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Le précédent du tramway de Seine Saint-Denis

Didier Robert gêné aux entournures par ses 2.000 bus

Manuel Marchal / 13 avril 2010

En 1986, des élus ont voulu profiter d’un changement de majorité pour remplacer un tram en projet par des bus. Les études qu’ils ont pourtant eux-mêmes ordonnées ont démontré que ce remplacement n’avait pour seul résultat que gaspiller l’argent du peuple pour rien. Didier Robert doit le savoir, ce qui explique son embarras et son silence dans les médias.

Ce n’est pas la première fois qu’à la faveur d’un changement de majorité des élus remettent en cause un projet de tram inclus dans un contrat signé par des collectivités avec l’État. Didier Robert doit en effet savoir qu’en 1986, des élus avait tenté de remettre en cause le tramway de Seine Saint-Denis lancé sous une précédente majorité. Son financement avait été acté dans le Contrat de Plan État-Région signé en 1984 selon la répartition suivante : État 50%, Région 42,8% et Département 7,2%.
Après les législatives et les régionales de 1986, l’État et la Région étaient sous le contrôle d’un parti auquel appartenait des élus locaux opposés à la réalisation du tramway.
Le gouvernement avait donc demandé à la RATP, maître d’ouvrage, la relance d’études pour prouver que le bus était mieux que le tram. Leurs conclusions n’allaient pas dans le sens attendu par les opposants du tram.
En effet, le remplacement du tram par le bus était possible, mais à quel prix : beaucoup plus cher en fonctionnement et moins performant. En effet, une rame de tram dure au moins 30 ans, soit la durée de vie de trois bus. De plus, elle permet d’embarquer bien plus de passagers. Enfin, entre le bus et le tram, le choix des usagers penche pour la seconde solution. Autrement dit, le tram c’est plus attractif que le bus.
Enfin, le choix de remplacer le tram remettait en cause le financement du projet, et donc sa réalisation. Tout devait être repris à zéro et les collectivités locales concernées étaient loin de donner leur accord à un bus plutôt qu’à un tram.
Toutes ces raisons ont amené la RATP à maintenir son choix sur le tram. Le projet est néanmoins resté bloqué jusqu’à l’élection suivante. Cela eut pour effet de faire perdre quatre ans sur la date de livraison du projet. Le tram a en effet été inauguré en 1992 au lieu de 1988.
Et le succès a dépassé les prévisions. Au bout de trois mois d’exploitation complète, les prévisions de 55.000 passagers par jour sont atteintes. Sept ans plus tard, 80.000 personnes montaient tous les jours dans le tram. Au bout de quinze ans de service, le trafic a doublé par rapport aux prévisions, il atteignait en effet plus de 115.000 usagers par jour. Et cela avec les rames achetées 15 ans plus tôt.
Voilà les informations que Didier Robert doit savoir, et c’est pourquoi il est bien gêné quand il doit aborder la question du remplacement du tram-train par 2.000 bus. Il sait que des élus ont tenté de le faire ce qu’il dit, mais que les études qu’ils ont pourtant eux-mêmes commanditées démontrait que ce remplacement n’avait pour seul résultat que gaspiller l’argent du peuple pour rien.

M.M.


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