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Le scandale de la route en mer s’amplifie à La Réunion

Demain, le Conseil politique du PCR

Témoignages.re / 4 septembre 2015

Après l’enquête sur l’attribution des marchés de la route en mer dite nouvelle route du littoral, un nouveau scandale vient de nouveau d’éclabousser le projet voulu par Didier Robert : l’annonce de l’importation de cailloux de Madagascar. Cette éventualité avait été condamnée par avance par le Conseil national pour la protection de la nature pour des risques évidents sur la biodiversité. À trois mois de la conférence de Paris sur le climat, le gouvernement va-t-il laisser faire ? C’est une bataille essentielle des communistes qui trouve un nouveau développement à quelques jours d’un Conseil politique essentiel.

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Malgré toutes les dénégations de la Région Réunion, de Didier Robert et des partisans de son projet de route en mer, un nouveau scandale vient d’éclater. C’est l’annonce de l’importation de galets de Madagascar. L’entreprise qui compte recourir à ce procédé n’y va pas par quatre chemins. Elle dit être obligée de le faire sous peine d’avoir à repartir de zéro en cas de tempête.
Ceci confirme tout d’abord la justesse de la bataille du PCR, de l’Alliance et de toutes les organisations concernées par la défense de l’environnement et des intérêts du contribuable à La Réunion. Cela prouve que le projet a été lancé sans que l’on se soit assuré que les matériaux nécessaires soient disponibles à La Réunion.
En effet, les carrières existantes ne suffisent pas aux besoins de la route en mer. L’ancien préfet avait donc publié un arrêté rendant possible l’ouverture de nouvelles extractions. Plusieurs sites sont alors visés. C’est le point de départ de la plus grande mobilisation contre la construction d’une route à La Réunion. Des milliers de personnes se sont rassemblés pour dire non à l’ouverture d’une immense carrière à Bois-Blanc. La mobilisation s’est traduite dans l’enquête publique où les trois maires concernés avait pris position. Le rapport du commissaire enquêteur vient donc de rendre un avis défavorable à la création d’une carrière à Bois Blanc.
Cet échec de Didier Robert et ses amis a donc relancé le plan d’importation de galets de Madagascar.

Les Réunionnais trompés

Déjà en janvier dernier, un chargement était arrivé de Suède au prétexte que la roche venue d’Europe était introuvable ici, et indispensable à la poursuite du projet.
Cette fois, la quantité est beaucoup plus importante. Or au mois de mai, la Région Réunion avait dit qu’il n’était pas question de recourir à une telle solution. Se pose alors la question du respect de la parole donnée. Car l’entreprise qui souhaite importer ses galets a déjà un calendrier. Ils seront déchargés au Port avant d’être hissés sur des camions pour être jetés dans la mer quelques kilomètres plus loin. Tout doit être fait avant la saison des cyclones. L’exportation de plus de 200.000 tonnes de galets de Madagascar, leur transport ne s’improvisent pas. Tout était soigneusement préparé depuis longtemps. Les Réunionnais peuvent donc légitimement s’estimer trompés.

Biodiversité menacée

Le point le plus grave est l’impact sur l’environnement. La Réunion est une île, et les arrivées de produits végétaux sont surveillés de très près. C’est le risque évident de l’introduction d’espèces invasives qui peuvent créer des désastres en quelques années. En 1975, lors du transfert des bases militaires françaises de Madagascar à La Réunion, un drame s’était produit. Le ver blanc avait discrètement voyagé avec le matériel. En quelques années, il s’est répandu dans les plantations de canne à sucre, causant d’importants dégâts.
Pas étonnant que dans son avis sur le projet de route en mer de Didier Robert, le Conseil national pour la protection de la nature ait catégoriquement interdit toute importation de matériaux à La Réunion. Le risque d’introduction d’espèces invasives est beaucoup trop important.

La France ridiculisée à la COP21 ?

Dans trois mois, la France va organiser sa plus grande réunion de chefs d’État et de gouvernement. Plus de 190 pays sont attendus à Paris pour discuter d’un accord sur le climat. La protection de l’environnement sera donc le sujet essentiel de l’actualité du monde pendant cette réunion.
C’est pourquoi la France veut se donner l’image d’un pays exemplaire en matière de préservation de la biodiversité. Le projet d’importation de roches de Madagascar à La Réunion va totalement à l’encontre de cela. Paris va-t-il une fois de plus permettre à la Région Réunion de déroger à l’avis du Conseil national de la Protection de la nature ?
Le gouvernement français va-t-il laisser le scandale de la nouvelle route du littoral éclabousser la Conférence de Paris et ruiner totalement ses efforts de communication pour qu’il tire profit de la COP21 ?
C’est une bataille essentielle des communistes qui trouve un nouveau développement à quelques jours d’un Conseil politique essentiel.


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