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Le projet de loi portant réforme des élections locales : un grand pas vers la parité ?

Témoignages.re / 10 avril 2013

« Les partis politiques jouent, on le sait, un jeu insidieux aboutissant à conjuguer candidat au féminin uniquement dans les circonscriptions complexes, ou encore à ne réserver aux femmes que la deuxième place sur la liste ou la suppléance » , souligne Nassimah Dindar.(photo d’archives MM)

Les citoyens aspirent à davantage de parité, en matière de prise de décision économique comme en matière de leadership politique.
Ainsi, l’initiative du gouvernement, soutenue par l’Assemblée des Départements de France (ADF), de faire émerger un binôme homme-femme dans le cadre des futures élections départementales est louable, tant il est vrai que malgré les lois successives, les Conseils généraux restent rétifs à la féminisation. En effet, au Conseil général de La Réunion, nous comptons seulement 7 femmes élues sur les 49 membres de l’assemblée départementale. Au niveau national, la part des femmes conseillères générales n’atteint même pas les 15%.
Mais force est de constater combien le manque de concertation préalable et les achoppements successifs, la navette parlementaire sur ce texte censé revitaliser notre démocratie locale aboutit finalement à donner au citoyen un bien triste spectacle.

Après l’épisode du rejet du texte par le Sénat en janvier dernier, nous assistons à présent à l’échec de la Commission mixte paritaire. La navette parlementaire entamera son troisième "round" où en cas de désaccord persistant, l’Assemblée nationale aura finalement le dernier mot d’ici le 17 avril prochain.
L’enjeu n’est pas seulement d’empêcher un redécoupage électoraliste de la carte cantonale. Il s’agit aussi et surtout de faire avancer la parité.

Les partis politiques jouent, on le sait, un jeu insidieux aboutissant à conjuguer candidat au féminin uniquement dans les circonscriptions complexes, ou encore à ne réserver aux femmes que la deuxième place sur la liste ou la suppléance.
Plutôt que de procéder ainsi par à-coups, n’est-il pas grand temps de porter une réforme électorale globale favorisant la parité dans l’ensemble des lieux restant l’apanage des hommes ? N’est-il pas grand temps de tirer les leçons des réformes constitutionnelles et législatives successives depuis 1999 et n’ayant toujours pas permis à la parité de devenir une réalité palpable en dehors des assemblées accessibles par scrutin de liste ? Si le scrutin binominal devait être introduit dans les mœurs électorales de la République française, n’est-il pas plus judicieux de l’élargir pour l’ensemble des élections à scrutin majoritaire ?

Je vais donc adresser un courrier au Premier ministre afin de lui faire part de ma proposition d’instaurer le même mode de scrutin binominal pour les élections législatives. Il serait anormal qu’un lieu tel que l’Assemblée nationale, qui a le dernier mot sur le vote des lois, reste à l’écart de la dynamique paritaire. Les députés doivent être exemplaires et voter la parité pour leur propre assemblée.
J’inviterai également l’ensemble des parlementaires de La Réunion à soutenir cette initiative.

La parité ne peut être l’alibi d’une réforme à visée électoraliste, mais doit être le socle d’un véritable renouveau démocratique dans les lois votées comme dans les réalités vécues.

Nassimah Dindar

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Les Conseils généraux restent rétifs à la féminisation. Au Conseil général de La Réunion, on compte seulement 7 femmes élues sur les 49 membres de l’assemblée départementale.

(photo d’archives MM)


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