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Le PCR demande une mission gouvernementale pour évaluer la situation à La Réunion

Après la visite de Najat Vallaud-Belkacem

Céline Tabou / 27 février 2013

Lors d’une conférence de presse, Faiza Ibrahim, Yvan Dejean et Fabrice Hoarau sont revenus sur la visite de la ministre du Droit des Femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, à La Réunion et les perspectives vers lesquelles mènent la tension sociale dans notre île.

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Le bilan de la visite de Najat Vallaud-Belkacem reste mitigé, en effet selon le Parti Communiste Réunionnais, cette dernière a été « la VRP du gouvernement, venue à La Réunion comme les autres avant elle pour vendre le dispositif des emplois d’avenir » . Cette dernière a d’ailleurs signé sept contrats au lieu des 50 prévus, a indiqué Fabrice Hoarau.

Se concerter pour changer le système

Fabice Hoarau rappelé qu’au mois d’août, Elie Hoarau, secrétaire général du PCR, avait envoyé un courrier à François Hollande afin de lui faire part de l’aggravation de la situation à La Réunion et des possibilités d’une « explosion sociale  ». Six mois plus tard, des Réunionnais ont manifesté au cours de ces dernières semaines pour demander un emploi. « Ce qui devait arriver arriva » , a indiqué Fabrice Hoarau. En effet, « nous constatons sur le terrain que la situation sociale se dégrade » de plus en plus vite et qu’aucune solution n’a été apportée.

Rappelant la victoire de François Hollande sur la base des projets du PCR, actés par le candidat socialiste à Saint-Louis, Fabrice Hoarau a indiqué que la « victoire du camp du progrès et de François Hollande a créé un certain espoir dans les foyers réunionnais » , mais qu’aujourd’hui « on voit des débordements » . Ce dernier alerte l’opinion sur les dangers de « minimiser les problèmes » des manifestants et notamment des jeunes. « Nous croyons qu’il faut prendre la mesure de la détresse de la jeunesse ».

La mise en place des contrats d’avenir est « une bouffée d’oxygène » pour les jeunes et un moyen de répondre à l’urgence sociale, a expliqué Fabrice Hoarau. « Mais aujourd’hui, toutes les collectivités sont réticentes à l’application de ces emplois d’avenir, car elles contestent un certain nombre de choses », comme le résiduel trop élevé de la part employeur. En effet, au lieu des 355 euros par mois exposés lors du Congrès des Maires de novembre 2012, ce sont 550 euros prévus avec les charges sociales qui sont contestés par les élus. Le PCR demande une exonération de charges patronales pour les collectivités et associations utilisatrices d’emploi d’avenir et une diminution du résiduel permettant aux collectivités de financer ces contrats.

« C’est pour ces raisons qu’il y a des retards dans l’application de ces contrats. Nous demandons que le gouvernement prenne en compte ces revendications », a estimé Fabrice Hoarau.

Ce dernier a évoqué les nombreuses prises de paroles des représentants politiques de La Réunion, indiquant que « l’on est arrivé au bout du système, il faut un changement radical, il faut de nouvelles solutions ». En effet, lors de sa visite, Najat Vallaud-Belkacem a fait savoir que « le gouvernement est arrivé au bout de ses possibilités. On est alors dans l’impasse, que faut-il faire ? » a posé Fabrice Hoarau. Le cadre du PCR a mis en avant la nécessité de « réfléchir afin de trouver des solutions pour notre territoire » , dans la concertation avec l’ensemble de la société réunionnaise autour de deux axes : « répondre à l’urgence sociale et bâtir l’avenir ».

« Répondre à l’urgence sociale et développer durablement notre pays »

De son côté, Yvan Dejean a mis en avant les propositions du Parti Communiste Réunionnais pour répondre à l’urgence et développer durablement La Réunion. « Nous voulons donner un signal fort à la jeunesse désespérée et qui inévitablement fera n’importe quoi » a expliqué Yvan Dejean. Cela passe par des contrats aidés sur lesquels « nous n’allons pas cracher dessus et qu’il faut maintenir à son même niveau que l’an dernier » . Ce dernier préconise une concertation de toutes les collectivités afin de demander plus de contrats pour cette année.

«  Ce sera l’occasion de montrer aux jeunes que l’on ne veut pas se servir d’eux pour les élections  » a expliqué l’élu de Saint-Louis. « Nous demandons d’urgence une nouvelle gestion des contrats aidés  », au sein d’une structure « présidée par une personnalité de la société civile pour mettre fin totalement au clientélisme électoral et l’utilisation des jeunes à des fins que l’on condamne  » a-t-il expliqué. Ce dernier a également évoqué le domaine du logement qui est créateur d’emploi et pouvant relancer le secteur du BTP. « Nous demandons au préfet et à Nassimah Dindar de réunir le Conseil départemental de l’habitat pour lever les obstacles afin d’établir une feuille de route » , pour répondre aux 25.000 demandes de logement en attente et programmer la construction.

Développement et emploi

Sur le long terme, le PCR propose de dynamiser des secteurs d’activités comme les énergies renouvelables, à travers l’autonomie énergétique : « Personne n’est contre cette proposition (…) D’ailleurs, ceux qui condamnaient les projets énergétiques proclament aujourd’hui l’autonomie énergétique » a expliqué Yvan Dejean. Mais également, les déplacements avec le ferroviaire, « il faut un train à La Réunion » .

Ces propositions demandent un financement, c’est pour cette raison que le PCR propose la création d’un Fonds réunionnais de développement. Celui-ci pourrait être alimenté par «  la taxation des recettes des jeux, le prélèvement des grandes sociétés ayant leur siège social à l’extérieur de l’île et ouvrir au débat l’épargne des Réunionnais qui bénéficie d’un revenu majoré  » a expliqué Yvan Dejean. Pour l’emploi, « nous demandons un moratoire pour les 15 prochaines années dans la fonction publique » . Sur cette question, le PCR a indiqué qu’il enverrait ses propositions pour l’emploi au sénateur Patrick Lebreton, chargé d’une mission gouvernementale sur l’emploi des ultramarins.

Pour conclure, Faiza Ibrahim a expliqué que dans un contexte de crise à La Réunion et en France, il est urgent de demander au gouvernement d’envoyer en urgence une mission gouvernementale, allant à la rencontre de tous les acteurs de la société réunionnaise afin de définir des mesures d’urgence et de développer durablement La Réunion.

Céline Tabou

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