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Le PCR salue « le mouvement unanime de l’Association des maires »

Report de la rentrée scolaire pour des raisons de sécurité

Céline Tabou / 11 août 2012

Le Parti Communiste Réunionnais a exprimé son soutien à l’Association des Maires du Département de La Réunion (AMDR). Lors d’une conférence de presse hier à Saint-Pierre, présidée par Yvan Dejean, Gélita Hoarau et Krishna Damour ont salué l’action de l’association des maires et rappelé les propositions du PCR pour répondre à ces difficultés.

« La situation est grave », a introduit Yvan Dejean pour qualifier le report de la rentrée scolaire, décidé par 23 maires de La Réunion. « Ce n’est pas un mouvement d’humeur de la part des maires, car la seule autorité qui a la solution est le gouvernement ».

Le gouvernement détient la clé

Pour des raisons de sécurité et d’hygiène, 23 maires sur 24 ont décidé de reporter la rentrée scolaire, « afin de protester contre la diminution du quota des contrats aidés ». Krishna Damour a expliqué qu’une commune du Sud a vu le nombre de ces contrats aidés diminuer de 60%, passant de 152 en 2011 à 60 en 2012. Même son de cloche pour une commune de l’Est, qui possédait 218 contrats l’an dernier, contre 74 cette année, soit une baisse de 66%. « Ce recul général concerne toutes les communes, cela concerne principalement les écoles, l’aménagement et les emplois aidés dans l’environnement », a expliqué ce dernier.
« Il s’agit d’un choix responsable de la part des maires, car ils sont responsables devant la loi, concernant la sécurité de nos enfants. Le gouvernement détient la clé de la solution : il faut le même effectif que celui de l’an dernier ». Face aux difficultés destinées à garantir ses responsabilités, la structure des emplois au sein des collectivités est également dénoncée, car il existe trois types de statuts : l’agent permanent titulaire, l’agent permanent non titulaire et l’employé en contrat aidé. « Cette hétérogénéité est difficilement gérable par les communes », a indiqué Krishna Damour.

Une fonction publique à trois vitesses

D’autant plus que les contrats aidés sont en priorité affectés dans les écoles maternelles et primaires, rendant les communes dépendantes de ces contrats pour le bon fonctionnement de leurs établissements scolaires. « Au-delà des gouvernement de droite ou de gauche, nous n’accusons personne comme cela a pu être entendu ces derniers jours, notre démarche est consultative, car nous demandons une étude pour répondre aux difficultés des communes et saluons le mouvement unanime de l’AMD », a-t-il indiqué.
Dans la suite des annonces de Paul Vergès sur la sur-rémunération et l’appel lancé à l’unité dans la Fonction publique, Krishna Damour a précisé que « la question de la rémunération sera également mise sur la table, car comme vous le savez il existe trois types de statuts au sein des communes ». Ce dernier a expliqué que « la titularisation de tous les agents ne pourrait être supportée par le budget des communes », d’où une nouvelle politique des revenus qui devra être débattue par les acteurs politiques et économiques de l’île.

« Sans argent, comment faire ? »

De son côté, Gélita Hoarau a rappelé l’émotion suscitée par l’annonce de l’AMDR, notamment auprès des parents, qui devront trouver des solutions pour garder leurs enfants jusqu’à la rentrée scolaire. Cette dernière a également rappelé qu’au-delà de la gestion des établissements scolaires, les emplois aidés ont des missions périscolaires, avec notamment la surveillance des enfants à l’interclasse, dans les bus scolaires et la garde d’enfant le matin et en fin d’après-midi. « Tout ce personnel périscolaire n’étant plus assuré, car les maires nous ont indiqué que ce seraient ces contrats aidés en premier lieu qui seront supprimés, cela veut dire que les parents devront trouver des alternatives pour leurs enfants », a expliqué Gélita Hoarau. Cette dernière a rappelé que les crèches seraient également touchées par la suppression des emplois aidés. « Le problème est grave, il demande des solutions rapidement ».
Gélita Hoarau a évoqué les promesses de campagne de François Hollande, qui avait « décidé de faire de la jeunesse sa priorité lors de sa mandature, et pour cela avait annoncé une augmentation du nombre d’emplois dans l’Éducation nationale ». Cette dernière a repris les propos tenus par un collaborateur du ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, qui a indiqué que c’est au local de trouver des solutions : « Il a déclaré que ce n’était pas la première fois que la rentrée était mise à mal, puis c’est faite. Il a dit que La Réunion devait trouver des solutions, oui, mais sans argent, comment faire, car les contrats aidés dépendent des subventions du gouvernement ».

Céline Tabou

Deux grands services pour La Réunion

Dans la suite des propos tenus par Gélita Hoarau, Yvan Dejean a rappelé les propositions du PCR pour la création de deux grands services publics, l’un d’aide à la personne et l’autre, dans la protection de l’environnement, qui permettront « un développement durable, social et solidaire » de La Réunion. « Le PCR a formulé un certain nombre de propositions sur la gestion humaine des contrats aidés, qui doivent sortir de la main des politiques et dont la gestion doit être transparente », a-t-il précisé.

Ce dernier a évoqué « la dignité humaine » à laquelle a droit un employé de contrat aidé. « Il faut que les contrats aidés ne servent plus de clientélisme électoral, car quel que soit les communes de droite ou de gauche, il y a va de la dignité humaine, pour un emploi durable et stable », avec une formation possible à la clé.

Yvan Dejean a conclu la conférence de presse en appelant à une « volonté politique pour mettre en place les deux grands services et répondre ainsi à l’urgence des contrats aidés. Il faut rompre la dépendance des communes vis-à-vis des contrats aidés qui peuvent être supprimés à tout moment par l’État ».

Céline Tabou



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