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Le plus grand danger : l’eau de ruissellement

Après les inondations à Maurice

Témoignages.re / 3 avril 2013

La très grave catastrophe qui vient d’endeuiller Maurice rappelle que bien plus que le vent, c’est l’eau de pluie qui ruisselle et s’accumule qui est la plus grande menace pour la population, aussi bien à Maurice, qu’à La Réunion.

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Samedi, une trombe d’eau s’est déversée brusquement sur la région de Port-Louis. Les flots ont dévalé les montagnes environnant la capitale de Maurice pour s’accumuler dans la cuvette où la ville est construite. Les rues se sont transformées en torrents. Des victimes ont été piégées dans un passage souterrain très fréquenté. Les parkings souterrains ont aussi montré leur vulnérabilité à une rapide montée des eaux. La force de l’eau a retourné des voitures, et des chaînes humaines se sont formées pour éviter que des personnes soient emportées par les flots. L’ampleur de la catastrophe est telle que lundi a été décrété journée de deuil national par le gouvernement. Quant aux habitants de Port-Louis, ils disent n’avoir jamais vu de tels dégâts.

Le phénomène meurtrier n’était pourtant pas un cyclone, et comme La Réunion est à 200 kilomètres de Maurice, il est clair que ce qui s’est passé tout près de chez nous peut aussi arriver ici.

Comme Maurice, La Réunion est une île tropicale habituellement touchée par les cyclones. Ces phénomènes climatiques sont caractérisés par des vents violents et des pluies importantes. À La Réunion, ce n’est pas le vent qui fait le plus de victimes, mais bien l’eau de pluie. Cette dernière n’est pas totalement absorbée par le terrain, elle ruisselle jusque sur le littoral. L’urbanisation des pentes favorise ce phénomène.

Dans notre île, les centres les plus importants restent concentrés sur le littoral où peuvent se conjuguer les effets de deux phénomènes : la montée du niveau de la mer à cause de la houle cyclonique et l’accumulation des eaux de ruissellement.

Au siècle dernier, le passage d’un cyclone a rayé Saint-Leu de la carte rien que sous l’action de l’eau. En 1948, le centre-ville était transformé en un lit de rivière d’où émergeaient quelques cases. D’autres zones fortement peuplées peuvent encore aujourd’hui connaître le même phénomène de submersion, notamment le centre-ville de Saint-Paul. À Saint-Denis, c’est la multiplication des parkings souterrains qui peut être source d’inquiétude après la catastrophe de Port-Louis.

Il existe bien la possibilité de protéger la population des dégâts des eaux de ruissellement. En 2007, après l’effondrement du pont de la rivière Saint-Etienne emporté par la crue provoqué par Gamède, Paul Vergès avait proposé de lancer le grand chantier de l’éradication des radiers. Dans l’urgence, des ponts Bailey pourraient être déployés. L’objectif est de mettre les usagers des routes à l’abri des brusques montées des eaux pouvant submerger un radier en quelques minutes.

Les inondations de Port-Louis viennent rappeler l’importance de se protéger du plus grand danger : l’eau de ruissellement.

 M.M. 


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