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Le projet du changement au cœur de la présidentielle

Après le succès de la Conférence extraordinaire du PCR

Manuel Marchal / 21 février 2012

Des barrages sur les routes, des manifestations parties des quartiers populaires dans plusieurs villes de La Réunion : la vie chère est un des symptômes d’un système à bout de souffle qu’il est nécessaire de changer. En plaçant les propositions réunionnaises pour le changement au cœur de la campagne présidentielle, le PCR est en phase avec la situation.

Nous sommes à deux mois de la présidentielle. Cette élection se déroule dans un contexte de crise généralisée. En Europe, des États sont au bord de la faillite et quémandent l’aide du FMI. La Grèce est le pays le plus touché. En France, Sarkozy a entrainé le pays dans la pire crise économique depuis 1929. Toutes les dépenses publiques sont contraintes, le pouvoir central a décidé de rompre la solidarité avec les collectivités. Ces dernières voient donc leur situation s’aggraver chaque jour un peu plus.
À La Réunion, les répercussions de cette situation s’ajoutent à la grave crise structurelle que connaît notre pays depuis des décennies. C’est l’impasse, et les manifestations qui se multiplient actuellement sont l’illustration de l’incapacité du modèle d’intégration-assimilation à apporter des solutions viables.
En 2009, la mobilisation de la population et du COSPAR avait permis la baisse des prix des carburants, entrainant un gain de pouvoir d’achat général. Mais, trois ans plus tard, les prix sont plus élevés qu’avant les manifestations du COSPAR. Ce qui tend à démontrer qu’avec le modèle actuel, la mobilisation du peuple est la seule manière d’imposer une amélioration passagère.

Le refus de la responsabilité

Nous sommes arrivés au bout d’un cycle, et cela même le "JIR" l’admet dans son édito d’hier. Il constate que la crise a atteint un tel niveau que le redressement est impossible dans l’immédiat, et cela quel que soit le prochain président de la République.
Cette impasse, cela fait bien longtemps que le PCR l’a intégrée dans sa réflexion et a mis en garde contre ses conséquences dramatiques.

Dimanche, Paul Vergès a rappelé que si, au 19e siècle, le 20 décembre 1848, un commissaire est venu libérer les esclaves, au 20e siècle, le 19 mars 1946, ce sont les Réunionnais eux-mêmes qui ont choisi leur destin. Il a suffi d’une loi pour mettre fin au statut colonial et ouvrir des perspectives pour l’Outre-Mer. Maintenant, au 21e siècle, nous devons agir pour franchir une nouvelle étape qui marquera plusieurs générations. La date dépend de nous. Le rassemblement le plus large des Réunionnais volontaires pourrait accélérer l’échéance. En tout cas, c’est la tâche qui sera dévolue aux élus qui sortiront des urnes.

Depuis sa fondation en 1959, le Parti communiste réunionnais s’est fixé le mot d’ordre de la responsabilité : les solutions à la crise qui touchait déjà La Réunion, ce sont les Réunionnais qui sont les mieux placés pour y apporter des réponses et les appliquer. Toute volonté de s’en remettre à des idées parisiennes ne peut qu’amener à des solutions inadaptées. La persistance dans cette erreur d’une partie de notre classe politique amène à la catastrophe que nous vivons. Et comme le dit le "JIR", « certains élus ont-ils au moins remarqué que leurs administrés avaient envahi les rues pour protester ? ».
Sortir de cette impasse est obligatoire, sous peine de faire sombrer la société dans une crise sans retour. La conférence extraordinaire du PCR de dimanche et son résultat sont donc en phase avec la nécessité du changement.

Le moment décisif

Coïncidant avec les soubresauts d’un système à bout de souffle, arrive l’élection présidentielle. Et une alternance est envisageable. Il ne s’agit pas de changer de personne mais de changer radicalement de politique ! C’est un moment à ne pas rater, car c’est là qu’il est possible d’inscrire les moyens du changement dans le programme du prochain président de la République.

Le succès de la Conférence extraordinaire du Parti communiste réunionnais a été marqué par la validation des propositions du PCR. Ces propositions sont adressées aux candidats du changement. La réponse de ces candidats sera rendue publique, et elle sera la base du débat de la présidentielle dans La Réunion entière.

Il est clair que ce projet est en rupture avec le modèle de l’intégration-assimilation. Nous en sommes arrivés au bout, et notre responsabilité c’est d’être capable de construire un projet crédible et applicable.
Cela fait plus de 50 ans que le PCR anticipe ce moment, et il s’avère qu’aujourd’hui la crise est un constat largement partagé. Mais seul le PCR a su bâtir un projet réunionnais, et à le défendre au plus haut niveau de la République. Et c’est pour donner encore plus de force à ce projet au moment décisif que le PCR a lancé dimanche dernier sa refondation interne.

M.M.

Un succès au-delà des prévisions

En France, quand un candidat réussit à réunir 4.000 personnes pour un meeting dans une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants dotée de transports collectifs dernier cri, la presse dit que c’est un succès.

Nous sommes à La Réunion, un pays 100 fois moins peuplé que la France, et le PCR a rassemblé 1.500 personnes dimanche à Sainte-Suzanne.

Nous sommes à deux mois de l’élection présidentielle, et force est de constater que le succès de la conférence extraordinaire a dépassé les prévisions des organisateurs qui avaient ciblé sur 1.200 délégués.


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