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Le PS face aux conséquences de sa trahison

Route du littoral : le tournant

Manuel Marchal / 22 novembre 2012

Quand le PS refuse l’union au second tour des régionales, il sait qu’il va faire perdre l’Alliance et faire gagner l’UMP. En toute connaissance de cause, il décide donc d’être le complice de l’arrêt du chantier du tram-train qui peut régler les problèmes de circulation à l’entrée et à l’intérieur de Saint-Denis. Quand Didier Robert n’inscrit pas le Boulevard Nord dans le budget 2013, celui de l’engagement de lancer le chantier de la route du littoral, il dit en substance que c’est à la mairie de Saint-Denis de trouver une solution. Le PS n’est pas content. Il est face aux conséquences de sa trahison.

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Les orientations budgétaires 2013 de la Région Réunion prévoient plusieurs millions d’euros pour la nouvelle route du littoral. Comme souvent avec Didier Robert, on est dans la com’. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, le budget 2013 de la Région ne prévoit rien pour faciliter l’écoulement de la circulation au débouché de la route du littoral à Saint-Denis. Pourtant, elle devra bien être reliée au réseau routier.

Aujourd’hui, le trafic passe de deux voies à une voie pour longer le Barachois. La conséquence de ce rétrécissement, ce sont des embouteillages qui remontent jusqu’à La Possession le matin.

Selon les prévisions les plus optimistes, la route voulue par Didier Robert serait en service dans une dizaine d’années. Cela signifierait près de 200.000 automobiles de plus qu’aujourd’hui. Sans construction d’un ouvrage de déviation à l’entrée de Saint-Denis, les bouchons remonteront-ils jusqu’à Saint-Paul ?

Au moins 300 millions d’euros à trouver

À deux ans du renouvellement prévu du Conseil régional, son budget 2013 est le premier à accorder des fonds très importants à la nouvelle route du littoral. C’est la marque d’un engagement.

Mais cet engagement oublie manifestement la question de l’entrée Ouest de Saint-Denis. Depuis lors, le maire de cette commune fait part publiquement de sa désapprobation. Pour Gilbert Annette, il ne peut y avoir de nouvelle route du littoral sans Boulevard Nord. Cette dernière infrastructure est un prolongement de la route du littoral d’une largeur de 4 voies, qui doit passer sous le Barachois pour rejoindre le Boulevard Lancastel qui est déjà sur 4 voies. L’ex Premier secrétaire de la fédération du Parti socialiste français affirme qu’il revient à l’État et à la Région de prendre leurs responsabilités, car ce Boulevard Nord sera une route nationale. L’investissement prévu pour ces quelques centaines de mètres de tunnel atteint désormais 300 millions d’euros. Plus le temps passera, et plus ce prix augmentera.

Cette prise de position du maire socialiste de Saint-Denis, c’est un tournant pour le projet de Didier Robert. C’est un soutien de la même couleur politique que le gouvernement qui s’en va.

Les socialistes tombent de haut

En effet, jusqu’à présent, l’attitude des socialistes de La Réunion avait été de soutenir le projet de Didier Robert. Lors des élections régionales, la fédération avait choisi de faire perdre l’Alliance en sachant pertinemment que cela allait entraîner l’arrêt du chantier du tram-train. Ce projet était pourtant le seul garantissant une amélioration de la circulation à Saint-Denis, la ville qui décide de l’élection des dirigeants de la Fédération socialiste. En trahissant la cause progressiste, les dirigeants socialistes, dont le maire de Saint-Denis, prenaient le risque de laisser Saint-Denis s’engluer dans le coma circulatoire.

Les socialistes de La Réunion ont cru qu’ils allaient avoir une alternative avec Didier Robert. Ce dernier avait en effet pris l’engagement que la construction de sa route à six voies allait de pair avec celle du Boulevard Nord. Lors des débats sur la nouvelle route du littoral, Michel Vergoz, futur sénateur socialiste, ne ratait pas une occasion pour s’afficher comme le plus fidèle soutien à ce projet. Il prétendait même que c’était son projet !

Voilà pourquoi les représentants du PSF tombent de haut. Les orientations budgétaires de la Région Réunion n’intègrent pas le Boulevard Nord. Même si la route en mer se faisait, elle ne règlerait pas les problèmes de circulation à l’entrée de Saint-Denis. Elle risquerait même de les aggraver.

Les responsables de la défaite de l’Alliance aux régionales sont maintenant dans l’impasse. Le PS est seul face aux conséquences de sa trahison.

M.M.

Sous la mandature de Paul Vergès

Le Boulevard Sud était toujours prévu dans le budget

"Le Quotidien" d’hier rappelle à juste titre que le maire de Saint-Denis avait voulu conditionner le passage du tram-train à Saint-Denis à la construction d’un Boulevard Nord souterrain. Cette demande intervenait alors que la Région dirigée par Paul Vergès était en train d’achever le Boulevard Sud en construisant la tranchée couverte du quartier du Ruisseau, l’élargissement à 2x2 voies entre Moufia et Foucherolles, et le nouveau pont sur la rivière des Pluies incluant l’emprise du tram-train.

Ces trois infrastructures avaient coûté 146 millions, dont 109 millions d’euros de la Région, et moins de 4 millions de la commune de Saint-Denis. Dans les orientations budgétaires de la Région Réunion à l’époque, le Boulevard Sud n’était jamais oublié.

L’effort de l’Alliance pour Saint-Denis

75% de l’achèvement du Boulevard Sud payé par la Région

Les routes nationales ont été transférées à la Région Réunion en 2007. Le Boulevard Sud a été achevé fin 2008, avec la livraison de trois ouvrages pour 146 millions d’euros. Voici la répartition du financement des travaux :

Chantiers Région Réunion Europe Saint-Denis Total
Tranchée couverte Doret-Mazagran 47 M d’euros 0 4 M d’euros 51 M d’euros
Mise en 4 voies intégrale 10 M d’euros 0 0 10 M d’euros
Nouveau pont sur la rivière des Pluies 52 M d’euros 33 M d’euros 0 85 M d’euros
Total 109 M d’euros 33 M d’euros 4 M d’euros 146 M d’euros
Pourcentage 75% 23% 2%
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