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Le peuple réunionnais n’est pas représenté à la conférence économique et sociale

Crise politique à La Réunion

Céline Tabou / 31 octobre 2012

À La Réunion, 71,49% des électeurs ont voté pour François Hollande sur la base d’un projet. Le gouvernement décide d’organiser à La Réunion une conférence économique et sociale pour donner une feuille de route pour les 5 ans à venir. Mais les Réunionnais n’ont pas leur mot à dire lors de cette conférence, comme l’a expliqué Paul Vergès, co-fondateur du PCR. Cette conférence s’est résumée à un débat entre fonctionnaires et représentants du patronat, qui n’ont pas contribué à la victoire de François Hollande à La Réunion. Le peuple a choisi, et est écarté des débats aujourd’hui.

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«  Il faut dire la vérité aux Réunionnais  » a déclaré Paul Vergès en claquant la porte de la Chambre des métiers de Saint Denis, où se tenait la conférence économique et sociale de La Réunion. Considéré comme «  un acte symbolique et historique  », la position de Paul Vergès met en exergue le non-respect de la démocratie à La Réunion.

Les Réunionnais ont voté à 71,49% pour François Hollande, sur la base d’un projet de développement destiné à répondre à l’urgence sociale à La Réunion. Sans ce vote, la conférence économique et sociale des 29 et 30 octobre n’aurait pas eu lieu. La démarche entreprise par François Hollande, afin de bâtir une feuille de route, aurait pu être réalisée par le peuple qui possède les connaissances et compétences pour le développement de La Réunion.

Un rendez-vous pourtant essentiel

L’absence d’acteurs politiques, syndicaux et associatifs met en évidence un déni de démocratie et une non-reconnaissance du « génie réunionnais ». 

La conférence économique et sociale, dont la synthèse aura lieu le 14 novembre, doit répondre à l’urgence sociale de l’île. En effet, emploi, dialogue social, gouvernance et économie sont les principaux axes de développement de La Réunion, qui nécessitent des mesures «  novatrices et audacieuses » , remettant en cause le système actuel, comme l’a expliqué dimanche 28 octobre, le PCR lors d’une conférence de presse.

Les problèmes fondamentaux des Réunionnais auront été mis à débat par 61 hauts fonctionnaires, 30 patrons, 7 syndicats et entre autres 11 parlementaires parmi lesquels 10 étaient absents. Ni les médias, ni les partis politiques, ni les acteurs associatifs n’ont été sollicités pour échanger sur ces problématiques. D’autant plus que face à la dégradation de la situation économique, sociale et environnemental, les Réunionnais auraient pu être invités pour dresser les 7 à 8 mesures destinées à mener la politique gouvernementale dans l’Outremer et notamment à La Réunion.

Le huis clos sans le peuple

Faute de bilan des politiques menées à La Réunion telles que la politique d’intégration, la cherté de la vie, la politique des revenus, Paul Vergès a dénoncé une conférence où le débat est à huis clos entre des directeurs de service de l’État, le patronat sans la représentation des syndicats et des élus.

Les décisions du peuple auraient dû être respectées par les pouvoirs publics en charge de l’organisation de cette conférence économique et sociale. Car, le contrat liant le nouveau président de la République et les Réunionnais a été scellé lors des élections présidentielles sur la base d’un projet de développement pour les Réunionnais qui ont massivement voté pour lui. Face à cette situation, la démocratie doit être respectée et s’exercer.

Céline Tabou


Kanalreunion.com