à tous les Réunionnais de participer au débat sur leur avenir

Manuel Marchal / 11 août 2016

Le Parti communiste réunionnais a présenté hier trois propositions pour que les Réunionnais puissent participer vraiment au débat sur l’égalité réelle. Dans une lettre adressée à la ministre des Outre-mer, le PCR demande notamment d’envoyer le contenu du projet de loi à tous les électeurs, accompagné des contributions écrites des organisations qui se sont intéressée à ce sujet. L’objectif est de jouer carte sur table, afin que les Réunionnais puissent avoir en main un maximum d’éléments et participent à un débat au sujet d’un texte qui engage leur avenir pour 20 ans.

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Ary Yée Chong Tchi Kan et Maurice Gironcel, secrétaires généraux du PCR.

Ary Yée Chong Tchi Kan et Maurice Gironcel, secrétaires généraux du PCR, ont tenu hier une conférence de presse au sujet du débat sur le projet de loi égalité réelle.

Maurice Gironcel rappelle que le 10 mai 2015, lors de l’inauguration de la « MCUR » guadeloupéenne, François Hollande a fait le constat que la situation des outre-mer nécessite un rupture. Il a donné mission à Victorin Lurel de travailler pour une loi de programmation égalité réelle.

Près de 1.500 jeunes menacés par le chômage

1 an et 4 mois plus tard, le PCR constate que le projet de loi a été présenté lors du dernier Conseil des ministres avant les vacances. Il souligne que le projet de loi ne correspond pas aux attentes des Réunionnais. Pour les plus pauvres, il n’y a pas de vacances, pas de réponse pour eux. Le co-secrétaire général du PCR rappelle que le parti avait été reçu par la ministre des Outre-mer lors de sa dernière visite à La Réunion, à la suite de la publication d’une lettre ouverte du Parti communiste réunionnais adressée à George Pau-Langevin et publiée dans Témoignages. Le PCR demande aussi de prendre en compte la filière canne, les APE, les tensions sociales à Mayotte, les problèmes d’emploi avec en particulier la menace qui pèse sur les 1.463 emplois d’avenir. Ils verront leur contrat se terminer avant la fin de l’année. Une seule réponse a été donnée, le CIF starter. « Qui peut croire que les entreprises privées sont prêtes à embaucher 1.463 jeunes en fin de contrat ».

Suite à la présentation au Conseil des ministres du projet de loi sur l’égalité réelle et au lancement sur Internet d’une concertation à ce sujet, le PCR a de nouveau écrit à George Pau-Langevin. Le courrier a été envoyé lundi.

Avis pas pris en compte

Peu de choses ont changé entre le texte présenté au CESE et au Conseil d’État, et celui adopté par le Conseil des ministres, constate Ary Yée Chong Tchi Kan. Les points sur lesquels les avis ont été donnés n’ont pas été pris en compte.

Le groupe outre-mer du CESE a donné sa contribution annexée à l’avis du CESE. « Ses considérations vont au-devant des préoccupations du PCR », souligne le co-secrétaire général du PCR qui lit un extrait de cette contribution : « Alors que le projet appelle à se projeter vers 2040, le Groupe de l’Outre-mer regrette que cette démarche prospective n’ait pas été intégrée dans l’étude d’impact. De fait, au-delà des très fortes disparités entre collectivités ultramarines, les phénomènes mondiaux en cours devront être pris en compte ». Le groupe de l’Outre-mer précise : changement climatique, mondialisation, croissance démographique.

Trois propositions

La population n’est pas informée alors que l’on s’engage pour 20 ans. La consultation sur Internet est tardive. Le PCR demande à George Pau-Langevin de prendre en compte trois propositions :

- transmettre à tous les électeurs le projet de loi présenté au Conseil des ministres.

- compléter cet envoi en y joignant les contributions des Réunionnais élus, société civile, partis politiques et collectivités locales.

- intervenir pour organiser des débats avec le concours du service public audiovisuel pour donner la parole à ceux qui ont manifesté par une contribution écrite leur intérêt au projet de loi.

L’avenir en jeu

Cela fait un an que le débat est lancé, avec très peu de contributions écrites. « Maintenant que la loi va passer à l’Assemblée nationale, on ne peut pas rester dans le flou. Nous voulons discuter carte sur table. La transparence est absolument nécessaire à la démocratie », ajoute Ary Yée Chong Tchi Kan. Il rappelle qu’une Réunionnaise est secrétaire d’État à l’Égalité réelle, mais « elle n’a pas trop brillé par l’explication à part de dire qu’au lieu de Français d’outre-mer, vous serez Français ». Autrement dit : « avèk sa ou sa pa bazar ».

Quel sera l’état du monde, de l’Europe et de La Réunion en 2040 ? La réflexion prospective est indispensable, d’où l’importance du débat qui doit associer le plus largement possible les Réunionnais.

La conférence de presse s’est conclue sur le rappel du rendez-vous de l’assemblée de Sainte-Suzanne le 4 septembre. Elle sera donc organisée un mois après le Conseil des ministres présentant le projet de loi sur l’égalité réelle, et à un mois du début du débat parlementaire sur le texte.

M.M.


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