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Le Président de la République définit un nouveau rapport entre les DOM et la France : le respect

États-généraux

Manuel Marchal / 9 octobre 2009

Un projet cohérent pour répondre aux enjeux spécifiques de notre île, et un large rassemblement autour de ce projet : ces deux conditions du développement endogène sont en train de se construire à La Réunion. C’est ce que souligne la démarche lancée par la Région et le Département. À moins d’un mois du Conseil interministériel sur l’Outre-mer, c’est un nouveau rapport qui se dessine entre la France et les départements d’outre-mer.

« Ce qui a changé, c’est que nous avons un discours franc et direct. La force de proposition, la constance dans les engagements et le refus de la démagogie sont encore, à mes yeux, les preuves les plus authentiques de ce qui vous tient à cœur par dessus tout : le respect » : ainsi s’exprime le Président de la République hier dans les colonnes du "JIR". Dans une interview, Nicolas Sarkozy annonce la tenue le 6 novembre prochain du Conseil interministériel qui marquera le temps des décisions après la concertation qui était la phase des États-généraux. Cette redéfinition d’un rapport entre les DOM et la France converge avec un constat largement partagé : aucune solution ne peut sortir de l’affrontement institutionnel et la clé de la réussite se situe dans le partenariat autour d’un projet.
Justement, depuis déjà de nombreuses années, La Réunion est une terre de projets. En 1975, le Parti communiste réunionnais publiait le Plan immédiat de survie. Cette année 1975 était en effet une échéance décisive, marquée par une plus forte intégration de La Réunion dans ce qui n’était pas encore l’Union européenne, mais le Marché commun. Une échéance redoutable, car en pleine période d’aggravation de la situation.

Terre de projets

1975, c’était au lendemain des accords de 1969 qui ont commencé à restructurer une filière qui comprenait 25.000 planteurs, des milliers d’ouvriers d’usine et de journaliers agricoles. 1975, c’était au moment où les planteurs de géranium étaient ruinés par milliers, car leur production était intégrée à un marché mondial. 1975, c’était la pénurie d’emploi, plus de 25% de chômage, déjà avec pour seule réponse une émigration massive et planifiée par Paris des jeunes générations vers la France.
Sortir de cette situation, c’était une question de survie. C’est alors qu’ont été inscrite dans un document le résultat de quatre années d’expérimentations réussies dans plusieurs communes dirigées par les forces de progrès.
Et en 1975, le Plan immédiat de survie proposait des moyens pour aller vers ce que 12 ans plus tard, la Commission mondiale sur l’environnement et le développement allait appeler le développement durable. Au cours de ces trente dernières années, l’idée de construire une alternative pour créer les conditions de la survie de la société réunionnaise est une idée qui n’a cessé d’avancer. Elle s’est notamment exprimée dans le Plan réunionnais de développement durable, sur lequel tous les candidats à l’élection présidentielle se sont positionnés favorablement. Elle s’est manifestée dans des projets qui s’inscrivent dans un partenariat institutionnel. C’est par exemple le PRERURE, qui précise peu à peu les contours de l’autonomie énergétique pour 2025. C’est aussi le tram-train, qui va apporter un changement considérable dans la manière de nous déplacer, mais aussi dans le bilan énergétique de La Réunion.

La sortie de l’affrontement

C’est dans ce contexte que surviennent les manifestations aux Antilles, en Guyane et à La Réunion. Ce mouvement finit par déboucher sur l’annonce d’une concertation par Paris. Cette démarche a un objectif : changer le modèle en place depuis des décennies, et qui manifestement ne permet pas de garantir aux sociétés de l’outre-mer les conditions de la survie de leur cohésion sociale. Deux ans après l’avoir annoncé, le Président de la République entend donc donner un contenu au concept de développement endogène.
À La Réunion, les États-généraux débouchent sur un projet conjoint du Conseil général et de la Région. Ce projet bénéficie du soutien chaque jour plus large des communes. Et dimanche dernier, à quatre reprises sur quatre votes, les électeurs ont placé largement en avant les candidats qui s’inscrivent dans cette démarche de projet réunionnais.
C’est un message « franc et direct » pour reprendre les propos tenus hier dans le "JIR" par le Président de la République. Un projet réunionnais pour répondre à des enjeux réunionnais, et un large rassemblement autour de ce projet : ce sont deux conditions essentielles du développement endogène qui se dessinent dans notre île.
Ce développement ne peut pas se construire dans l’affrontement. Il ne peut exister que dans le partenariat institutionnel. Et tout partenariat implique donc des partenaires qui se respectent. C’est précisément autour de ce respect qu’est en train de se construire un nouveau rapport entre les DOM et la France. Dans ces conditions, personne ne pourrait comprendre que les propositions issues des représentants que les Réunionnais se sont choisis ne soient pas prises en compte dans la réforme structurelle que décidera Paris.

Manuel Marchal


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