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Le PCR proposera d’expertiser la faisabilité des deux grands services et du fonds d’investissement

Une délégation rencontrera François Chérèque

Manuel Marchal / 25 octobre 2013

La direction du PCR a présenté hier ce qu’elle compte dire à l’envoyé spécial du gouvernement chargé de la lutte contre la pauvreté. Une délégation d’élus communistes doit rencontrer François Chérèque lundi après-midi.

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Quatre membres de la direction du PCR, Camille Dieudonné, Ary Yee Chong Tchi Kan, Yvan Dejean et Ginette Sinapin, ont rencontré hier la presse.

Le 29 septembre dernier, le PCR avait annoncé qu’il avait sollicité une audience auprès de François Chérèque lors de la venue de ce dernier à La Réunion. Le chargé de mission du gouvernement a répondu favorablement à la demande. Lundi après-midi, trois élus communistes seront reçus. Firose Gador, Yvan Dejean et Maurice Gironcel demanderont à François Chérèque de soutenir une expertise de deux propositions du Parti destinées à lutter contre la pauvreté : la création de deux grands services d’intérêt public dans l’environnement et l’aide à la personne, ainsi que celle d’un fonds d’investissement réunionnais abondé notamment par la sur-rémunération transformée en épargne. C’est cette démarche qui a été expliquée hier en conférence de presse par 4 membres du secrétariat du PCR : Camille Dieudonné, Ary Yee Chong Tchi Kan, Yvan Dejean et Ginette Sinapin.

Contexte

Yvan Dejean est d’abord intervenu pour présenter le contexte de la visite de François Chérèque.

« Nous avons atteint les limites du système. 160.000 chômeurs, 120.000 illettrés, 25.000 demandes de logement en souffrance… », Yvan Dejean rappelle les indicateurs de la crise, « à cela se rajoute le RSTA qui a privé les travailleurs d’un complément de revenu de 100 euros. C’est un mois de salaire par an de moins » .

« Le risque que d’ici la fin de l’année le COSPAR disparaisse. C’est un appauvrissement considérable des travailleurs » , indique le dirigeant communiste. De plus, le vote du budget 2014 va se traduire par une fiscalité qui va peser davantage sur les familles les plus fragiles. La dotation aux collectivités va baisser de 1,5 milliard d’euros. Cela aura un impact à La Réunion, alors que dans notre île, la population augmente de 10.000 personnes par an. Les collectivités ont de la peine à créer les équipements nécessaires, les besoins sont considérables, et c’est à ce moment que les collectivités sont privées de cet argent, dit en substance Yvan Dejean.

François Chérèque vient à La Réunion présenter le plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et l’exclusion présenté. Il recevra lundi une délégation d’élus du PCR : Maurice Gironcel, Firose Gador et Yvan Dejean.

Deux grands services

Ary Yee Chong Tchi Kan a expliqué les thèmes que le PCR souhaite aborder lors de cette rencontre. La délégation présentera deux objectifs et une méthode.

Le premier objectif, c’est la création de deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne. Cette idée a déjà plusieurs années. Elle avait été présentée au Sénat par Gélita Hoarau. Elle pose deux grands principes : ne pas demander plus d’argent à l’État et créer des emplois pérennes.

Le PCR propose de mutualiser les crédits des contrats aidés, soit 600 millions d’euros par an. Il ne s’agit pas d’emplois verts, mais du développement d’un secteur nouveau de l’économie de proximité, précise Ary Yee Chong Tchi Kan. Ainsi l’aide à la personne est liée à la démographie, au vieillissement de la population. Ce sont 50.000 contrats potentiels. Il faut « sortir de tout ce qu’on connaît actuellement et ne pas retomber dans le clientélisme » .

Fonds d’investissement

L’autre objectif, c’est la création d’un fonds d’investissement réunionnais pour faire décoller l’économie. Il s’agit de « réorienter la sur-rémunération vers l’épargne » . « Pas de spoliation » , car le fonctionnaire récupère son argent avec des intérêts. Une taxe sur les bénéfices de sociétés basées en France, et sur les jeux de hasard contribuera aussi au fonds d’investissement. Le PCR prévoit que le fonds récoltera « entre 800 millions et un milliard d’euros par an » . Cette proposition va au-devant de la menace de suppression de la sur-rémunération. Ainsi les sommes resteront à La Réunion et ne seront pas rapatriées en France, et les fonctionnaires ne subiront pas une baisse de leurs revenus. Pour la gouvernance de ce fonds, le PCR pense aux syndicats et à l’État.

Demande d’expertise

La méthode que le PCR présentera à François Chérèque, c’est l’expertise de la faisabilité des propositions. Le Parti demande que les deux grands services et le fonds réunionnais d’investissement soient expertisés. La méthode permettra dire si ces propositions peuvent être approfondies ou pas.

Lundi, après la rencontre avec l’envoyé du gouvernement, le PCR rendra compte du résultat.

M.M.


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