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Le scandale de la distribution des emplois magouille avant les élections refait surface

Halte au mépris envers le peuple réunionnais

Manuel Marchal / 26 janvier 2012

Qu’attendent le préfet et le procureur pour traduire le président de la Région devant les tribunaux ? Les éléments diffusés dans la presse d’hier sont suffisamment éclairants pour provoquer une enquête et des sanctions pour ceux qui ont décidé de distribuer des emplois financés par des fonds publics peu de temps avant une élection.

En décembre 2009, un scandale est dévoilé à quelques semaines des cantonales. Des centaines de milliers d’euros de subventions sont distribués par la Région à des associations nouvellement crées dans le but d’embaucher massivement des emplois-verts en contrat aidé.
Il s’est avéré que ces associations avaient des points communs établissant indiscutablement la volonté de fausser le résultat des élections. Elles avaient pour objet de travailler sur des chantiers situés comme par hasard dans les cantons renouvelables. Ceux de Saint-Paul étaient particulièrement visés.
De plus, il n’était pas rare que la direction de l’association recevant la subvention soit entre les mains d’un proche de Didier Robert, comme un co-listier du chef UMP aux régionales repéré par "le Quotidien".
Une fois les contrats signés, le personnel embauché n’avait pas de travail à faire. Le 7 février 2011, "le Quotidien" montrait tout le mépris avec lequel ces Réunionnais étaient considérés par ceux qui les employaient. Des salariés attendaient toute la journée sous un pont un travail qui n’existait pas.

Utilisation de fonds publics

Ce même journal a fait état hier d’un nouveau développement dans le scandale de la distribution des emplois-aidés juste avant des élections. Une association, Cadesol, avait obtenu de la Région une subvention de 600.000 euros, ce qui lui a permis d’embaucher 83 personnes pour travailler sur un terrain appartenant à CBO en 2011. Mais cette association n’a pas passé l’année, elle est sous la tutelle d’un administrateur judiciaire depuis octobre dernier, et la convention lui permettant de travailler sur le terrain privé n’a pas été renouvelée au mois de décembre.
Qu’à cela ne tienne, la Région Réunion a versé une subvention équivalente à une autre association « connue au milieu des années 2000 pour sa proximité avec l’ancien maire de Saint-Paul Alain Bénard ». Appelée Forum social local, cette association emploie donc des emplois-verts qui travaillent sur le même chantier que Cadesol, avec une différence de taille : le propriétaire des lieux n’est pas au courant.
Cette association qui « sort aujourd’hui de l’ombre avec l’appui de la Région qui lui a octroyé son généreux soutien financier » selon "le Quotidien" opère donc dans l’illégalité, car aucune convention n’a été signée avec le propriétaire du terrain. Les responsables de cette association subventionnée par la Région ont-ils fait courir le risque à leurs salariés d’être interpellés comme de simples squatteurs ?

Opération clientéliste

Manifestement, il est grand temps que les autorités compétentes interviennent pour que cesse ce qui ressemble beaucoup à un trouble à l’ordre public. Il est clair que si l’on décide, à quelques semaines d’une élection, de donner des centaines de milliers d’euros à une association sans s’assurer qu’elle ait un travail effectif à donner aux emplois-verts embauchés avec cet argent, cela s’apparente à une opération clientéliste.
Qu’attendent donc le préfet et le procureur pour traduire Didier Robert devant les tribunaux pour qu’il réponde de l’utilisation de moyens publics pendant une campagne électorale.

M.M.


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