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Le rapport à l’argent au centre de la reconstruction du PCR

L’affaire Cahuzac montre la justesse de reconstruire autour du respect des valeurs

Manuel Marchal / 5 avril 2013

Les révélations s’accumulent dans ce qui est devenu une affaire d’État. L’enquête pour blanchiment de fraude fiscale visant l’ancien ministre du Budget et les aveux de ce dernier ainsi que la découverte d’un placement dans un paradis fiscal par le trésorier de campagne d’un candidat à la présidence de la République soulignent bien l’urgence d’un électro-choc de toute la classe politique vis-à-vis de son rapport à l’argent. Pour sa part, en décidant de reconstruire sur ses valeurs fondamentales, le PCR est présent dans ce débat.

L’aveu de Jérôme Cahuzac a ouvert une nouvelle crise qui pourrait bien se transformer en crise de régime. Depuis que l’ancien ministre du Budget a dit avoir bien détenu un compte en Suisse après plusieurs mois de dénégation, des vannes se sont ouvertes.

Mercredi, c’est tout d’abord le président de la République qui a annoncé vouloir changer la loi pour rendre inéligible à vie tout élu condamné pour corruption. Hier, c’est au tour du trésorier de campagne de François Hollande d’être mis en cause. Il est accusé d’avoir placé de l’argent dans un paradis fiscal, les îles Caïmans.

Toute la classe politique française est secouée par les effets de son rapport à l’argent. Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, est mis en examen pour une affaire relative au financement de son parti. Le précédent quinquennat avait placé sur le devant de la scène le trésorier de l’UMP devenu ministre du Travail pour son rôle trouble dans le financement de la campagne présidentielle de 2007. Quant au Front national, il est pris la main dans le sac. C’est en effet un proche de la présidente de ce parti d’extrême droite qui est accusé d’avoir ouvert le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac.

Pour une autre gestion des contrats aidés

À La Réunion, la crise que traverse le pays depuis des décennies a des conséquences sur la classe politique, dont une part cumule revenus sur-rémunérés et indemnités d’élu. Parce que l’industrie a quasiment disparu, ce sont les collectivités qui sont les plus gros employeurs derrière la fonction publique d’État. Et quand approchent les élections, le même scenario se répète : ce sont les recrutements massifs d’emplois aidés. Déjà en 2008, Martin Hirsch, alors Haut commissaire aux Solidarités actives, avait reconnu qu’en 2007, les embauches d’emplois aidés avaient gonflé à cause des élections. Une lecture attentive des recrutements montrait que le mouvement s’était concentré sur quelques communes proches de l’ancien pouvoir parisien. L’année dernière, l’ancien gouvernement avait poussé à la consommation de plus de la moitié des crédits annuels des contrats aidés bien avant le 31 juin, ce qui contribua à la crise de septembre quand les communes furent dans l’incapacité de garantir la sécurité des élèves pour la rentrée scolaire, faute de contrats aidés en nombre suffisant.

Pour que cessent ces pratiques, le PCR propose que ces emplois soient gérés par une autorité indépendante, regroupant des représentants des syndicats, du Pôle Emploi, des collectivités et de l’État.

Le respect des valeurs

Le rapport à l’argent est une des questions fondamentales au PCR. À Sainte-Suzanne en 2011, le mouvement a été lancé pour la reconstruction du Parti basée sur des valeurs. Cela a été en particulier le respect de la parole donnée et la solidarité envers un camarade injustement mis en cause.

Le 30 septembre dernier à l’Assemblée extraordinaire de La Rivière, cette volonté de reconstruire autour des valeurs fondamentale a été réaffirmée. La tempête autour de l’affaire Cahuzac renforce la pertinence de la démarche. Au PCR, un élu est un militant en mission qui ne doit tirer aucun avantage personnel du mandat que le peuple lui a confié au nom du Parti. Par conséquent, le rapport à l’argent est différent, parce que le PCR n’est pas un parti comme les autres.

M.M.


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