Actualités

Le pouvoir central valide l’enclavement numérique de La Réunion

Après la MCUR, le tram-train et l’autonomie énergétique, un nouveau projet démoli : RAVENAL

Manuel Marchal / 21 avril 2011

Durant la précédente mandature de la Région, l’équipe dirigée par Paul Vergès travaillait à un projet en partenariat avec Madagascar : la construction du câble RAVENAL reliant directement La Réunion au Sud de la Grande Île pour se connecter sur le réseau EASSY, une véritable autoroute de l’information reléguant le SAFE au rang de départementale. Un an après l’élection de Didier Robert, la Préfecture valide la stratégie de l’UMP : la suppression de RAVENAL et l’enclavement de La Réunion au profit des monopoles.


Lire aussi :

RAVENAL ouvre La Réunion sur le monde
Le pouvoir central se moque des Réunionnais
L’UMP veut-il fausser la concurrence ?


Hier, la Préfecture a diffusé un communiqué dans lequel est exposée une Stratégie de cohérence régionale pour l’avènement du très haut débit. Le très haut débit dépend des infrastructures à l’intérieur de La Réunion. La précédente direction de la Région avait réussi à mener à bien le chantier de Gazelle, qui donne aujourd’hui satisfaction techniquement à tous les opérateurs qui l’utilisent.
L’autre aspect de l’arrivée du très haut débit, c’est la qualité des liaisons numériques entre La Réunion et l’extérieur. Celles-ci dépendent aujourd’hui essentiellement du câble SAFE, qui a près de 10 ans. La venue de cet équipement à La Réunion a été le fruit d’un combat mené notamment par Élie Hoarau à l’Assemblée nationale, car à l’origine, France Télécom avait prévu l’arrivée du SAFE à Maurice, mais pas à La Réunion. Au bout de bientôt 10 ans d’utilisation, ce câble avoue son âge, et il est techniquement dépassé par de nouvelles infrastructures. Le long de la côte Est de l’Afrique, deux consortiums ont posé des câbles bien plus puissants, EASSY et SEACOM. Outre leur avance technique sur le SAFE, ces câbles sont détenus à plus de 75% par des opérateurs africains, ce qui n’est pas le cas de SAFE et de sa bretelle LION qui relie Tamatave à Maurice en passant par La Réunion.
Devant cette réalité, la précédente mandature de la Région Réunion avait réussi à travailler en partenariat avec Madagascar à la réalisation d’un câble reliant nos deux pays. Cette infrastructure aurait permis à notre île de se connecter au câble EASSY, au débit déjà 4 fois supérieur à celui du SAFE.

Baisse des prix compromise

Outre un meilleur accès à Internet, cette liaison aurait aussi été un moyen de baisser les prix, car notre île n’était plus obligée de se soumettre au tarif des propriétaires du SAFE. Rappelons que l’Autorité de régulation des télécoms a contraint ces derniers à cesser des prix abusifs qui retardaient considérablement le déploiement de l’Internet à haut débit à La Réunion.
Mais l’arrivée de Didier Robert à la Région a mis fin à ce projet de désenclavement. Du jour au lendemain, la collectivité a cessé de travailler avec Madagascar, devenant de fait une composante de l’axe Paris/Port-Louis.
Et elle n’a plus du tout communiqué sur RAVENAL.
Hier, la Préfecture a confirmé l’enterrement du projet. Dans un communiqué de deux pages, pas une seule fois RAVENAL n’est cité. Pas un mot non plus sur EASSY. Les Réunionnais devront se contenter de l’existant. Autrement dit, Didier Robert et le gouvernement livrent le pays aux propriétaires du SAFE, et chacun sait que le principal actionnaire de ce consortium est l’entreprise qui avait le monopole des télécommunications à La Réunion.
Voilà où mène donc la politique de démolition des projets par l’UMP : c’est le renforcement des monopoles qui transfèrent ensuite à Paris des bénéfices prodigieux faits sur le dos des Réunionnais.

Manuel Marchal


Lire aussi :

RAVENAL ouvre La Réunion sur le monde
Le pouvoir central se moque des Réunionnais
L’UMP veut-il fausser la concurrence ?


Kanalreunion.com